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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 15:58

Kampuchéa, « roman sans fiction » de  Patrick Deville, est l'un des meilleurs livres de cette rentrée. Ce serait justice qu'un grand prix couronne ce récit sublime et foisonnant.

 

Une chronique de Frédérique Bréhaut

 

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Saviez-vous que l’histoire contemporaine du Cambodge passe par " La Petite Vache" un troquet de Paris où se retrouvaient à la fin du XIXe siècle explorateurs et rêveurs de tous acabits ? Que bien avant l’extase d’André Malraux, on doit à Henri Mouhot la découverte des temples d’Angkor ? Et que nombre de cadres khmers rouges avaient suivi leurs humanités à la Sorbonne ?

 

Combustion des méridiens

 

Nomade par nature, Patrick Deville attiré par l’ancienne Kampuchéa (nom khmer du Cambodge) débarque à l’ouverture du procès de Douch, avant de prendre la tangente, laissant l’ex-tortionnaire de Pol Pot à la litanie judiciaire. « C’est assez vite emmerdant, ces exposés qui n’en finissent pas, les auditions qui se répètent, les témoignages qui se recoupent. C’est admirable aussi. Cette dilatation du temps. Un ou deux millions de disparus au Cambodge en moins de quatre ans. Toutes ces années pour juger cinq personnes ».

 

Ce que Deville sait de l’histoire contemporaine du Cambodge (et il en sait beaucoup) infuse au-delà de Phnom-Penh. L’écrivain s’esquive donc pour rejoindre ses héros préférés, ces hommes aux destins boiteux, inachevés. « J’aimerais mettre en perspective le procès des khmers rouges dans une durée moyenne, sur un siècle et demi, depuis que Mouhot, courant derrière un papillon s’est cogné la tête, a levé les yeux, découvert les temples d’Angkor ».

 

Cette année 1860 devient son "année zéro", repère chronologique d’une histoire cambodgienne jamais très éloignée de la France. Au rythme d’un sampan sur le Mékong, il ramène dans ses filets l’aventure de Garnier et Lagrée qui depuis leurs canonnières cartographient le fleuve ou celle d’Auguste Pavie, dont les rêves nés à une table de "La Petite Vache" s’incarnent dans l’extension française en Indochine.

 

Entre le procès de Douch et la légende de Mayrena, le Toulounais mégalo devenu roi, Patrick Deville emprunte les chemins de traverse. Il croque avec la même agilité le passage d’un talapoin et la cruauté des khmers, chauve-souris têtues vêtues de pyjamas noirs. Conrad, Loti et Graham Green offrent leur escorte à cette lecture de l’histoire qui a le don de rapprocher les destins en une fascinante combustion des méridiens.

 

« Kampuchéa » de Patrick Deville. Seuil. 255 pages. 20 €.

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 22:00

Une chronique de Frédérique Bréhaut.

 

9782818014059_1_75.jpgAu début des années 80, le Paris littéraire branché s’entichait d’Edouard Limonov, écrivain russe "border line", avatar punk d’un Soljenitsyne sous ecstasy, se rêvant Brodsky et se réveillant dans l’habit d’un majordome chez un richissime américain.

 

La vie de Limonov est un roman. Inventant son nom, ce Limonov, cocktail détonnant venu de la contraction des mots citron et grenade (l’arme, pas le fruit), fuit l’Union soviétique pour les Etats-Unis avant d’obliquer vers Paris, ville à la hauteur de son désir de célébrité littéraire. "Le poète russe préfère les grands nègres" puis, "Journal d’un raté" attirent l’attention.

 

Dissident infréquentable

 

Limonov collectionne les paradoxes comme les vieux soviétiques les médailles militaires. De retour au pays rétréci à la seule Russie, il fonde le parti National-Bolchévique (Nazbol) aux couleurs brun-rouge, s’engage au Kosovo où aux côtés des Serbes il tire sur les habitants de Sarajevo, trafique des armes puis fomente un coup d’Etat au Kazakhstan ce qui lui vaut à 60 ans passés d’être embastillé dans un rude pénitencier. Imprévisible, il adopte les parcours politiques tordus à l’unisson d’une vie sentimentale turbulente.

