Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 18:08

Revoici donc Achille Talon, le verbe toujours aussi haut mais le bedon toujours plus bas. « Toujours aussi impétueux ? », se demande in petto l’impétrant (tant il est pénétré de son rôle de lecteur aussi impitoyable qu’impayé (impayable, eût-il aimé croire...). C’est que le temps a passé depuis que Greg a trépassé – 15 ans, déjà, que l’auteur est décédé.

 

L’on craint que la reprise de son personnage par Fabcaro et Serge Carrère (ils ne sont pas les premiers), bien qu’ils ne fussent point des débutants, n’apparût un rien fadasse, voire fabriquée, qu’il manquât de la verve et de la folie dans les phylactères, que les bulles ne devinssent un peu moins pétillantes. 

 

Mais Achille Talon (qui l’eût cru) « est un homme moderne » comme l’annonce le titre de cet album publié chez Dargaud. Il le prouve dans ces pages qui le font entrer de plain-pied dans le vingt-et-unième siècle... de manière assez frontale, reconnaissons-le. 

 

Acheter un ordinateur, corriger les fautes d’orthographe des tagueurs, commander de la junk-food ou envoyer un message électronique (trivialement appelé courriel, voire – ô décadence des sociétés mondialisées – mail) à sa chère et tendre Virgule... chacune de ces expériences oblige notre logorrhéique héros hiératique (répétez ça dix fois très vite, pour voir) à se surpasser, sous le regard toujours myope et malveillant de son voisin. Néfaste Lefuneste. 

 

(Néfaste n’est pas le prénom de Lefuneste – ni une insulte à l’égard de Talon).


 Doutiez-vous que je vous kifasse ?


J’eusse aimé adhérer sans la moindre retenue à ces nouvelles aventures. Et je dois avouer que ma légère réticence, en toute objectivité, relève davantage de la nostalgie frileuse que de la critique argumentée. Rien de grave, juste une petite fêlure dans le trait qui nous fait regretter la figure familière.

 

Achille Talon, grâce à sa bonhomie légendaire et à son imperturbable contentement qui le mettent à l’abri de la honte et du doute, est un héros moderne, voire carrément chanmé, qui se joue des conformismes en jonglant avec droiture des travers de l’époque, imparfait du subjonctif jamais pondéré et goût de la syntaxe prépondérant.

 

Pas sûr qu’Achille gagne de nouveaux lecteurs avec cet album. Il entretiendra néanmoins ses amitiés surannées et lancera, tel un héraut des temps nouveaux, un étonnant message aux générations nouvelles : « Doutiez-vous un instant que je vous kifasse, les jeunes ? ».

 

Olivier QUELIER.

index r2 c3

« Achille Talon est un homme moderne », par Fabcaro et Serge Carrère, d’après Greg. Dargaud, 48p.

Repost 0
Published by Olivier Quelier - dans Critiques BD
commenter cet article
6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 15:20

Du « Charly 9 » du romancier Jean Teulé, adapté en bande dessinée par Richard Guérineau, on pourrait retenir le culot de raconter la vie de ce roi mort très jeune, deux ans après avoir ordonné le massacre de la Saint-Barthélémy : ou la folie débridée que le dessinateur sait rendre avec dynamisme dans ces planches parfois saugrenues, parfois bien léchées ; ou encore le sens de la pédagogie qui nous apprend que l’on doit à Charles IX la tradition du poisson d’avril (en voulant changer la date du début de l’année) ou du muguet du 1er mai – sans oublier toutes les frasques d’un roi pitoyable et fou de culpabilité.

Mais ce qui est intéressant aussi, c’est la vivacité de la langue employée. Langue faite de préciosité bien modernisée et de jurons et insultes plus imagées et inventives les unes que les autres.

On passera ici sous silence les plus vulgaires (« mille pines de tonnerre de Dieu » ou « par la chiasse de la vierge »), pour se consacrer à quelques formules aujourd’hui méconnues ou inusitées.

2138854-9782756033525v-jpg_1868350.jpg

Chapon-maubec

Ma préférée, d’abord : « Chapon-maubec » s’adresse à un poltron à langue de vipère. Un « fot-en-cul » désigne un sodomite. « Crotte et bran » peut paraître redondant dans la formulation puisque le bran désigne d’abord la « partie la plus grossière du son », mais aussi, la matière fécale.

Inutile de donner la définition de « gargouilleuse » et « puterelle », les mots parlent d’eux-mêmes. « Hilh de pute » peut se traduire aisément en « fils de… ».

