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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 20:51

Retrouvé un peu par hasard cette chanson déjà ancienne – une quinzaine d’années – de « La Rue Ketanou ». Parce que les mots sont faits pour être chantés. Parce que les mots de tous les jours méritent d’être mis au grand jour. Et parce qu’il n’y a pas de petits mots, qu’ils soient d’occasion ou de collection.

 

 


 

 

 

Approchez, approchez Mesdames et Messieurs
Car aujourd'hui grande vente aux enchères
Dans quelques instants mes deux jeunes apprentis saltimbanques
Vont vous présentationner des ... mots

{Refrain:}
Un mot pour tous, tous pour un mot
Un mot pour tous, tous pour un mot

Des gros mots pour les grossistes
Des maux de tête pour les charlatans
Des jeux de mots pour les artistes
Des mots d'amour pour les amants
Des mots à mots pour les copieurs
Des mots pour mots pour les cafteurs
Des mots savants pour les emmerdeurs
Des mobylettes pour les voleurs

Aujourd'hui grande vente aux enchères
On achète des mots d'occasion

Des mots à la page et pas chers
Et puis des mots de collection

{au Refrain}

Des morues pour les poissonniers
Et des mochetés pour les pas bien beaux
Des mots perdus pour les paumés
Des mots en l'air pour les oiseaux
Des mots de passe pour les méfiants
Et des mots clés pour les prisonniers
Des mots pour rire pour les enfants
Des mots tabous pour l'taboulé

{au Refrain}

Des mots croisés pour les retraités
Et des petits mots pour les béguins
Des mots d'ordre pour les ordonnés
Des mots fléchés pour les Indiens
Des momies pour les pyramides
Des demi-mots pour les demi-portions
Des mots courants pour les rapides
Et le mot de la fin pour la chanson

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Published by Olivier Quelier - dans Musique
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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 21:27

On connaît le jeu du "Cadavre exquis", ce jeu inventé par les Surréalistes dans les années 1920. Il s'agit, selon le Dictionnaire abrégé du surréalisme, d'un « jeu qui consiste à faire composer une phrase, ou un dessin, par plusieurs personnes sans qu'aucune d'elles puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes. »

J'y joue souvent avec mes étudiants et suis toujours surpris par les résultats obtenus. J'ai découvert il y a peu que « Le Cadavre exquis » est aussi une chanson de Serge Gainsbourg.

 

En voici les paroles et la vidéo.

 

Si l'on jouait au jeu du cadavre exquis

Histoire d'nous passer un peu notre ennui

Tu écris un mot n'importe quoi

Et moi j'en inscris un autre après toi

La petite mouche à merde

A mis des bouchées doubles

Y a des coups d'pied qui s'perdent

Dans les roubles

Oui c'est ça le jeu du cadavre exquis

Nous allons y jouer toute la nuit

Emmanuelle aime les caresses

Buccales et manuelles

Remue un peu tes fesses

Me dit-elle

Moi j'préfère jouer au jeu du cadavre exquis

Que de l'enfiler toute la nuit

L'humour noir vient d'Afrique

Exemple Amin DiDi

Je bande magnétique

Pour lui

Si l'on jouait au jeu du cadavre exquis

Histoire d'nous passer un peu notre ennui.

 

 


 
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Published by Olivier Quelier - dans Musique
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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 11:49

Ne vous fiez pas à la photo de la pochette : elle pourrait vous faire croire - à tort - que vous avez affaire à une nouvelle jolie poupée chantante. 

 

Une chronique d’Emmanuel Humbert

 

LaetitiaVelmaAuteure, compositrice et interprète, Laetita Velma appartient plutôt à la famille des Bashung, Miossec ou Dominique A.

C’est d’ailleurs avec l’ingénieur du son de Miossec qu’elle a réalisé ce premier disque où l’on reconnaît aussi les arrangements de Dominique A.