 

Cynique toujours, infréquentable souvent, pathétique parfois, Limonov apparaît plus tragique que flamboyant. Emmanuel Carrère dresse le portrait d’un dandy souvent exaspérant sans se déprendre de la fascination du bon élève convenable envers le cancre qui lance des boules puantes et invective la classe. De ce dissident explosif aux multiples avatars, Emmanuel Carrère cisèle un profil de "chef charismatique de jeunes desperados dans l’immense bordel de l’après-communisme".

 

Qu’importe l’antipathie distillée par ce voyou teigneux arc-bouté dans la posture de l’artiste fourvoyé. Ce matériau hautement toxique devient un récit qui se lit d’une traite, photographie de la Russie de ces cinquante dernières années traversée par un «possédé» aux desseins insaisissables.

 

« Limonov » d’Emmanuel Carrère. POL. 496 pages. 20€.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 13:53

Niccolo Ammaniti dénonce une société où la surenchère sert de référence.


Une chronique de Frédérique Bréhaut

 

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©Simona Caleo 

 

 

Elle est loin la Rome de la Dolce Vita, quand l’élégance habillait les heures voluptueuses. Cette Italie s’est dissoute dans l’ère Berlusconi et les jets de la fontaine de Trevi ont cédé devant les soirées vulgaires. À l’affût des excès de son temps, Niccolo Ammaniti dresse avec ce roman farfelu une charge aussi loufoque que féroce.

 

Le Bûcher aux Vanités

 

Tout ce que Rome compte de people et de célébrités botoxées est invité à la fête donnée par un richissime mégalo dans les jardins de la Villa Ada. Cette « Fête du siècle » réunit un florilège de gloires éphémères, potiches télévisuelles, joueurs de foot, politiciens et bimbos autour d’un programme délirant construit autour de chasses au lion, au renard et au tigre.

 

Parmi les invités, Fabrizio Ciba, écrivain connu doté d’un ego surdimensionné inversement proportionnel à une inspiration en berne, ne dépare pas dans un aréopage où le paraître gouverne depuis longtemps. Séducteur qui préfère jeter son dévolu sur des femmes idiotes, il se pense toujours capable d’écrire LE grand roman italien. En marge des festivités, le chemin de Ciba va croiser celui de Mantos, gourou pathétique d’une mini-secte gothique qui mijote un grand coup avec ses trois adeptes. Rien de moins que l’offrande propiatoire d’une chanteuse en vogue en prélude à une apothéose sacrificielle.

 

Sans attendre que frappe l’épée sataniste achetée sur eBay, la fête à peine commencée vire à la tournure dantesque. Car Niccolo Ammaniti ne lésine pas sur les effets pour jeter à terre une Italie devenue Bûcher aux vanités. Entre gamins qui font chanter leurs parents, magnats décatis qui se prennent pour Hemingway, paumés tragiques minés par les frustrations, le romancier lâche les chiens et tant qu’il y est, les éléphants, les crocodiles et quelques autres créatures surgies des catacombes. Dans une fin hallucinée, l’écrivain se met à l’unisson d’une société où la surenchère sert de référence.

 

Chez Ammaniti, les excès masquent la menue monnaie des orgueils malmenés et des vies ratées.

 

« La Fête du siècle » par Niccolo Ammaniti. Traduit de l’italien par Myriem Bouzaher. Robert laffont. 394 pages. 21 €.

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 18:05

Chronique sociale dans l'Italie de Berlusconi, « D'acier », de Silvia Avallone, est sensationnel.

 

Un article de Frédérique Bréhaut

 

silvia_avallone_sophie_bassouls.jpgPiombino. Ses quatre barres d'immeubles miteux au bord de la plage, son aciérie cyclopéenne, le bleu cruel de la Méditerranée et au loin, les contours de l'île d'Elbe, incarnation miroitante de vacances inaccessibles. Chez les habitants de la cité ouvrière, les espoirs ne dépassent pas la frontière du rivage ou du "Gilda", boîte de nuit pathétique où des filles dénudées se déhanchent devant des hommes écrasés de fatigue.

