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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 12:18

Bernard Pivot est sur scène jusqu’au samedi 16 mars. Il présente au Théâtre du Rond-Point « Souvenirs d’un gratteur de têtes ». Durant plus d’une heure, il lit des extraits de quelques-uns de ses livres. Une balade légère, riche d’humour, empreinte de nostalgie, à travers les mots et les rencontres passées.

 

Par Olivier QUELIER.

 

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J’ai grandi avec (grâce à ?) Bernard Pivot. Chaque vendredi soir, une généreuse dose d’ « Apostrophes » d’abord, de « Bouillon de Culture » plus tard. Je n’étais ni malade ni chétif. Mais il me fallait cette ration hebdomadaire pour fortifier mes neurones, mettre en appétit mes envies littéraires, renforcer mes défenses contre l’ennui et, pis encore, le désintérêt du savoir, de la curiosité. De l’autre.

 

C’est dire que, lorsque j’ai appris que Bernard Pivot était prêt à nous livrer, quatre soirs de suite, au Théâtre du Rond-Point, ses « Souvenirs d’un gratteur de têtes », je me suis shampouiné vite fait et j’ai pris le métro.

 

Du vin, des femmes, des rencontres

 

Sur scène, il est question de vin, de femmes, de rencontres… Passant du pupitre au fauteuil, Bernard Pivot évoque ses souvenirs personnels et professionnels, s’appuyant sur les mots qu’il aime, sauvant les termes ou expressions injustement tombés dans l’oubli, piochant dans ses ouvrages la trame de son récit.

 

220px-Bernard Pivot 20090315 Salon du livre 2C’est léger et inventif, trop plein de saveur et de finesse pour que je le trahisse ici. Si vous voulez savoir pourquoi la libellule forme  la symbiose parfaite entre la langue et la nature ; ou si vous craignez de « vous attarder aux bagatelles de la porte »… courez-y !

 

Un brin de nostalgie

 

« Jeunesse », « vendanges », « vieillir » constituent autant de chapitres d’une vie portée par les mots et la littérature. Bernard Pivot évoque quelques entretiens marquants, livrant de nombreuses anecdotes. Nabokov, Simenon, Vincenot, Duras et d’autres sont invités à la soirée.

 

On parle beaucoup de l’émission « Apostrophes », avec un brin de nostalgie. C’est dans l’authentique fauteuil de l’émission que Bernard Pivot s’installe, le transformant, par la magie du souvenir, en triporteur ou en siège de rédacteur en chef…

 

Blagues, petites surprises, jeux de mots, confidences : Bernard Pivot se dévoile. Et  se révèle bel homme de scène. Cette heure et quart ouverte par Jean-Michel Ribes passe plus vite encore qu’une conversation entre amis.

 

Enchantement

 

Ribes, extraordinaire hôte, explique combien la présence de Bernard Pivot s’intègre au travail mené au Théâtre du Rond-Point. Il rappelle les « enchantements » passés que nous devons à Pivot, et promet les mêmes pour la soirée.


Le propos est une évidence : Bernard Pivot est un conteur hors pair, complice, rieur, impertinent… C’est sans aucun doute cette évidence qui souffle sur nos cheveux et, aujourd’hui encore, gratouille nos têtes.

 

« Souvenirs d’un gratteur de têtes ». Bernard Pivot au Théâtre du Rond-Point jusqu’au 16 mars. Salle Jean Tardieu. Tarifs : 12 € / réduit 9 €.


Post-scriptum

 

Quand Bernard Pivot s’entretint avec Marguerite Yourcenar, face aux réponses lourdes et pleines de la romancière, il comprit, en comparaison, combien il parlait mal. A lire Bernard Pivot (ou à l’écouter se lire), je constate que j’écris moins bien que je ne le voudrais. Tant pis. Il est des plaisirs – et cette soirée en est un – que l’on ne peut pas ne pas partager.

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 18:15

Clin d’œil à l’ami Bernard Fripiat !

 

Agrégé d’histoire, coach en orthographe, Bernard Fripiat anime des stages d’orthographe selon une méthode qu’il a mise au point en 1988. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont « Trucs et Astuces pour réussir vos concours » (les Editions d’Organisation, 1993) et « Se réconcilier avec l’orthographe » (Editions Demos).