 

Mais loin de travailler sous influences, Laetita Velma apporte une fraîcheur vivifiante ou une mélancolie  apaisante, selon les titres, qui lui sont propres. Quant aux textes, là aussi, ils sont de la qualité poétique de ceux que Miossec ou Dominique A ont pu signer. 

 

Au final, ce disque laisse quand même un goût amer : celui de ne comporter que quatre titres tant on aurait aimé pouvoir découvrir un peu plus l’univers artistique de Laetitia Velma.

 

Vivement le printemps qui nous apportera - enfin - le premier album de la belle. 

 

Laetitia Velma / Retournez-vous - © Les disques d’avril

 

Retrouvez Laetitia sur Myspace.

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 17:56

La chronique musicale d'Emmanuel Humbert

 

Emile Verhaeren, poète que l’on a détesté en classe primaire avant de l’adorer quand, adulte, on redécouvrait son talent, Emile Verhaeren donc décrivait le travail avec une sensualité gourmande : « Les servantes faisaient le pain pour les dimanches. Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain. Le front courbé, le coude en pointe hors des manches, la sueur les mouillant et coulant au pétrin. Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumait de hâte, leur gorge remuait dans les corsages pleins. Leurs deux doigts monstrueux pataugeaient dans la pâte, et la moulaient en ronds comme la chair des seins ».

 

Aujourd’hui, il faudrait la plume d’un Emile Verhaeren pour décrire le talent de Tété. Loin des poses « bobo » de certains, pourtant encensés par une critique parisiano-parisienne prompte à l’enthousiasme et toujours orpheline du talent d’un Gainsbourg qu’elle a mis des lustres à reconnaître, cet artisan musicien poursuit son chemin singulier qui L’Air de rien l’a conduit Par monts et vallons jusqu’à ce Premier clair de l’aube

 

Comme ce pain des dimanches cher à Verhaeren, Tété se déguste. Son style musical est celui d’un orfèvre dans lequel la musique – folk et rythmée, métissée de blues du bayou et de rock californien, épicée d’une discrète touche de mbalax sénégalais suivant les titres – ne prend pas le pas sur des textes où le mot sonne toujours juste, où plus que la rime, c’est le sens qui est riche.

 

Tété s’apprécie donc. Surtout, après une première découverte, il donne l’irrépressible envie d’une nouvelle écoute égoïste lové dans un fauteuil club ou, au contraire, clarck’s au pied et I-Pod en tête, en marchant nez au vent sous des mirabelliers en fleurs par une belle matinée qui fume d’un soleil printanier. Car d’une plage à l’autre ce disque vous entraine dans un spleen confortable (Le premier clair de l’aube) ou vous invite à un blues joyeux digne des Holmes Brothers (Maudit Blues ou Doux Mojo).

 

Il y a les choix que Tété fait, à rebours du confort d’une profession moutonnière qui, une fois le « style » trouvé, ne s’en départit plus, quitte à répéter les mêmes disques jusqu’à l’écœurement du fan le plus intégriste. Tété, lui, ose plus de disque en disque, enrichit son style, invite de nouveaux instruments, électrifie ses partitions… Bref, surprend et séduit ses auditeurs et comme son patronyme le signifie en wolof sénégalais : nous prend sous son aile, nous ouvre le chemin comme on le fait aux enfants pour nous faire découvrir son monde.

 

Ce n’est pas rien et, par ces temps de productions discographiques formatées et « ciblées », c’est bien là le plus important.

 

 

Tété : Le premier clair de l'aube (JivEpic - Sony Music) 

 

Tété sera en concert le mercredi 12 mai à L'Autre Canal à Nancy et le jeudi 13 mai au Casino de Mondorf-les-Bains. 

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 16:04

Un an après la mort d'Alain Bashung survenue le 14 mars 2009, rencontre avec son co-auteur Jean Fauque, avec qui il a formé pendant de longues années un duo d'exception dans l'écriture de textes au style unique, découpés au scalpel de la perfection et de l'élégance. Personne n'oubliera des chansons comme "Osez Joséphine", "Ma petite entreprise" ou "La nuit je mens" pour ne citer que les plus connues, ou l'album "Fantaisie militaire", consacré meilleur album des vingt dernières années aux Victoires de la Musique.