 

Indifférentes au décor, deux gamines, brune et blonde inséparables, croquent les jours devant les regards médusés par tant de beauté. Anna, père vaurien, mère militante communiste, frère beau comme un dieu et Francesca, fille unique entre un père violent et une mère soumise, rêvent d'une autre vie peinte aux couleurs clinquantes de la télévision. En attendant de fuir la via Stalingrado, les deux sauterelles de 14 ans découvrent l'émoi des corps et testent l'effet de leurs jambes interminables sur les garçons pas encore brisés par le laminoir.

 

La tension monte tel un câble tendu prêt à se rompre, joue avec les nerfs du lecteur qui se demande lequel de ces personnages chutera du filin. Est-ce le bel Alessio, dont les narines cocaïnées absorbent le salaire, ou bien son  magouilleur de père, bellâtre immature toujours au bord de la prison, à moins que le sort ne frappe Christiano à la manœuvre de chorégraphies monstrueuses au volant de son Caterpilar ? Quel sort guette Enrico, masse abrutie, qui tabasse avec une égale équanimité fille et épouse ? Qui s'intéressera à Lisa, trop grosse, trop moche pour retenir le regard des garçons ?

 

Derrière les portes des appartements, il y a des pâtes sur le feu, des destins qui s'effacent en silence, des baffes, des regrets, des histoires d'amour, des pardons convertis à l'indulgence pour le prix d'une bague ou d'une promesse. Via Stalingrado, le velouté des peaux et des heures est éphémère.

 

La vie palpite à chaque page. Qu'elle s'attarde sur des adolescentes frémissantes ou sur de faux durs sentimentaux, Silvia Avallone excelle dès ce premier livre à frôler des existences rongées de l'intérieur mais toujours éperdues d'amour. Auprès de ces orgueilleux bouleversants, le roman social retrouve toute sa vigueur.

 

(Photo : Sophie Bassouls)

 

« D'acier » de Silvia Avallone. Traduit de l'italien par Françoise Brun.  Liana Levi. 387 pages. 22 €.

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 18:31

Emilie, la nouvelle héroïne de Didier Decoin, traverse un roman allègre.

 

Une chronique de Frédérique Bréhaut

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Photo : Didier Decoin par Benjamin Decoin


Une tragédie en format panoramique ouvre le nouveau roman de Didier Decoin. Nous sommes en décembre 1890 à Wounded Knee dans le Dakota du Sud. En ce jour gelé, sous le regard du photographe anglais Jayson Flannery, le 7ème de cavalerie charge les Sioux Lakotas rassemblés autour du chef Big Foot. Dans la panique, quelques femmes et enfants se réfugient dans une église.

 

Passant parmi ces rares survivants, Jayson se voit confier une fillette malodorante qu’il emporte, bien décidé à se délester du fardeau à New York avant de regagner l’Angleterre. Pourtant, il se ravise. L’enfant rescapée du massacre sera du voyage sur le paquebot.

 

Fées et gestes

 

Du Dakota du Sud à un manoir du Yorkshire, Ehawee devenue Emilie s’adapte à l’Angleterre post-victorienne. Jayson, veuf d’une épouse qu’il aimait éperdument commence à voir en sa fille adoptive une jeune femme séduisante. La suite de l’histoire s’inscrit dans la curiosité du policier local peu convaincu par la fable de Jayson sur les origines irlandaises d’Emilie.

 

Prudent, le photographe épouse sa protégée, lui offrant ainsi le même jour une identité incontestable et une bicyclette dont elle fait un usage intrépide lors de grandes randonnées solitaires.

 

Au cours d’une de ses escapades Emilie rencontre deux fillettes farfelues familières des fées. Preuve en est, elles les ont photographiées et le grand écrivain Conan Doyle en personne prend leur défense face aux sceptiques.

 

Des grandes plaines du Dakota à l’Angleterre du début de XXe siècle, le tempérament hardi d’Emilie est taillé pour les aventures tumultueuses et les rencontres insolites.

