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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 07:58

Hugues Pouyé est un ancien homme d'Eglise. Après avoir décidé de quitter la vie monastique, il publie un roman, « Par d’autres chemins » (éditions de L’Harmattan) dans lequel il livre ses sentiments. Et où il aborde des thèmes tabous tels que l'homosexualité dans l'Eglise.

Propos recueillis par Gaëlle Fauquembergue.

 

Pouvez-vous nous présenter les personnages principaux de Par d'autres chemins?

 Les deux personnages, Adrien et Malcolm, ont des dimensions autobiographiques. Le parcours d'Adrien ressemble beaucoup au mien : les questions existentielles et spirituelles que se pose ce prêtre qui décide de tout quitter sont les miennes.

De son côté, Malcolm a beaucoup de traits communs avec un homme noir que j'ai connu. Mais même si ça s'est terminé brutalement entre nous, ça ne l'était pas autant que dans le roman! Il y a beaucoup d'éléments autobiographiques dans cet ouvrage, il a été écrit à partir d'éléments de ma vie.

 

Une question brûle les lèvres de tous les lecteurs votre livre. Avez-vous retrouvé le vrai Malcolm suite à la parution du livre?

 Non. Il a disparu. Je ne sais pas ce qu'il est devenu. Il ne m'a pas contacté, mais je sais que s'il lit le livre, il trouvera énormément de similitudes avec notre histoire.

 

Ce roman est-il une catharsis pour vous?

 Je pense que oui. Avec ce livre, je clos un chapitre de ma vie. Il ne m'a pas aidé à aller mieux, car c'était déjà fait. Mais il m'a permis de mettre des mots sur mon expérience et de tourner la page de l'église. J'irai jusqu'à dire qu'il est comme une confession, au sens augustinien du terme. Par son biais, j'ai pu poser des questions à Dieu aussi.

 

En parlant de l'Eglise, vos anciens confrères ont-ils lu « Par d’autres chemins » ?

 Oui. Les plus vieux n'ont pas réagi. Vous savez, le sujet de l'homosexualité les dérange. Les plus jeunes ont été sensibles à l'honnêteté de ma démarche et à ma souffrance, qu'ils ignoraient jusque-là. Mais je tiens à garder ce lien avec Dieu, on ne peut pas faire l'impasse sur une si grande partie de sa vie. D'ailleurs, je continue à lui parler car des questions demeurent. Je reste passionné par la vie monastique, même si j'ai longtemps eu peur d'être rattrapé par Dieu.

 

Avez-vous renoncé à l'Eglise pour écrire?

 Non, j'ai quitté l'Eglise pour vivre. Et pour moi, écrire est une part de vie. D'ailleurs, j'avais commencé à écrire avant de quitter la vie religieuse.

 

Comment votre entourage personnel a-t-il réagi à la publication de l'ouvrage?

 Très peu de membres de ma famille l'ont lu. Ma mère a été très marquée par ma souffrance et  touchée par la mort de la figure maternelle dans le livre. Ma sœur a eu la même réaction. Mes frères ne l'ont pas lu, même pas le plus proche... Peut être par peur de s'y retrouver.

 

Etes-vous satisfait de l’accueil réservé à votre ouvrage?

 Je ne m'attendais pas à un énorme succès. Etre publié m'a déjà rendu très heureux ! J'ai dû vendre environ 250 exemplaires. Ce qui me déçoit le plus, c'est qu'il n'ait provoqué aucun débat sur l'homosexualité dans l'Eglise.

 

Quels sont vos projets d’écriture ?

 Je dirais que je suis actuellement dans une « paresse de l'écriture ». Chaque auteur connaît ce moment. Mais j'ai toujours cette forte envie de travailler sur l'homme blanc et son rapport à l'homme noir. Pour ça, je pense que je vais devoir m'exiler de France, pour mieux y réfléchir. En tout cas, l'essentiel pour moi reste le contact humain. C'est pourquoi je suis certain de continuer à écrire !

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Published by Olivier Quelier - dans Interviews
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