Un article de Valérie Bettencourt

 

 Jeannot 010

Le Père Lachaise


Pas de sépulture particulière, pas de mausolée remarquable. Dans ce cimetière du Père Lachaise aux monuments funéraires parfois démesurés, juste une simple dalle sans artifices : un an après le décès trop précoce de l'immense Alain Bashung, sa tombe est-elle encore momentanément inachevée, ou bien restera-t-elle éternellement à l'image de l'humilité qui caractérisait l'homme?

 

Devant les quelques fleurs déposées par les fans, Jean Fauque rêve. Les trente-quatre ans d'amitié qui l'ont lié à Alain Bashung restent pour lui plus importants que tout ce qu'ils ont pu écrire ensemble. "La première fois que j'ai vu Alain, dit-il, j'ai eu l'impression que je le connaissais déjà. J'ai su immédiatement qu'il allait être extrêmement important pour moi. J'ai attendu treize ans avant de travailler réellement avec lui, sur l'album "Novice". J'avais peut-être peur que des rapports professionnels ne viennent troubler notre amitié."


Avec Alain, Jean a compris le sens profond de la compassion, qui vient du latin "cum patior" signifiant "souffrir avec". Dans les moments difficiles, il ressentait profondément sa tristesse et sa douleur, et en ressortait abattu. "En 82, Alain a traversé une crise grave. Je me suis précipité dans la campagne normande où il s'était réfugié. Quand je suis arrivé, il tenait à la main un grand couteau de cuisine et m'a dit: "Si tu n'étais pas venu à temps, j'en aurais fini". Pour moi la véritable amitié, c'est ça: être toujours présent en cas de problème, attentif à l'autre quoi qu'il arrive".


On pense à cette phrase qu'avait écrite La Boétie à Montaigne dans un long poème en latin, peu avant sa mort prématurée : "Si le destin le veut, la postérité, sois-en sûr, portera nos deux noms sur la liste des amis célèbres". Pour les générations à venir, les deux noms de Jean et d'Alain resteront en tous cas à jamais gravés sur des albums aux textes inimitables, métaphoriques et oniriques, qui ont fait exploser les critères de la chanson française.

 

La présence


Jeannot 034Un an après le décès d'Alain Bashung, Jean Fauque n'admet toujours pas cette mort. Mais ses sentiments sont partagés. D'un côté il y a le manque, et de l'autre la présence constante de son ami, sous une autre forme. "Je rêve de lui très souvent, et il m'apparaît toujours comme très protecteur à mon égard. Ou bien dans la journée je lui parle, je lui pose des questions, et j'obtiens des réponses presque immédiates. Pour lire son hommage en direct aux dernières Victoires de la Musique, je lui ai demandé un coup de main, et à la première phrase j'ai su que ça allait bien se passer, j'avais la sensation qu'il était vraiment là, à mon côté. Cette forme de communication entre nous ne me surprend pas. De son vivant, souvent, quand je m'apprêtais à l'appeler pour lui parler de telle chose, le téléphone sonnait aussitôt, c'était lui et c'était pour m'en parler. Mais plus le temps avançait, moins nous avions besoin de parler beaucoup pour nous comprendre. Souvent, un regard ou un geste suffisait. Dans les dernières années, lorsqu'il était de plus en plus renfermé sur lui-même, nous vivions de longs silences mais nous savions parfaitement ce que pensait ou ressentait l'autre."