Sur Youtube sont disponibles de nombreuses vidéos siglées « orthogaffe.com », série de sketches humoristiques scénarisés par Bernard Fripiat, également auteur d’une pièce de théâtre.

 

« Et si on simplifiait l'ortografe », une « déconnante orthographique », est jouée au Laurette Théâtre de Paris tous les samedis jusqu'au 18 mai 2013. Elle sera au programme du festival Off d'Avignon, en juillet prochain,  tous les jours à 13 h (toujours au Laurette Théâtre, mais celui d'Avignon).

 

 

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 10:27

C’est l’un des titres les plus drôles et les plus faciles à retenir : « Les amnésiques n’ont rien vécu d’inoubliable ». Un ouvrage signé Hervé Le Tellier, journaliste, écrivain, dramaturge. Membre de l’Oulipo depuis 1992, il propose dans ce livre près d’un millier de réponses à cette simple question : « A quoi tu penses ? ».

Les-Amnesiques-n-ont-rien-vecu-d-inoubliable_theatre_fiche_.jpg

Court extrait :

 

À quoi tu penses ?

Je pense qu’une des raisons pour lesquelles je n’ai jamais sauté d’un pont à l’élastique, c’est que j’ai peur de pisser de trouille, et d’être à l’envers à ce moment-là.

À quoi tu penses ?

Je pense que je suis incapable de résister à une femme à qui je plais, et je m'en moque d'être un type facile.

À quoi tu penses ?

Je pense qu'en roulant sur l'autoroute, on aperçoit de très jolis châteaux, où l'on aimerait bien habiter. Et puis on se rappelle qu'ils sont près de l'autoroute.

À quoi tu penses ?

Je pense qu'avec un peu d'imagination, on a du mal à rester fidèle, mais qu'avec énormément d'imagination, ce doit être possible.

À quoi tu penses ?

Je pense que je n'ai pas beaucoup d'imagination.

 

« Les amnésiques n’ont rien vécu d’inoubliable » sont aujourd’hui adaptés au théâtre et joués jusqu’au 18 juin au Lucernaire. Cent cinquante phrases retenues parmi les centaines qui composent le livre. Cent cinquante phrase retenues parce qu’elles pourraient raconter une histoire. Une histoire d’amour, une histoire de couple. Une histoire, comme un refrain.

 

Théâtre du Lucernaire

53, Rue Notre-Dame des Champs 75006 Paris

Du mardi au samedi à 19h

Tarifs : de 17,5€ à 34,5€


Pour tous ceux qui aiment les mots, les jeux de mots, les jeux sur les mots et l’écriture à contraintes, le site de l’Oulipo est incontournable !

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 14:10

Avec son visage juvénile et son air innocent, on donnerait le bon dieu sans confession à Damien Lecamp. Pourtant, sous sa chevelure châtain ébouriffée, son esprit critique est bien aiguisé. Ce jeune espoir de la scène comique serait plutôt possédé par un esprit démoniaque. D'un humour parfois cynique, mais toujours subtil, il s'attaque à notre société.

 

Une chronique d’Amandine Auroux

 

damien-lecamp-one-man-show-IMGH1294159909-3077350.jpgSon corps d'adolescent masqué par un costume noir très classe, l'humoriste profite de la scène pour se convaincre de sa virilité. C'est même l'intitulé de son one man show. Beaucoup de jeux de mots, un texte réfléchi et, élément important, très bien énoncé : Damien Lecamp est un perfectionniste. Difficile de deviner son âge. Il aime d'ailleurs laisser planer le mystère - « Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai moins de trente ans... » lâche-t-il avec malice.

 

Il n'en est pas moins conscient de la réalité du monde dans lequel il vit et transcrit sa vision en flirtant avec l'humour noir. La religion, avec les hamburgers hallal de Quick, la politique - « Marine Le Pen est avant tout musicienne : hé oui, pour elle, une blanche égal deux noires ! » - la société de consommation, le monde du travail - « Le stagiaire, c'est le médicament générique de l'entreprise : les mêmes effets, mais moins cher...[...] Mais finalement, pensez-vous qu'une cheville ouvrière peut faire entorse au règlement ? » - ou même l'avenir de la presse - «  Quand un homme meurt, on fait une minute de silence. Quand la presse se meurt, on fait 20 Minutes. »... Autant de thèmes passés en revue. Sans oublier l'amour, le fond de commerce des humoristes.