 

Didier Decoin a la plume légère et malicieuse. Sur des thèmes qui lui sont chers, l’Amérique ou l’usurpation d’identité, il enrichit ce roman pétillant d’une touche de merveilleux née de la compagnie de fées. La famille turbulente de ses héroïnes ajoute ainsi à une «Promeneuse d’oiseaux» et à une «Femme de chambre du Titanic», une cycliste dont on ne lâche pas la roue.

 

« Une Anglaise à bicyclette » de Didier Decoin. Stock. 375 pages. 20,50€.

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 14:42

Au départ, « zapper » était une action, le web un outil. Désormais, c’est un comportement sur lequel se penche avec brio Eric de Ficquelmont dans son essai « Zapping Connection ».

 

la_zapping_connection_01-2-.jpg

« Alors ce zapping ?

Qui est-il ?

Ennemi ? Ami ?

Vous pensez qu’il vous a épargné ?

Que vous le dominez ?

Et pourtant… »

 

Telles sont les questions qu’Eric de Ficquelmont se pose et nous pose, avec pertinence et finesse, dans son essai intitulé « Zapping Connection ».

 

Le livre

À une époque où tout ne cesse de s'accélérer, voici un essai salutaire sur les nouveaux comportements de l'homme.


« Arrivé à maturité il y a à peine vingt ans, le zapping s'est rapidement imposé comme un paramètre de la vie en société, une évidence durable et internationale. Le web, outil du zapping, n'a pas seulement occasionné le rapprochement des individus, il a aussi changé notre appréhension du monde, notre relation au quotidien et au temps. »


Dans cet ouvrage à la fois érudit et accessible, l'auteur dresse un tableau de notre société et retrace les raisons de l'accélération du temps et les conséquences souvent ravageuses sur nos vies. Zapping philosophique, économique, culturel, social, tous les aspects de nos vies sont ici décortiqués, ainsi que le paradoxe qu'il engendre : dans ce temps où l'on est prêt à tout zapper, il y a un désir fort et revendiqué d'aller vers le durable.


Cette « Zapping génération » affecte tous les domaines, toutes les strates de notre société, tous les âges. Jeunes et moins jeunes compris...

 

Selon Patrick de Carolis, qui signe la préface de ce livre, « les propos tenus dans cet ouvrage, souvent critiques, parfois dérangeants, laissent entrevoir, via la « zapping connexion » un horizon porteur de créativité et d’efficacité pour peu que les générations montantes, voire « mutantes », pour reprendre l’expression de l’auteur, convertissent l’usage de l’éphémère en force positive ».

 

L'auteur

Eric de Ficquelmont est consultant. Il a été pendant plus de 20 ans un des dirigeants d'un grand groupe international, Veolia Environnement, ce qui lui a offert un poste d'observation unique sur les jeunes générations et sur les évolutions de notre société. Il nous livre aujourd'hui une réflexion éclairante issue de cette expérience sur cette course au temps et nous offre la possibilité de prendre le recul nécessaire pour mieux comprendre l'« Homo Zapiens ».

 

Pour consulter le blog d’Eric de Ficquelmont, c’est ICI.

 

« Zapping Connection » d’Eric de Ficquelmont. Préface de Patrick de Carolis. Essai. Editions Timée. 17 €. 304 p.

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 18:12

Une fresque historique partagée entre le Portugal et sa turbulente possession.


Une chronique de Frédérique Bréhaut.

 

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D’un roman à l’autre, Jean-Paul Delfino reste fidèle au Brésil dont il connaît les gloires et les parts d’ombres. Son nouveau roman choisit le XVIIIe siècle, période charnière à laquelle la couronne du Portugal s’intéresse enfin à son exotique possession.

 

Splendeur et misères

 

Au mitant du siècle, Rio de Janeiro est loin, si loin de Lisbonne, que la capitale ne lui accorde qu’une attention distraite. A croire que le pays, trop extravagant, en devient presque encombrant. Par ailleurs, Lisbonne a d’autres chats à fouetter depuis qu’en ce jour de Toussaint 1755, un violent tremblement de terre l’a partiellement détruite, laissant 12 000 morts sous les décombres.