Quand Alain n'allait pas bien, Jean faisait le pitre jusqu'à le faire rire aux éclats. Et cette double personnalité fascinait Alain: d'un côté l'incroyable talent d'écriture et de poésie de Jean, et de l'autre sa faculté de proférer des plaisanteries quelquefois complètement stupides, voire douteuses, pour ne pas dire un brin vulgaires. Ces deux facettes aux antipodes l'une de l'autre, c'est peut-être aussi ce qui les rapprochait : car si on évoque beaucoup le côté ténébreux d'Alain, on oublie trop souvent de parler de son irrésistible humour décalé, à froid, frôlant parfois l'absurde, et de son goût immodéré pour la rigolade, la bonne bouffe et le bon vin. Bref, son amour pour la vie…

 

Après Alain


Jean a sorti en 2008 un album intitulé "Treize Aurores". Dans ses concerts, il chante ses textes, dont on reconnaît immédiatement l'univers singulier. A la fois poétique, dans des vers comme "Tu m'inspires, j'expire" ou "Y'a des algues sous Venise qui dégustent du chef d'œuvre". Et humoristique farfelu comme " Au muséum, y'a un lapin à deux têtes, dont une de lapin".  Et son deuxième album est en préparation.


Depuis qu'il fait de la scène, il comprend mieux ce que ressentait Alain, cet état de conscience modifiée sous les projecteurs, cette sensation d'être porté, téléguidé par une puissance supérieure. "Dans les derniers temps, Alain prenait l'avion le soir après les concerts pour aller faire ses séances de chimiothérapie et il revenait chanter le lendemain après avoir repris l'avion. Il était épuisé, et il y avait toujours quelqu'un pour le soutenir de la loge jusqu'à la scène, l'aider à marcher. Dès qu'il arrivait devant le public, il retrouvait sa voix et la force de chanter. C'est ce qui l'a fait tenir. S'il n'y avait pas eu cette tournée, au cours de laquelle il a réellement atteint une dimension mythique et mystique, il serait mort bien plus tôt".


Cet état second, Jean le connaît aussi dans l'écriture, où il lui semble être relié à une autre sphère. Pour amplifier le phénomène, il s'isole en écoutant de la musique au casque, seulement de l'instrumental ou des textes en anglais, mais jamais en français pour ne pas être perturbé par la signification des mots.


Jeannot 118Mais Jean n'est pas seulement parolier. A l'âge de dix ans, il déclarait : "Plus tard, je serai écrivain". Et il a déjà écrit deux romans. Mais il a aussi dans ses placards une vingtaine de nouvelles qu'il a très envie de publier dans un recueil. "En tournée, il m'est arrivé d'en lire à Alain. Nous étions tous deux passionnés par le fantastique et la science-fiction, d'ailleurs dans "Etrange été" nous avons rendu hommage à Philip K.Dick. Et nous adorions le livre de Robert Sheckley "La dimension des miracles". Toutes les nouvelles que j'écrivais étaient dans ce type d'univers, et c'est dans cette voie que j'ai envie de poursuivre. La préférée d'Alain, dans toutes celles que j'ai écrites, racontait ça : Dieu, une sorte d'entrepreneur immobilier, en avait marre de La Terre, habitée par des cinglés ingérables (il y avait envoyé son fils pour y remettre un peu d'ordre, mais celui-ci, en révolte contre son père, s'était comporté comme un baba-cool peace and love, ça s'était terminé comme on sait) et il la vendait à un démonteur de planètes qui venait enlever les Champs-Elysées, les montagnes et les océans pour les revendre en pièces détachées à d'autres planètes…"


C'est donc plutôt vers les nouvelles et les romans que Jean a envie de se tourner "pour ses vieux jours". Il a entendu parler de la Ligue de l'Imaginaire, un collectif d'écrivains qui l'attire beaucoup: "Des types passionnés de fantastique, de SF ou de tout autre univers bien à eux, loin de ces auteurs nombrilistes qui n'écrivent que sur leurs propres problèmes. Des gens comme Bernard Werber ou Henri Lovenbruck (qui chante lui aussi et veut faire son album) qui se réunissent et travaillent ensemble, suivant la tradition ancienne des cercles d'écrivains. J'adore cet esprit de potes autour de goûts communs dans un travail créatif. Maintenant, dans la chanson, on est souvent isolé, chacun compose chez soi sur son ordinateur, et envoie aux autres sa musique par fichier internet. Pratique, mais c'est un peu dommage."