 

34 places par soir

 

Damien Lecamp est déjà monté sur la scène de l'Olympia pour assurer la première partie de Franck Dubosc. Son avenir semble tout tracé jusqu'aux prestigieuses scènes françaises. En attendant, son spectacle a été prolongé encore quelques mois à l'Instinct Théâtre, dans le Ier arrondissement de Paris, où 34 spectateurs peuvent venir le découvrir les vendredis et samedis, à 21 h.

 

Oui, seulement 34 places par soir. Le premier rang de la salle en amphithéâtre donne sur la scène. Une grande proximité avec le public qui n'effraie en rien Damien Lecamp. Au contraire. A la différence de l'extrait de son spectacle visible sur le net, le comique est tout à fait à l'aise. Aucun spectateur n'est oublié. Il s'adresse à son public, l'implique avec brio.

 

Il choisit même une poignée de boucs émissaires dans la salle. Et c'est efficace. Son auditoire, plutôt cosmopolite, y trouve son compte. Son one man show peut être applaudi pour une poignée d'euros, ce qui ne sera certainement pas le cas encore longtemps. Une autre raison d'y aller : à chaque fin de représentation, Damien Lecamp se dirige vers le bar. Après s'être attaqué aux travers du monde, il se tient prêt, à son tour, à recevoir la critique.

L’Instinct Théâtre. 18 rue de Beaujolais 75001 Paris.

Tarifs : à partir de 8€.

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 12:13

Il s’appelle Zavatta. Warren Zavatta. Petit-fils de qui vous savez. Une jeunesse en caravane, sur les routes et sur la piste. L’héritier du clown le plus célèbre de France, dépositaire d’une longue tradition familiale, a des comptes à régler avec « l’univers féerique du cirque » et son pépé Achille. Il le fait dans un spectacle intitulé « Ce soir dans votre ville ». Drôle, émouvant… En piste !

 

Une chronique d’Olivier Quelier

 

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(Photo Caroline Coste - www.warrenzavatta.com)

 

Bienvenue mesdames et messieurs, Willkommen, welcome ladies et gentlemen, meine Damen und Herren, signori et signora, bienvenue au théâtre de Trévise pour le dézingage en règle d’une des plus grandes familles du cirque, les Zavatta, par le petit-fils du grand Achille, j’ai nommé Warreeeeeen Zavatta !

 

Warren Zavatta a sorti l’artillerie lourde, Bigard en costume de clown, grosse caisse et grosses vacheries. C’est l’heure des règlements de comptes, du déballage public, sans ménagement et sans ménagerie, un monsieur pas déloyal mais bien remonté contre le monde entier, en tout cas contre « l’univers féerique et merveilleux du cirque » qui en prend un sacré coup derrière la perruque de cheveux fous.

 

Ce type qui  a bouffé du lion débarque sur scène dans un déluge de décibels, porte-voix en main, jouant pendant plus d’une heure de sa grande stature, de sa grande gueule et de sa grande sensibilité.

 

Des pompes à la con

 

Ça commence par quelques sentences bien senties : « « Ya des enfants dans la salle – Vouiiiii ! – Qu’ils sortent ! » « Pourquoi je porte des pompes à la con ? Parce que c’est la tradition ». « Le nez rouge ? C’est les armoiries de la famille ».

 

Le spectacle est d’une énergie ébouriffante et bourré de prouesses physiques. Warren Zavatta est un athlète qui joue en faux dilettante une partition de vrai pro formé à tous les arts du cirque. Il sait tout faire mais préfère, faux frère, défaire quelques ficelles, magicien suicidaire mais hilarant qui livre ses secrets, brise les légendes. Griffant, au passage, l’image trop lisse du nouveau cirque, douceur et poésie, foulards pastel et musique éthérée…

 