Le « relaps », terme qui n’a rien de vulgaire en soi, désigne celui qui est retombé dans l’hérésie.

Pour les interjections enfin, aux traditionnelles « mort-dieu » ou « jarnidieu », on peut préférer « palsangué, « vertugoy » et « taguienne » !

« Charly 9 » de Richard Guérineau, d’après le roman de Jean Teulé. Editions Delcourt/Mirages. 128 p. 16, 95 €.

 

Olivier Quelier.

Repost 0
Published by Olivier Quelier - dans Critiques BD
commenter cet article
27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 21:55

le_horla_01.jpg

Guy de Maupassant écrit « Le Horla » en 1887. Ce conte fantastique se présente comme le journal intime d’un homme qui, de mélancolie en cauchemars, pressentant un danger imminent, perçoit la proximité d’un être malfaisant qui va le plonger dans la terreur et la démence.

Le « Horla », c’est ainsi que le narrateur nomme ce fantôme, va prendre un pouvoir grandissant sur lui – à tel point que des deux, l’un n’aura d’autre échappatoire que de disparaître.

Fidèle à l’esprit du romancier, Guillaume Sorel adapte ce récit en bande dessinée. Le narrateur – qui a les traits d’un Maupassant fatigué, bientôt pris de folie – évolue dans une campagne rouennaise tranquille avant de basculer dans un monde d’angoisses et de mystères.

Désespoir et suicide

Les paysages peints dans cet ouvrage sont superbes, les scènes de cauchemars saisissantes. Le lecteur se laisse glisser dans une dimension surnaturelle qui ne lui impose nul choix (délire du narrateur ou existence de créatures maléfiques ?) et l’amène à de magnifiques planches finales.

Guillaume Sorel, auteur de BD et illustrateur, a déjà adapté, aux éditions Casterman, « Les Derniers Jours de Stephan Zweig » avec l’auteur du livre, Laurent Seksik. Autant dire que les thèmes du désespoir et du suicide nourrissent son œuvre et nous offrent des albums riches de vénéneuses beautés.

Olivier QUELIER.

 

« Le Horla » de Guy de Maupassant, adapté en bande dessinée par Guillaume Sorel. Editions Rue de Sèvres. 64p. 15€.

Repost 0
Published by Olivier Quelier - dans Critiques BD
commenter cet article
2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 18:03

histoire_d_hommes_06.jpgC’est un beau récit d’amitié pudique mais généreuse que nous offre Zep avec « Une Histoire d’hommes » (Rue de Sèvres). Loin de Titeuf, loin des « Happy » (« Sex », « Girls », « Rock »…), l’auteur creuse un registre plus intime teinté d’une bande-son des années ‘90 pleine de nostalgie.

 

Dans les premières planches, pourtant, on avait quelques craintes. Un ton comme métallique, des répliques un rien grandiloquentes : « –  Tu veux que je me casse, c’est ça ? – Je veux que tu vives, Yvan. » Mais très vite l’histoire, les personnages se mettent en place.

 

histoire_d_hommes_01.jpgLes personnages : une bande de copains qui se retrouvent chez l’un d’entre eux, Sandro. Sandro est une rock star. Il est le seul du groupe que tous formaient à avoir réussi. Bien sûr, cette réussite a un prix et les retrouvailles à huis clos vont être l’occasion, dans un gigantesque manoir anglais, au détour de flash-back, d’engueulades et de blagues alcoolisées, entre névroses et rancœurs, entre drogues de naguère et amours passagères – ces retrouvailles vont permettre de savoir ce qu’il s’est passé, ce soir de 1995, quand Franck a fait foirer le show…

 

La fin de cette histoire dévoile la beauté sobre de quelques accords de guitare prometteurs. Zep réussit son pari de nous emmener dans un nouvel univers, moins riche de couleurs mais plus intense en amitié et en émotions.

 

Olivier QUELIER.

 

« Une Histoire d’hommes » de Zep. Éditions Rue de Sèvres, 64p. 18€.

Repost 0
Published by Olivier Quelier - dans Critiques BD
commenter cet article
2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 18:01

19659088

 

« True Grit », ce fut d’abord un film de Charles Portis, publié en 1968. Et devenu un classique aux Etats-Unis. Ce western raconte l’histoire d’une jeune fille, Mattie Ross, qui, pour venger la mort de son père, recrute un shérif borgne et alcoolique. Il vient d’être réédité par les éditions du Serpent à plumes.