 

La mort


Jean est fasciné par la mort et croit en une certaine forme de réincarnation. "Alain était très ouvert à cette éventualité, qui lui paraissait tout à fait probable. De toute façon il était très curieux et ouvert à tout, particulièrement à toutes les choses bizarres. En même temps, ça le troublait, il en parlait rarement".


Pour Jean, la mort ne donne pas la connaissance absolue, elle est juste un début, une avancée sur le chemin initiatique : "L'univers, le processus complexe et infini de la création permanente, partout et tout le temps, pour nous autres humains… autant essayer d'expliquer à une mouche ce qu'est Paris!", dit-il avec un petit sourire.


Alors s'il ne devait retenir qu'une seule phrase de toutes celles qu'il a écrites avec Alain Bashung, ce serait celle-ci, extraite de la chanson "Mes bras" dans l'album "l'Imprudence" :

"Je me tue à te dire qu'on ne va pas mourir…"


Jeannot 113


Le site de Jean Fauque est ICI.

Le site de Valérie Bettencourt est LA.

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 15:00

Jacques Higelin a donné ce mardi 9 mars à la Cigale son premier concert d’une série de six. Un spectacle haut en couleur, résolument rock, dans lequel le chanteur a mis tout son cœur. Et que le public a repris en chœur, enchanté. La soirée comme si vous y étiez… comme si tu y es !

 

Un article d’Olivier Quelier

 

« Gourdon, Alpes-Maritimes, dont le donjon culmine à 2 500 pieds du niveau de la mer Méditerranée ». La salle de la Cigale reprend en chœur ce qui aurait dû être le refrain de « Août put ». La chorale de Gourdon n’ayant pu se déplacer (mais personne ne le lui a demandé…) nous voici chargés par Higelin d’entonner avec fraîcheur et gaieté ces paroles mémorables. « C’est fou, dit le maître de chœur ; pris un par un vous chantez incroyablement faux mais tous ensemble, ça marche ! ».

 

Vocalises, répétitions puis on reprend la chanson. Succès assuré pour cette parenthèse ludique, pas la seule de la soirée mais une des plus longues et des plus applaudies. Jacques Higelin est à la Cigale jusqu’au 14 mars. Plus rock, plus joyeux, plus dansant, plus jeune et surtout meilleur que jamais. Deux heures d’un concert porté par des musiciens hors pair et un chanteur qui – désolé si c’est banalité que de le dire – reste une bête de scène.

 

Une reprise aux cuivres d’un morceau de Duke Ellington a ouvert la soirée. Higelin apparaît, sautillant, joyeux pour un premier extrait de son dernier album « Coup de foudre ». Un entraînant rock d’amour. Pause. « Putain c’que c’est fort. Ça va passer mais là je tremble de partout ». Deux chansons plus tard il livre un « Mona Lisa Klaxon » vitaminé et c’est le plancher de la Cigale qui se met à trembler… Il n’arrêtera plus de la soirée.


Higelin offre un de ses meilleurs concerts, très rock, avec de fortes intonations Nouvelle Orleans. Il interprète « Kyrie Eleison » ou « New Orleans », justement, avant un « New-York – Paris, Paris – New-York » qui soulève la foule. Le trio de cuivres est exceptionnel – chacun de ses membres jouera en cours de soirée un solo qui électrisera le public. Puis Higelin enchaîne avec un « Champagne » au piano, avec pour seul accompagnement son vieux complice Mahut aux percus – Mahut qui recevra une véritable ovation en fin de spectacle.