Chez Warren Zavatta, la poésie affleure de fusils ; la tendresse, il la sert version homme-canon, histoire d’éviter les boulets de la nostalgie. Ça commence à la naissance : « Je suis arrivé le cul en premier, c’est pour ça que mon père croyait que j’avais deux têtes ». Ça se poursuit à l’adolescence : « Ma première expérience sexuelle, je l’ai eue avec une contorsionniste, et dans le noir ! C’était du suicide ! ». Et ça continue à l’âge adulte. Avec son mètre quatre-vingt-dix et quelque, Warren est trop grand pour vivre en caravane : « Le seul endroit où je tenais debout, c’était sous le vasistas. Ouvert ! »

 

Le talent d’Achille

 

Le public se plie de rire, se gondole, se bidonne, « s’exclamationne ». Vient le numéro de domptage. Las ! Le lion Marcel dort. Hop ! Entrée en piste d’Olga la mouche… Quand on ne sait rien faire, au cirque, on devient dompteur. Warren Zavatta, lui, sait tout faire. Enfin presque : « Je ne joue pas de trompette. Je n’ai pas le talent d’Achille »

 

Mais il a son propre talent, protéiforme, inclassable et irrésistible. Il faut au moins ça pour arriver à sortir du carcan de la route et des roulottes. Il le dit en une belle formule, Warren : « Si ton père est dans le ciné, tu sera dans le ciné. Si ton père est dans la musique, tu seras dans la musique. Si ton père est dans le cirque, tu seras dans la merde ! »

 

Intense et jubilatoire, le spectacle retrace l’itinéraire d’un enfant des tours à deux balles qui, plutôt que d’être le petit-fils d’Achille Zavatta, aurait « préféré avoir un grand-père ». Et comme le lance Warren Zavatta dans les dernières minutes, pleines d’émotion vraie et lourdes d’héritage malgré tout assumé : « Ce spectacle, je l’ai fait à cause de toi, Pépé, mais pour moi ».

 

Théâtre de la Gaîté Montparnasse

26   rue de la Gaîté Paris 14e. Tel. 01 43 22 16 18. Du mardi 25 janvier au samedi 4 juin 2011. Du mardi au samedi de 21:30 à 23:30. Tarifs d'entrée : 32 € et 18 € (réduit)

Métro Gaîté (ligne 13), Edgar Quinet (ligne 6) ou Montparnasse Bienvenüe (lignes 4, 6, 12, 13). Renseignements : tél. 01 43 20 60 56.

 

Le site de Warren Zavatta est ICI.

 

(article précédemment publié sur le site culturecie.com)

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 10:48

Les Concerts de dessins mêlent musique et bande dessinée. Ils ont été lancés en 2005, lors de la 32e édition du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Ils ouvrent une perspective alors totalement inédite : faire du concert un moment de bande dessinée en regroupant le registre des arts de la scène et celui du graphisme, loin des ambiances habituelles de la lecture.


À partir d’un scénario préétabli, plusieurs dessinateurs réalisent en direct et à tour de rôle l’une des cases du story-board. Leurs interventions sont projetées en simultané sur un écran géant. Le public voit ainsi se déployer sous ses yeux une bande dessinée originale.


Ce mercredi 1er décembre 2010, le Concert de dessins mettra en images un scénario original écrit par l’un de ces concepteurs, Zep, le créate3a9ec6c5f3ee1ff71176953b4fb90bc4ur de Titeuf.

 

Il sera accompagné par une belle brochette d’auteurs : Dupuy & Berberian (Grand Prix d’Angoulême 2009, auteurs de Monsieur Jean, Bienvenue à Boboland, Journal d’un album…), Bastien Vivès (Prix Essentiel Révélation d’Angoulême 2009 pour Le Goût du Chlore), Alfred (auteur de Pourquoi j’ai tué Pierre, Je mourrai pas gibier, primé à Angoulême 2007, présent dans la Sélection officielle 2010), Matthieu Bonhomme (auteur de L’âge de raison, du Marquis d’Anaon, du Voyage d’Esteban, Prix Intergénérations à Angoulême 2010 pour Messire Guillaume), Tanxxx (Sélection officielle 2010 pour Esthétique et filatures) et Mathieu Sapin (auteur de Supermurgeman, Salade de fluits, La Fille du savant fou, Sélection officielle en 2009).