 

« True Grit », ce fut ensuite un film, réalisé par Henry Hathaway avec John Wayne dans le rôle du shérif Cogburn. Puis un second, en ce moment sur les écrans, réalisé par les frères Coen, avec Jeff Bridges et Matt Damon. Une réinterprétation du roman de Portis plus qu’un remake.

 

Mais « True Grit » c’est aussi une bande dessinée – une BD teaser, certes, mais de qualité – disponible en ligne et téléchargeable ICI.

Repost 0
Published by Olivier Quelier - dans Critiques BD
commenter cet article
7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 14:13

Sa voix est reconnaissable entre toutes. Pierre Bellemare. Il s’inscrit dans l’histoire personnelle de chacun de nous. Soixante ans de carrière et toujours le même sourire, la même jovialité, toujours cette petite étincelle dans le regard de ce grand gamin prêt à vous enchanter par ses récits…

al-hisextra01b.jpg

Radio, télévision, livres : Pierre Bellemare a décliné ses histoires extraordinaires sur de multiples supports. Mais il ne compte pas s’arrêter là. En 2009, pour ses 80 ans, il monte sur scène pour interpréter « Quinze histoires à se tordre » d’Alphonse Allais.

 

Aujourd’hui, il innove encore en se lançant dans une nouvelle aventure : la bande dessinée. Avec le dessinateur Jacky Clech, il signe aux éditions Joker « Histoires extraordinaires », dans la collection « Les grands conteurs ». Cinq histoires vraies, cinq meurtres incroyables mais authentiques.

 

Massouah, sur la côte de l’Erythrée ; Calcutta, Alger, Townsville en Australie ; Nouvelle Guinée occidentale… Bellemare et Clech nous font voyager de par le monde et le temps. A chaque fois, ils nous racontent des histoires où les criminels rivalisent d’imagination pour mener à bien leurs projets. Pas de couteau ni de pistolets dans les cas présentés. Plutôt des « bottes maléfiques », des araignées venimeuses ou des crabes voraces. Voire une maison « hantée ».

 

Le récit comme le dessin sont efficaces. En quelques cases, le lecteur est plongé dans des univers où la vengeance, l’avidité et la bassesse animent des esprits malfaisants. Jacky Clech a su adapter les histoires à l’écriture de la bande dessinée : découpage efficace, personnages hauts en couleur, véritable atmosphère de mystère dans des décors soignés. Le trait est vif, attachant et offre au lecteur une véritable invitation au voyage.

 

Avec ces « Histoires extraordinaires », Bellemare et Clech nous offrent ce plaisir sans cesse renouvelé : plonger dans des récits sordides mais envoûtants et découvrir, à chaque fois, des aventures qui sortent du quotidien.

 

« Histoires extraordinaires » de Pierre Bellemare et Jacky Clech. Editions Joker. Album cartonné, 48p. 13, 50€.


Pour découvrir quelques planches de l’album, c’est ICI.  

Allez visiter le site des éditions Joker.

 

Repost 0
Published by Olivier Quelier - dans Critiques BD
commenter cet article
4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 11:00

Une chronique d'Olivier Quelier


Deni-de-Fuite.jpgC’est une petite fille au pyjama rouge, pieds nus, son doudou à la main. Elle attend, toute seule… Jérôme arrive à son bureau. Elle habite sur le même palier. Son papa n’est plus dans son lit, il est parti pendant qu’elle dormait…

 

Il s’appelle Boulba, il est sculpteur. C’est sa femme de ménage, en passant l’aspirateur, qui le réveille. Il a la gueule de bois, ne se souvient plus de rien. Un coup de téléphone, anonyme, finit de le tirer de son demi-coma : « Tu as vu dans quel état tu as mis ta voiture ? »

 

Rien de commun entre cette fillette de trois ans et l’artiste célèbre et bourru. Sauf que… Jérôme K. Jérôme Bloche, détective aussi privé qu’atypique, va mener l’enquête. Sa seule piste ? Le papa de Caroline est sorti faire une course. Or où trouver en pleine nuit du lait pour le biberon de sa fille, sinon « chez l’arabe du coin » ?

 

Jérôme se rend chez son ami Burhan, l’épicier. Burhan a passé une mauvaise nuit, hanté par le souvenir de ce conducteur qui, après avoir heurté un client sortant du magasin, une bouteille de lait à la main, avait pris la fuite sans même ralentir… Une nouvelle enquête commence, au pied de la butte Montmartre.