 

Sebastiao de Melo, premier ministre réformateur à la manière d’un Richelieu, charge un jeune lisboète ambitieux de reconstruire la ville. Cristiano de Fonseca commence ainsi son ascension sur les décombres.

 

 

Fièvre de l’or

 

Au même moment, de l’autre côté de l’océan, Zumbi quitte Rio de Janeiro. Porté par les premiers signes de la fièvre de l’or, le fils d’esclaves part chercher fortune dans des mines que l’on dit généreuses. Après bien des péripéties, les chemins de Fonseca et de Zumbi finiront par se croiser sur fond de rivalités amoureuses et de stratégies politiques.


Fin connaisseur de l’histoire brésilienne, Jean-Paul Delfino use des clés romanesques pour suivre le fil des relations tourmentées entre le Portugal et le Brésil au moment où de part et d’autre de l’Atlantique, les rêves de liberté enflamment les esprits. Tandis qu’à Lisbonne une aristocratie éclairée découvre les textes des philosophes français, le Brésil mûrit des velléités d’indépendance.

 

A la croisée de ces idéaux, Dom Cristiano de la Fonseca et Zumbi accomplissent chacun leur destin. Aigri et solitaire pour l’un, soumis aux courbes de l’ascension puis de la chute pour l’autre. A l’arrière-plan, entre Rio  de Janeiro et Minas Gerais, le Brésil fourbit son avenir.

 

Au gré de rebondissements rondement menés, Jean-Paul Delfino restitue avec finesse les coulisses du pouvoir et les aspirations d’une nation naissante tandis qu’en Europe, une grande puissance commence son déclin.

 

« Pour tout l’or du Brésil » par Jean-Paul Delfino. Le Passage. 396 pages. 19,50 €.



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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 17:45

les_nouveaux_contes_de_la_cite_perdue_01.jpgLE LIVRE

Des personnages attachants et magnifiques se retrouvent au comptoir du Bout du Monde, le bar de la 300ème Rue où se croisent ceux qui voudraient que la vie les fasse encore rêver et leur donne envie de l'aimer. Il y a là John, marié deux fois et deux fois abandonné. Ce n'est pas son vrai prénom mais certains soirs il préfère s'appeler John pour voir si ça fait revenir l'amour. Il y rencontre Solange qui vit sans sexe et sans petit ami. Sauf lorsqu'elle devient Betty, Betty qui aime l'amour et les hommes. Avec Paulo, ils ont en commun un immense savoir de l'ivresse, un dégoût du monde d'aujourd'hui voué au culte de l'argent, bouffi d'orgueil et de préjugés. Ensemble ils vont prendre la route pour conquérir de nouveaux territoires à l'abri des vanités et des malveillances de l'ancien monde.

 

L’AUTEUR

Acteur, Richard Bohringer est également dramaturge, éditeur, scénariste, producteur, musicien, chanteur. Écrivain, il est chez Denoël auteur de « C'est beau une ville la nuit » (1988), « Le Bord Intime des Rivières » (1994) ; chez Flammarion : « L'Ultime conviction du désir » (2005) ; chez Arthaud : « Carnets du Sénégal » (2007) et « Bouts Lambeaux » (2008). Sont également parus chez Flammarion en 2009 « Zorglub suivi de Les girafes » et en 2010 « Traîne pas trop sous la pluie ».

 

« Les nouveaux contes de la cité perdue » de Richard Bohringer. Editions Flammarion, 176 pages. 15€.

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 17:57

Après Princes et Princesses et Glagla, Bonbek a trouvé un nouveau thème à facéties : Blanc ! Un numéro blanc de blanc donc, réalisé en partenariat avec la Milk Factory.

 

blanc_01.jpgUn numéro blanc pour :


-répondre à la question que tout le monde se pose : pourquoi le lait est blanc alors que l'herbe est verte ?

-lire les révélations explosives de Soupolé : son surnom, sa vie, ses colères...