Côté musical, Areski Belkacem, complice historique des Concerts de dessins depuis leur création, signe la partition originale du spectacle et assure la direction musicale de l’orchestre. Pour cette soirée, il prolongera sur scène l’ambiance de son nouvel album Le Triomphe de l’amour, accompagné de cinq musiciens : Yan Péchin (guitare), Boby Jocky (basse), Patrick Baudin (batterie), Dondieu Divin (claviers) et Frédéric Deville (violoncelle).


Ce mercredi 1er décembre à 21h au Théâtre Marigny. Tarif unique : 23€.

Billetterie : fnac 0 892 68 36 22 (0.34€ /mn).


Théâtre Marigny, Carré Marigny 75008 Paris. M° Champs-Elysées Clemenceau.


Pour en savoir plus, c’est ICI.

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 17:44

Le samedi 13 mars (et non le 6 mars comme prévu initialement), la Maison de la Poésie de Paris organise une rencontre avec le philosophe Alain Badiou, les poètes Bernard Noël et Florence Pazzottu et le metteur en scène François Rodinson.

 

Cette rencontre aura lieu à l’issue de la représentation de « La Tête de l’Homme » de Florence Pazzottu, spectacle mis en scène par François Rodinson et présenté jusqu’au 4 avril.

 

Philosophe - il enseigne à l’Ecole normale supérieure - romancier et dramaturge, Alain Badiou cherche dans la pensée et dans l'art d'écrire tout ce qui est compatible avec une politique égalitaire. Il vient d’écrire avec Nicolas Truong « Eloge de l’amour » (Flammarion, 2009).

 

Poète, romancier, essayiste, critique d’art, de « Extraits du corps » à « La Langue d’Anna », du « Château de Cène » à « La Chute des temps », du « Dictionnaire de la Commune » à « La Castration mentale », de Magritte à Matisse, de « Onze romans d’œil » à « L’Espace du poème » (plus d’une cinquantaine d’ouvrages) l’œuvre de Bernard Noël est immense. Il vient de publier « Les Larmes d’Eros » (POL, 2010).

 

Florence Pazzottu est poète. Elle est née et vit à Marseille. Elle a créé, en 1995, avec Christiane Veschambre la revue Petite, qu’elle a longtemps animée avec Thierry Trani. Elle est membre du comité de rédaction d’Action poétique. Elle participe à de nombreuses lectures publiques. Elle dessine, photographie, et a réalisé un film qui est en cours de montage. Elle a publié une dizaine de livres dont « La Tête de l’Homme » publié au seuil en 2008 ou « L’Accouchée » (préface d’Alain Badiou).

 

François Rodinson est metteur en scène, comédien. Il est également conseiller artistique et metteur en scène associé au Théâtre de la Manufacture et professeur au Conservatoire d’art dramatique de Nancy.

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 « La Tête de l’Homme »

 

Aujourd’hui, un poème de la nuit des temps.

 

Un choc initial : une agression, la nuit, dans le quartier du Panier, à Marseille… Trente-six chandelles, une ombre qui fuit… Florence Pazzottu plonge à sa suite dans une nuit archaïque et écrit, écrit. Son écriture est son flambeau. La surprise effarée du choc, des moments de l’intime, les êtres chers, le cocasse et le dérisoire, l’insupportable ou la douceur des jours, le monde en éclats… sa torche éclaire des pans de vie dans la caverne de son être profond où elle creuse, où elle cherche.


Elle trouve les mots pour dire une expérience singulière que la poésie transfigure. Le temps d’une femme aujourd’hui rejoint le mythe dans un geste ample aux accents d’éternité.
Dans l’espace, le poème vibre et s’incarne, le rite dessine un territoire de l’imaginaire, devient théâtre.

 

« La Tête de l’Homme » de Florence Pazzottu, mise en scène François Rodinson, avec Marion Bottollier, jusqu’au 4 avril. Du mercredi au samedi à 20h, dimanche à 16h.

 

Maison de la Poésie. Passage Molière, 157 rue Saint Martin 75003 Paris. Tél. 01 44 54 53 00.

Le site est ICI.

 

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 11:10

Bonnaffé entre en scène, et la langue tangue. Dans « L’Oral et hardi », l’acteur interprète des textes du poète belge Jean-Pierre Verheggen.