 

« Déni de fuite » (Dupuis) est le vingt-et-unième album de la série « Jérôme K. Jérôme Bloche » réalisée par Dodier. Un album de 54 pages à l’intrigue serrée, au dessin précis et attachant. Dodier a su créer, au fil des années, un univers familier. Dans cet album, tous les personnages récurrents sont au rendez-vous : Buhran, Mme Zelda, la concierge…

 

Surtout, depusi 1982, date du premier album, Alain Dodier a créé un véritable héros de bande dessinée. De Humphrey Bogart, dont le portrait orne les murs de son bureau, Jérôme n’a conservé que l’imper et le feutre mou. Pour le reste, le jeune homme tient davantage de Pierre Richard que du détective ténébreux. Quand il veut se remettre d’une émotion, Jérôme avale cul sec un citron pressé. Sans eau. Un dur, un vrai…

 

Distrait, bienveillant, cet ado attardé dans un univers qu’il regarde d’un œil naïf et attristé boit du lait, roule en Solex et essaie tant bien que mal de vivre une relation suivie avec Babette, hôtesse de l’air souvent contrainte de ramener son amoureux sur terre.

 

Les albums de Dodier sont pleins d’un humour léger, d’un récit solide et d’une psychologie raffinée. On est loin des bons sentiments benêts. Dodier nous plonge à chaque fois dans des tranches de vies tragiques ou dérisoires, futiles et dramatiques. A l’image des hommes. La poésie en plus.

 

Dodier, « Déni de fuite », Jérôme K. Jérôme Tome 21, éditions Dupuis, 54 p. 10, 95€.

 

Pour en savoir plus, c'est ICI.

21-4.jpg

Repost 0
Published by Olivier Quelier - dans Critiques BD
commenter cet article
25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 13:59

379979354aae640dd4d77.jpgOn en connaît tous. On les côtoie parfois, toujours on les subit… Ce sont les maniaques, les compliqués, les jamais contents, les mesquins, les donneurs de leçons, les grandes gueules, les amuseurs publics. Les collants, les fringants, les brillants. Les allusifs, les maladifs, les intrusifs. Les complexes, les perplexes… les ex.

 

Bref, toute cette population qui pollue notre quotidien, angoisse nos lendemains et pourrit nos souvenirs. Ceux qui font le monde et qui nous insupporte.

 

Heureusement, les éditions Hoebecke offrent une belle tribune à tous ceux qui veulent crier leur haine de tout ce et de tous ceux qui les agacent, les énervent, les crispent, les fâchent, les irritent… en un mot les emmerdent. Plusieurs auteurs et dessinateurs ont déjà clamé haut et fort qu’ils n’aimaient pas, en vrac, les fumeurs, la chanson française, les people, l’école, la retraite…

 

L’auteur de bandes dessinées Florence Cestac vient de signer un ouvrage intitulé « J’aime pas les gens qui se prennent pour… » Célèbre (voire culte !) pour ses séries Harry Mickson et les Débloks, Cestac s’attaque ici à tous ceux et toutes celles qui lui gâchent la vie…

 

Et la liste est longue :

 

le mec qui se prend pour le mari parfait (jamais macho, qui sort le chien, descend la poubelle, sait être un convive très apprécié) mais qui « au bureau butine l’assistante, la secrétaire ou la stagiaire » ; le père idéal ; l’ado qui se prend pour une bulle de souffrance (« comment je vais pas trop m’épanouir dans cette ambiance de merde ! ») ; la fille qui se prend pour la plus heureuse du monde, la reine de la mode, Nadine de Rothschild ou « the attachée de presse of the stars »…

 

La bignole qui se prend pour la gardienne du temple, désagréable, méfiante, acariâtre et commère… sauf début janvier au moment de ses petites étrennes ; le petit commerçant qui se prend pour Fauchon ; le mec qui se prend pour le roi de la bricole ; le type qui se prend pour un cador, le roi des comique, Indiana Jones, Tabarly ou Popeye (la philo en moins)…

 

L’album, préfacé par un Jean Teulé plein d’ironie, se révèle jubilatoire : quel bonheur de régler ses comptes, de pointer du doigt les travers, les défauts, les mesquineries, les hypocrisies… bref, ce que l’on peut résumer, sans risque de se tromper, en trois mots : « la connerie humaine ».

 

Florence Cestac, « J’aime pas les gens qui se prennent pour… », Hoëbecke, 10, 50€.