 

« C’est plus de mon âge »

 

Une heure de passée déjà dans ce concert dynamique. Higelin profite : du moment, de la scène, de ses musiciens, du public… Il danse, joue du piano, de la guitare, des maracas. Salue, les bras en croix. Une heure de passée déjà et on a peur que ça finisse trop tôt, trop vite. Mais non, le grand Jacques est en forme et il enchaîne les nouveautés (boostant « Qu’est-ce qui se passe à la caisse ») et les reprises (susurrant un suave et sensuel « Je suis amoureux d’une cigarette »). « Valse MF », « Egéries, Muses et Modèles »… on note au passage que le dernier opus, « Coup de foudre » est un grand cru.

 

La soirée est joyeuse, pétillante, sautillante. A l’image du très attendu « Tête en l’air ». Entre deux digressions galactiques et interstellaires dont Higelin a le secret, juste quelques allusions à la vieillesse (vieux, Higelin, allons donc…). Besoin de récupérer parfois - « Vous allez avoir ma peau, c’est plus de mon âge ces trucs-là » - avant de repartir de plus belle. Allusions aussi à la situation actuelle – mime-minute de Sarko et reprise joyeuse (elle figure aussi sur l’album) d’ « Aujourd’hui la crise ».

 

Mais Jacques Higelin garde le moral et mobilise ses troupes contre les cons, la morosité, tous les bouffeurs de vie et les empêcheurs de danser en rond. Et il le crie le poing levé : « On les aura ! ». Après deux heures de spectacle, Higelin revient en scène pour jouer en rappel « Crocodail » et une version revisitée et magique de « Pars ».

 

On en redemande, mais Higelin est fatigué. « ça fait longtemps que j’ai pas tiré… pas tiré une telle énergie de vous, pour vous. Mais il faut que je tienne six soirs, alors merci ! » Et il se retire, presque à regrets, se dirige vers le côté jardin, se retourne… Un dernier salut du coin de la scène, puis il s’en va.

 

Nous aussi, les mains et les pieds échauffés d’avoir dansé, applaudi, rappelé. Des refrains plein la tête, des images plein les yeux, et surtout le cœur léger, léger…

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 13:33

Le concert du 7 février à la Scène Bastille réunissait trois groupes de rock, dont « Taï Phong ». Créée en 1972, cette formation a notamment accueilli et révélé Jean-Jacques Goldman et Michael Jones. Après plusieurs albums dans les années 1970, le groupe se sépare avant de se reformer en 2000. Des membres du début, ne reste plus que Khanh, l’un des fondateurs de Taï Phong.


Compte-rendu de la soirée par Jean Fred

(blogueur émérite et correspondant attitré du groupe)

 

IMGP6034Qu’est-ce qui ressemble plus à un concert qu’un autre concert ? En fait, pas grand-chose. Il y a un tas de paramètres qui font que l’un ne peut ressembler à l’autre, ou alors il faut tomber sur des « machines » bien huilées comme peuvent l’être les grosses formations. ça n’enlève rien à leur talent, lorsqu’on aime leur musique, mais le côté un peu « artisanal » de la chose se perd.


Alors on est en droit de se poser la question suivante : Qu’est-ce qu’il y a de bien lorsqu’un concert se déroule de façon « artisanale » ? Rien de spécial, si ce n’est l’authenticité qui s’en dégage.

 

Le concert du dimanche 7 février à la Scène Bastille à Paris avait tout de réuni pour qu’il se passe de la sorte. Tout d’abord, un concert partagé par trois groupes, « The Last Embrace », magnifique formation de rock progressif avec une chanteuse digne de celle d’Evanescence, puis « Rosa Luxemburg », qui nous a démontré qu’on pouvait avoir des sensibilités anglo-américaines musicalement parlant et les retranscrire en français. Du bon rock progressif, avec des musiciens de qualité.