 

Un compte-rendu d’Olivier Quelier

 

Il arrive par là où on ne l’attend pas, intervenant maladroit et gauche avec les mots. Noyé dans des expressions toutes faites, il n’est pas à la fête lui qui veut faire bonne impression… Pathétique et dérisoire, il en devient drolatique et jubilatoire. Le public rit, le ton est donné.

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Photo : © X. Lambours

Pendant près d’une heure et demie, Jacques Bonnaffé, diseur de bonne poésie, bateleur du langage, bonimenteur comme un arracheur de mots, devient le serviteur loyal de son compatriote du Nord Jean-Pierre Verheggen, dont il interprète et met en scène les textes dans ce spectacle intitulé « L’Oral et hardi ».

 

Orateur mi-politique mi-poétique, boxeur du verbe, lutteur de sue-mots, Bonnaffé nous embarque dans ses bringues littéraires, nous embringue dans sa barque à rôles. « Engagez-vous dans le langagement ! » qu’il nous lance de son Rimbaud Warrior. Les spectateurs plongent avec lui dans « les péchés de chair linguistiques », heureux de barboter dans une langue malaxée, triturée, tordue, dérangée, déglinguée, revisitée, revitalisée… Dans une langue jouissive, vivante et vibrante et bandante, bien fraîche et bien rouge. « Il avait raison, Artaud, dit Bonnaffé, c’est de la viande, la langue ».

 

Mise en bouche

 

Présentée en ouverture de saison l’an dernier par la Maison de la Poésie, « L’Oral et hardi » est une mise en bouche des textes de Jean-Pierre Verheggen. Jacques Bonnaffé continue de la promener en tournée à travers la France.

 

Jean-Pierre Verheggen est un poète belge né en 1942, auteur notamment du « Degré Zorro de l’écriture », « Artaud Rimbur », « Ridiculum vitae » ou « On n’est pas sérieux quand on a 117 ans ».

 

La prestation de Bonnaffé prend des allures de performance. Il fallait bien un acteur de cette envergure, exubérant et intimiste, pour porter les mots de Verheggen. C’est que Bonnaffé, qui a joué au cinéma sous la direction de Godard, Melville, Deville, Doillon ou Tacchela, passe une bonne part de son temps en compagnie des poètes. De lectures en spectacles, il est devenu le complice d’auteurs contemporains tels que Ludovic Janvier, André Velter et Jacques Darras…

 

Mots vifs, langue pâteuse

 

Au fil de son allocution, l’homme public tombe la veste, tombe le masque. Les mots restent vifs mais la langue devient pâteuse, se déliant derrière un bar. « On vous ment, tonne Bonnaffé, c’est pas du Verheggen ! ». Et pour cause, on entend, de-ci de-là, William Cliff, Baudelaire, Rimbaud et même, « ô long rêve errant dans une heure éphémère », la douce Marceline Desborde-Valmor… Mais attention, stipule l’acteur : « Verheggen, yes ; Verhaeren, no ! »

 

La poésie, c’est pas toujours gentil et, quand le vase déborde (comme disait Marceline…) certains en prennent pour leur sans-grade. Et pan dans le dentier de d’Ormesson, caricaturé en entarteur gauchiste (on peut toujours rêver!). Et re-pan dans les dentiers des académiciens, vingt cadavres debout qui réfléchissent à la définition du mot macchabée pendant que les vingt autres s’interrogent sur l’avenir du point-virgule…

 

Tir à vue sur les vers lents

 

Et tir à vue sur les slameurs, des mots atones et des vers lents

C’est bien beau de faire des rimes pour être dans le vent

Encore faut-il dépasser le niveau des enfants de 5 ans

La forme est séduisante mais le fond reste absent

 

Conseil de Jacques Bonnaffé : « Bossez d’arrache-pied, d’arrache-vers ! Parlez ! »

 

L’orateur termine sa prestation en athlète épuisé, peignoir et serviette jetée sur les épaules. Tout s’emballe, ce marathon des mots est suivi par des commentateurs sportifs. Bonnaffé se roule par terre, repasse la scène au ralenti, court, danse, s’affale, s’affole. Une dernière tirade, un petit air de musique et c’est terminé, fini… Les spectateurs quittent la salle ébahis, ébaubis, estourbis, éblouis, abasourdis. Un rien groggys.