Repost 0
Published by Olivier Quelier - dans Critiques BD
commenter cet article
30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 11:45

9782723466127-L.jpgPortés par le talent d’une myriade d’artistes proposant textes et dessins inédits, AIDES et Glénat s’associent pour lutter contre le sida en publiant « Les artistes s’engagent contre le sida ».

 

Comment le dire sans que cela passe pour un cliché : le sida est l’un des fléaux majeurs de notre temps. Celui contre lequel chacun doit apporter sa pierre au mur qui peut-être un jour nous protégera de cette maladie. Ce mur, se construit lentement, grâce aux efforts des chercheurs. Qui ont besoin de moyens, mais aussi d’une évolution des mentalités, afin que parler sida ne soit plus un tabou. C’est à ce double objectif qu’espère concourir cet album.

 

Les auteurs s’engagent, en reversant tous les bénéfices à l'association AIDES et en donnant l’occasion à des artistes et personnages publics, comme Bertrand Delanoë, Etienne Davodeau, Lisa Mandel, Cabu, Plantu et de nombreux autres, de parler de manière juste et souvent poignante de cette maladie née de l’amour.


Un très bel album pour un très beau geste contre la maladie...

 

« Les artistes s’engagent contre le sida », Glénat, collection Hors Collection. 96 pages. 14, 99 €.


image007.jpg

Repost 0
Published by Olivier Quelier - dans Critiques BD
commenter cet article
16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 18:21

albums_happy_sex-couv.jpg

Par Olivier Quelier.


Oh je vous vois venir… Amateurs de gaudriole qui me tendez la perche, voire la verge pour vous faire battre les flancs. Vous vous dites que pour parler de « Happy Sex », le dernier ouvrage de Zep, je vais y aller gaiement dans les gauloiseries, les grivoiseries, dans toutes les cochonneries qu’on va pouvoir se sortir du slip et de ses fantasmes, petites pipes et bondage, triolisme et autre sujets baveux traités par-dessus la jambe en l’air…


Mais quel démon vous habite ? Quelle dure lutte face au (bien)séant vous turlupine ? Car de graveleux, vous ne trouverez point ici. Ce n‘est pas parce que Zep bande dessiné que vous allez, libidineux, branler du chef à la moindre allusion graphique – fût-elle limite porno-graphique !

 

Rien de tout cela dans cette chronique que la morale ne pourra réprouver ni l’Eglise mettre à l’index.

Pour le reste, dans « Happy Sex », des doigts, on s’en met un peu partout. Et pas que des doigts d’ailleurs… Imaginez les dégâts d’un épilateur pris pour un godemichet et planté dans… bon ce n’est pas le fion du problème, mais ça a l’air de faire vachement mal (et pas mâle du tout »). Imaginez l’état d’esprit de cet ado planqué de bonne heure le dimanche matin dans la cabine de douche pour se doucher-toucher peinardement… et obligé de se cacher pendant que ses parents déchaînés jouent une saynète très imaginative sur le dentifrice et ses multiples déclinaisons. Dix ans de suivi psychologique assurés pour ce jeune un brin secoué…

 

Bestiales désillusions

 

Chaque planche est hilarante, croquis des petites mesquineries et des grandes déceptions – quoi que, en matière de déception, c’est surtout la petitesse qui est en cause… Illustrations des fantasmes inavoués, abordés, sabordés. Des désillusions bestiales (l’amant qui, de taureau, termine asticot dans l’esprit de sa partenaire) aux maladresses conjugales lors d’une partie à trois (« comment ça, c’est encore meilleur quand c’est elle qui te suce plutôt que moi, ta femme ? »).


Zep, le père mondialement connu de Titeuf – déjà pas mal branché sur le mode « zizi sexuel » – dessine le portrait de nos contemporains dans le plus simple appareil (même si certains gardent leurs chaussettes). C’est toujours bien senti (si j’ose dire) et tellement drôle visuellement que trop en dire dénaturerait cette talentueuse pénétration dans un quotidien souvent tabou.

 

Il vous reste à découvrir, parmi les plus drôles, cette scène où un père s’étonne que son ado de fils se masturbe devant la photo de son chien Youki, qui sert d’écran de veille à son ordinateur… Où, plus surprenant et hilarant encore, comment la livraison d’un colissimo s’avère radicale pour calmer les ardeurs sado-maso d’un mari un peu trop exigeant sexuellement...

 

Pour voir des planches de l'album, c'est par ICI.

 

« Happy Sex », de Zep. Delcourt, 2009. 14, 21€.

 

Repost 0
Published by Olivier Quelier - dans Critiques BD
commenter cet article