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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 16:20

Un ouvrage de plus sur les œuvres du Musée d’Orsay ? Oui, mais quel ouvrage ! Dans « Orsay mis à nu » (Place des victoires) Louise Bourgoin et Edwart Vignot nous lancent une belle invitation : «  Parcourons le dédale de cette ancienne gare et rhabillons avec nos textes la singularité de ces corps, sages ou brûlants ».


Une chronique d’Olivier Quelier.

 

orsay mis a nu 01

 

Bien sûr, ce n’est pas le premier livre consacré au nu dans les beaux-arts. Bien sûr, ce n’est pas le premier livre dont l’ambition est de mettre en valeur les chefs-d’œuvre d’Orsay. Bien sûr, ce n’est pas le premier (et ce ne sera pas le dernier) « beau livre » à se retrouver, dans quelques mois, dans les librairies des musées ou sur les étals des solderies.

 

Mais ce « Orsay mis à nu » (éditions Place des victoires) a des atouts rares. En plus de la qualité de l’ouvrage et de la beauté des illustrations, il bénéficie de co-auteurs qui conjuguent la séduction et l’érudition, le charme et la compétence.

 

Louise, au regard sensuel

 

Comme il l’avait fait l’an passé, chez le même éditeur, en s’alliant à Jean Rochefort pour parcourir le « Louvre à cheval », l’historien Edwart Vignot a choisi une amatrice curieuse et passionnée pour déshabiller avec lui les œuvres du Musée d’Orsay.

 

Louise Bourgoin (oui, Louise Bourgoin, du Grand Journal naguère, mais tant pis pour ceux qui sont restés sur cette image) porte un regard subtil (tour à tour érotique et poétique, sage et coquin) et ô combien sensuel sur les nus peints, dessinés ou sculptés.

 

La prose de Louise Bourgoin atteint un niveau d’exigence, et d’élégance surtout, qui éduque et séduit le lecteur. A propos d’une « Poseuse debout » de Seurat : « Ses yeux sont faits des mêmes touches que son ombre bleue et notre regard posé sur elle est ébloui par mille coups d’œil. A chaque fois, Edwart Vignot apporte un éclairage historique et technique précis et léger.

 

Le corps a une mémoire

 

orsay mis a nu 02

© Magali Bragard

 

La nudité est très souvent féminine dans ces pages, de Delacroix à Manet, de Courbet (inévitable « Origine du Monde ») à Rodin. Masculine, aussi, dans les sujets plus classiques ou certaines découvertes comme ce « Garçon au chat » de Pierre-Auguste Renoir, « fesses de femme / jambes d’homme / pieds de femmes… ».

 

Parfois, les couples sont nus, chez Bonnard ou Maillol : amants, aimants à corps perdus. Toujours la plume de Louise Bourgoin, suggestive ou langoureuse. Au total, une petite centaine d’œuvres recensées, détaillées, magnifiées.

 

Edwart Vignot (journaliste, collectionneur, spécialiste du XIXe siècle français, de Delacroix et de Géricault) et Louise Bourgoin (amatrice d’art, collectionneuse et dessinatrice) ont réussi leur pari : déshabiller davantage le mystère de ces corps de modèles, habiller un peu plus l’acuité de notre perception. Nous apprendre, en quelque sorte, à regarder à l’œil nu.

 

« Orsay mis à nu » de Louise Bourgoin et Edwart Vignot. Editions Place des victoires. 208 pages. 39.95€.

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Published by Olivier Quelier - dans Beaux-livres
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 17:05

Sagesse.jpgLes photographes Michel Pascal et Djana ont choisi de résider entre Paris et l'Himalaya. Ils naviguent souvent entre la France et le Népal. De leurs périples dans ce pays, ils reviennent avec des clichés inédits de moines bouddhistes, d'enfants du pays, de visages, paysages et lieux mythiques de la culture bouddhiste souvent fermés au public...

 

« Sagesse du Bouddhisme - 209 paroles sacrées de sa Sainteté le Dalaï-Lama »  offre aux lecteurs un voyage spirituel et initiatique au cœur d'un bouddhisme sacré et secret. Les mots du Dalaï-Lama illustrent ces images rapportées d'Inde et du Népal, qui reflètent la diversité du bouddhisme et de ses traditions.

 

Moines bouddhistes à la prière, chants sacrés, danses rituelles... Empreintes de spiritualité, ces photographies révèlent un monde méconnu des Occidentaux, promettant ainsi au lecteur des moments d'émerveillement et de bien-être.

 

« Sagesse du Bouddhisme - 209 paroles sacrées de sa Sainteté le Dalaï-Lama » de Michel Pascal et Djana. Presses du Châtelet. 24, .95€. ISBN : 9782845922914

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Published by Olivier Quelier - dans Beaux-livres
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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 16:13

Sade.jpgEn 1777, de vilaines affaires de débauche conduisent le marquis de Sade alors âgé de 35 ans au donjon de Vincennes. Il ne sortira de captivité qu'en 1790 pour connaître un autre enfermement à l'asile de Charenton.