 

Car comme le dit Jacques Bonnaffé, quelle que soit la puissance de l’œuvre de Verheggen, « il reste toujours à la faire entendre. La livrer sur scène ». Et quel meilleur passeur que cet homme-orchestre, faux étourdi et vrai érudit, qui hurle au monde : « Vive la poésie quand elle proclame la haine de la poésie affadie ! »

 

 

 

L’Oral et hardi, allocution poétique conçue, mise en scène et interprétée par Jacques Bonnaffé.

En représentation le 1er avril 2010 à 20h 30 à l’Onyx, 1 place Océane 44815 Saint-Herblain.

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 14:18

Christine Orban a adapté pour la scène, avec son mari l’éditeur Olivier Orban, un roman qu’elle avait écrit il y a une dizaine d’années, « Le Collectionneur ». La pièce est jouée en ce moment au Théâtre national de Nice. Et le texte, qui s’appuie sur un fait divers réel, est superbe de tension dramatique et de réflexion sur la culpabilité, l’orgueil… Et le pardon, peut-être.

 

Une chronique d’Olivier Quelier

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Elle : « Entre toi et les monnaies, il n’y a pas beaucoup de place pour moi. »

Lui : « J’aime trop les objets… je leur appartiens plus qu’ils ne m’appartiennent »

Elle : « Pour toi, le temps n’est ni mauvais, ni beau, il est ancien ou sans importance. »

 

Dans ce manoir de la forêt de Fontainebleau, le couple ne se dispute même plus. Quelques piques, quelques aigreurs désabusées, mais trop d’habitudes déjà, trop de temps perdu, trop d’intimité étouffée par cette fameuse collection.

 

Car Arpad de la Castille, issu d’une vieille famille de la finance, nourrit une passion folle et quasi exclusive pour les monnaies anciennes. Entre sa femme Olivia et sa collection, il n’a pas toujours su choisir, même si quelques filaments d’amour les retiennent encore l’un à l’autre.

 

Culpabilité et orgueil

 

collectionneur006 1Un jour, Arpad reçoit la visite d’une vieille amie qui, avant de mourir, tient à lui laisser une merveille, une rareté – un mythe, presque : une pièce d’or à l’effigie de Cléopâtre. Un exemplaire unique au monde, dont il va devenir le dépositaire. Mais posséder cette monnaie ne suffit pas à Arpad ; il lui faut l’exhiber devant son rival, le comte Alberoni, un collectionneur de renom qu’il veut défier.

 

Le manoir, une nuit d’orage. Autour d’une table, Arpad, le comte et un ami commun contemplent la pièce à l’effigie de Cléopâtre. Soudain, une coupure de courant. La pièce disparaît. Arpad demande à ses hôtes de vider leurs poches ; le comte refuse. Son mutisme et son attitude hautaine sèment le trouble et attisent la haine d’Arpad.

 

Le drame est consommé. Arpad dénoncera le comte à la société de numismatique, le déshonorera aux yeux de tous.

 

Des mois plus tard, la pièce d’or est retrouvée dans le manoir. Effondré, Arpad invite le comte à revenir afin de lui présenter des excuses. Mais Alberoni a lui aussi ses secrets…

Avec « le Collectionneur », Christine et Olivier Orban signent une pièce de théâtre sobre et magnifique. La tension dramatique y est constante, et dans ce dense huis clos dansent les ombres de la culpabilité et de l’orgueil.

 

Ces hommes ont été privés de lumière et Arpad de jugement… Y a-t-il une victime ? Y a-t-il un coupable ? La rencontre finale claque comme un duel intense, dont ni le comte ni Arpad ne sortiront vainqueurs.