 

Dans cette formation joue Pierre qui est du reste un des guitaristes émérites de « Taï Phong ». Car bien sûr, ils sont passés en dernier, comme les stars ! Et comment ne pas penser, à chacun de leur concert, que le fondateur du groupe, toujours debout, toujours la guitare à la main, est celui qui trouva Jean-Jacques Goldman, et qu’on lui doit les plus beaux morceaux de « Taï Phong » ? Ce qui fait plaisir ici, c’est que Pierre a cette voix qui lui permet de monter très haut dans les aigus, sans que ce soit saturé et que ce soit plutôt un cri qu’un chant. Quand j’ai dit un jour qu’il avait su faire oublier Goldman au sein du groupe, ce n’était pas erroné. Et, bien sûr, mûrement entendu…

 

Le son, parlons-en

 

Le son, parlons-en. Un vrai son live, un vrai son qui sonne juste, un son qui enveloppe la salle et restitue la musique telle qu’elle doit l’être. C’était même par moment du son pratiquement « métal », tellement les guitares étaient lourdes, pas dans le sens de l’ennui, bien au contraire, mais dans leur présence. Bien sûr, Khanh et ses éternels problèmes de branchement, mais que serait Khanh si tout était parfait ? Et pourtant il est plus que perfectionniste. Un défaut du staff de la salle, qui en a eu un autre, et de taille : l’éclairage. Certes la scène n’est pas très grande, mais laisser le « maestro » dans le noir pratiquement tout le temps, ce n’est pas trop professionnel !

 

Nous avons retrouvé avec bonheur « Benji » derrière les fûts. Je dis avec bonheur, parce que c’est THE BATTEUR ! Ah oui, ça tape en justesse, fort et bien ! C’est du grand art. Mickael toujours en forme, jouant avec sa guitare comme il joue avec le public. Il leur en donne pour leur argent, et on ne regrette pas parce que c’est fort. J’ai déjà parlé de Pierre et de son groupe « Rosa Luxemburg », mais on peut tout aussi bien en parler avec « Taï Phong », car sa place est bien là également.

 

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Ses guitares il sait ce qu’elles donnent, il sait en tirer ce qu’il veut. Une guitare faut que ça parle, faut que ça donne l’envie d’être à la place, sur scène, de celui qui l’a entre les mains, et pour ça, faut un guitariste qui maîtrise son art, et Pipo (puisque c’est son surnom) le fait à merveille.

Klod et sa basse à 6 cordes. Bon dieu, on croirait un fusil ! Il est toujours armé, tenant son manche comme s’il allait viser. On sait qu’il aime le métal et qu’il évolue au sein de formations qui le pratiquent. On se demande d’ailleurs comment on peut allier métal et rock progressif, et bien demandez à Klod, il vous répondra bien mieux que moi, parce que lui, il sait très bien le faire.

 

Jean-Philippe, ses claviers envoûtants, les notes qui se dispersent pour venir vous caresser les oreilles. On sait l’importance d’un clavier au sein d’une formation, et il sait, lui, nous montrer qu’il est indispensable.

 

Angélique, tout de blanc vêtue

 

IMGP6039Arrive la belle Angélique, tout de blanc vêtue. Une robe vietnamienne tissée, et sa voix. Ce serait un doux euphémisme de dire qu’elle est angélique, sa voix, mais que dire d’autre ? Elle la pose là où il faut, sur les notes qui glissent, sur les envolées « guitaresques », sur une ligne de basse pas évidente, et sous l’égide et l’écoute du maître. Elle sait faire, elle a déjà pratiqué au sein de la formation, mais elle se remet en question à chaque fois, de façon à perfectionner son chant sur des morceaux qui n’ont jamais été évidents à chanter. J’en sais quelque chose, je m’y attarde, et c’est le mot, seul, chez moi !

 

ça peut prêter à sourire lorsque j’appelle Khanh le « maître », mais c’est amical et en plus, je le pense. En fait, dans un groupe, dans une formation musicale, certains ont une âme d’artiste (on l’espère tout au moins) et puis il y a celle qui est au-dessus. ça s’appelle le leader en temps normal, et bien Khanh compose tout. Alors leader, âme, chef, patriarche, je ne sais, mais si « Taï Phong » existe encore aujourd’hui, c’est bien grâce à lui.

 

Comment ne pas l’en remercier ?

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Photos : Jean Fred

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