-apprendre à danser avec des Men in black... en blanc ;

-réaliser une vache à vélo en tricot à emporter en vacances ;

-jouer dans un labyrinthe à la campagne et grandir plus vite que son voisin ;

-mitonner des recettes 100% blanches...

 

Bonbek est une revue pour enfants pas comme les autres. Papier et graphisme de qualité, un ton décalé. Bonbek, c’est 100 pages pour parler aux enfants autrement, sans mièvrerie, mais à coups d'impertinences, d'incorrections, d'humour, de poésie et de surréalisme.


Créateur de tendances

 

A raison de quatre numéros par an, Bonbek, entièrement bilingue français et anglais, est diffusé en librairies, magasins de mode et de jeux enfants, concept store, musées, Relay des aéroports et des gares, sites de e-commerce et sur www.bonbek.fr.

Selon les créateurs de ce magazine, « Bonbek propose des moments de partage en famille, tour à tour créatifs (cuisine, déco, dessin...), récréatifs (jeux), et tranquilles (lectures). Enfin, « tranquilles », c'est à voir. Bonbek cultive, dans le désordre, le décalage, le second degré, les différents niveaux de lecture, le surréalisme, l'humour, la poésie... Ça wizz côté choré, ça Aaah ! souvent, ça « mais qu'est-ce que c'est que ce**** ! ? » parfois, et ça Waouh ! à toutes les pages illustrées par des artistes reconnus et pointus. »

Bref, il faut regarder la réalité en face : Bonbek est un « magazine-objet créateur de tendances ».

 

Bonbek, 96 pages. 15€.

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 21:06

Après dix ans d’attente, voici le nouveau livre de l'Américain Brady Udall.  Un grand roman, irrésistible de la première page à la dernière ligne.

 

Une chronique de Frédérique Bréhaut

 

BardyUdall.jpg

« Pour le dire le plus simplement possible, c’est histoire d’un polygame qui a une liaison ». Ainsi commence le nouveau roman de Brady Udall, plongée tendre et féroce dans la constellation d’une famille mormone.

 

Golden Richards est un drôle d’oiseau. Abandonné très jeune par un père aventurier, il retrouve ce dernier enrichi par la découverte d’un filon d’uranium et membre actif de l’Eglise Vivante de Dieu, succursale de la communauté mormone. Accueilli comme le messie, Golden épouse la cause…. et dans l’élan, quatre femmes qui lui donnent vingt-huit enfants.

 

La famille polygame partagée entre deux demeures voisines vit au rythme des absences de Golden occupé à construire secrètement un bordel dans le Nevada. Plus grave. Le doux Golden tombe amoureux de la femme du propriétaire. Ce qui est une source d’ennuis en perspective.

 

L’irrésistible Rusty

 

Car le vacarme de la vie collective n’efface pas la quête des bonheurs individuels. Pendant que le bâtisseur s’émeut à la brune comme un adolescent, le quotidien au (double) foyer est agité. « La vie miraculeuse d’Edgar Mint » montrait déjà le formidable talent de Brady Udall pour capter les désarrois de l’enfance. Ce don se met ici au service de Rusty, le fils n°5 de Rose de Sharon, la dépressive mère n°3.

 

Rusty est le fauteur de troubles, le révolté, le seul qui ose défier Beverly, première épouse régente de ce monde matriarcal. Le gamin turbulent en guerre contre le système "polyg" a décidé que « n’importe quelle forme d’attention valait mieux que pas d’attention du tout ».

 

Dans ce coin de désert du Nevada irradié dans les années 1960 par des essais atomiques, Rusty, tel un compteur Geiger, capte les dysfonctionnements des Richards, véritable nid de frustrations, de ressentiments silencieux, de désirs étouffés et, paradoxalement, de solitudes cumulées.

 

Accroché à l’irrésistible galopin, on ne lâche pas cette intrusion dans une famille atypique. A l’écoute de caractères complexes, Brady Udall amuse et bouleverse sur ce ton qui n’appartient qu’à lui et que la traduction de Michel Lederer sert avec bonheur.

 

« Le polygame solitaire » de Brady Udall. Traduit de l’américain par Michel Lederer. Albin Michel. 736 pages. 24 €.

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