 

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Photos de la pièce : Fraicher-Matthey agence Paradoxe

 

 

Christine Orban : « Rien n’est plus humain que l’erreur »

 

« Les personnages d'un roman sont vivants pour celui qui tient la plume. En écrivant Le Collectionneur, j'ai eu l'impression d'être dépassée par la réaction de mon héros, Arpad de la Castille. Il m'arrivait de le supplier de se comporter différemment, de ne pas commettre ces erreurs, je le sentais s'enferrer dans sa passion aveugle, dans ses accusations sans preuve. Je sentais monter en lui, personnage si digne, si contrôlé, tout ce qu'il détestait et réprouvait, impuissant. Je l'étais moi aussi : les personnages ont leur logique et finissent par imposer leur destin. Les lecteurs reçoivent d'une autre façon le drame qui se forme sous la plume. Ils l'interprètent, ils ont le droit. Il en va autrement avec le théâtre. Au théâtre, les personnages sont incarnés, ils sortent du livre, j'avais envie de les voir "en vrai", j'avais envie que l'on comprenne la tragédie d'un honnête homme, de le voir vivre, s'exprimer en dehors des lignes. Qui ne s'est jamais laissé emporter par la passion ? J'ai écrit ce livre, il y a une dizaine d'années, les personnages du roman sont toujours vivants dans mon esprit, mais ce sont des personnages de romans, il fallait leur donner vie sur une scène, grâce au travail des acteurs et du metteur en scène, il fallait que l'on pardonne Arpad et Olivia, peut-être. Parce que rien n'est plus humain que l'erreur. »

 

le_collectionneur_02.jpgLE LIVRE

Que ceux et celles qui ne peuvent voir la pièce se rassurent : il y a fort à parier qu’elle se jouera bientôt à Paris… En attendant, jetez-vous sur le livre.


L’écriture est d’une sobriété magnifique, les dialogues portent le poids des sentiments et l’intrigue relève des grands drames.


Preuve que les textes de théâtre peuvent être lus, avec plaisir, avec passion, quand ils atteignent ce niveau d’élégance et de perfection.

 

« Le Collectionneur », de Christine et Olivier Orban, Albin Michel, 96p. 10€.

« Le Collectionneur » de Christine et Olivier Orban, au Théâtre national de Nice

 

 

 

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Published by Olivier Quelier - dans Théâtre
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 19:30

Arpad de La Castille possède la plus grande collection européenne de monnaies et de pièces anciennes. Obsédé par sa collection, il n'apprécie pas l'argent pour les richesses ou les pouvoirs qu'il procure, mais plutôt pour la beauté des œuvres d'art. Une vieille dame lui remet un soir une pièce rarissime, une monnaie en or frappée pour le mariage de Cléopâtre dont il ne reste, dans le monde, qu'un unique exemplaire. Arpad invite alors le comte Alberoni, un collectionneur rival. Alors qu’ils sont attablés, les lumières s’éteignent. La pièce disparaît…

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Fraicher-Matthey agence Paradoxe

Christine Orban a adapté l’un de ses romans pour la scène, avec son mari Olivier Orban. Tous deux signent aujourd’hui un huis clos dense et dramatique, aux dialogues serrés et à l’intrigue forte.  

 

Christine Orban explique ainsi leur travail : « Au théâtre, les personnages sont incarnés, ils sortent du livre, j'avais envie de les voir "en vrai", j'avais envie que l'on comprenne la tragédie d'un honnête homme, de le voir vivre, s'exprimer en dehors des lignes. Qui ne s'est jamais laissé emporter par la passion ? J'ai écrit ce livre, il y a une dizaine d'années, les personnages du roman sont toujours vivants dans mon esprit, mais ce sont des personnages de romans, il fallait leur donner vie sur une scène, grâce au travail des acteurs et du metteur en scène, il fallait que l'on pardonne Arpad et Olivia, peut-être. Parce que rien n'est plus humain que l'erreur. »

 

« Le Collectionneur », de Christine et Olivier Orban au Théâtre national de Nice, du 20 au 31 janvier. Mise en scène : Daniel Benoin. Avec  Paul Chariéras, François Marthouret, Jean-Claude Penchenat, Nathalie Rouseel et Jacqueline Scalabrini.

A 21 h : mercredi 20, vendredi 22, samedi 23, mercredi 27, vendredi 29 et samedi 30 janvier.

A 20 h : le jeudi 21, mardi 26, jeudi 28 janvier (rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation).

A 15h 30 le dimanche 31 janvier.

 

Location : tél. 04 93 13 90 90.

www.tnn.fr

Prix des places : plein tarif, 22 € ; tarif réduit 8€.

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