 

« Le malheur ne m'avilira jamais ». Le paria est reclus mais ne rompt pas. La cinquantaine de lettres réunies par Pierre Leroy révèlent un homme toujours combatif. A sa femme Renée-Pélagie, son seul soutien, l'épistolier enragé de liberté adresse des missives ardentes, souvent féroces, quand elles ne sont pas méprisantes.

 

Passant du tu au vous, il maudit sa belle-mère, la présidente de Montreuil qu'il estime (à juste titre) responsable de ses malheurs, insulte, exige, se plaint, enrage. Jamais pourtant il ne songe à se renier. Depuis sa geôle, le libertin réclame « des livres, des livres, des livres tout de suite au nom de dieu » et des accessoires peu innocents. S'il s'inquiète parfois de son château et s'enquiert de ses enfants, l'essentiel de ses préoccupations visent d'autres objectifs. Car le fameux captif n'abdique pas une once de sa liberté de ton.

 

Sade1.jpgL'emprisonnement ne muselle pas plus ses ardeurs que sa nature indomptable. C'est un homme rendu furieux par l'enfermement qui tour à tour supplie, invective, cajole, confie son désarroi à sa plus fidèle confidente. Entre ses murs, le jeune aristocrate perd son insouciance mais jamais la révolte qui court en lui comme une fièvre. Evoquant ses juges, il prévient. « Vous imaginez faire merveille en me réduisant à une abstinence atroce sur le péché de la chair. Et bien vous vous êtes trompés. Vous avez échauffé ma tête, vous m'avez fait former des fantômes qu'il faudra que je réalise ».

 

La lecture de ces lettres révélatrices d'un esprit tranchant, terriblement lucide, est un pur régal. Qu'il se plaigne qu'on refuse de balayer sa chambre ou de sa santé, jamais sa vivacité n'est prise en défaut. La reproduction des fac-similés témoigne d'une plume galopante qui ne laisse que peu de ratures et encore moins de repentirs.


« 50 lettres du marquis de Sade à sa femme ». Préface de Pierre Leroy, texte de Cécile Guilbert. Flammarion. 256 pages. 50 €.

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Published by Frédérique Bréhaut - dans Beaux-livres
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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 16:06

Pierre Petitfils, son biographe, en convenait. « Rimbaud ne dessinait pas très bien : son outrance naturelle se retrouve dans ses croquis lourdement appuyés ». A l'origine de cet album inédit, Jean-Jacques Lefrère partage cet avis.

16.-Pots-devant-fenetre--Austin-192.4-2.jpg


Une chronique de Frédérique Bréhaut.


Disons-le tout net. Si ces dessins n'étaient pas de la main ou, pour certains, attribués abusivement à l'auteur des « Illuminations », leur intérêt serait médiocre. Moins doué que ses pairs Verlaine ou Hugo dès qu'il s'agit de croquer, Arthur Rimbaud a le geste malhabile. Pourtant, les dessins dont l'authenticité est avérée sont profondément touchants.

 

Le 10 juillet 1891, depuis Marseille, l'homme blessé a renoncé à ses semelles de vent. De son lit d'hôpital où il gît amputé, il adresse une lettre poignante à sa sœur Isabelle, dans laquelle il relate le calvaire des béquilles et de la jambe mécanique. Afin d'être encore plus explicite, Rimbaud au bord de l'abîme crayonne dans la marge ces instruments qui lui sont une torture.

 

L’esprit fantaisiste


Mais comme le souligne Jean-Jacques Lefrère, la qualité esthétique des dessins de Rimbaud demeure secondaire. En revanche, ils offrent de précieux indices sur l'esprit fantaisiste du jeune garçon puis du poète.

L'album est partagé en trois volets. Le premier rassemble les dessins d'une incontestable authenticité. Le second réunit ceux qui figuraient dans l'Atlas de la famille Rimbaud ; la dernière partie est consacrée à divers dessins qui lui sont attribués. L'auteur des « Illuminations » ne s'intéresse guère à la peinture. Fantin-Latour en atteste, disant qu'Arthur au Louvre « s'ennuyait devant les tableaux et préférait regarder dehors ».

Gamin, il croque des scènes maladroites et fantaisistes comme les jeux d'enfants ou les caricatures qui illustrent ses cahiers d'écolier. Plus tard, il s'adonne au décalque d'illustrations choisies dans des périodiques du Second empire.

Entre une scène de traîneau et les illustrations extravagantes d'une lettre à Ernest Delahayes, les dessins d'Arthur Rimbaud dévoilent une personnalité saisie dans l'instant.

 

« Les dessins d'Arthur Rimbaud » par Jean-Jacques Lefrère. Flammarion. 160 pages. 45 €.

 

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 07:29

"De toute ma vie, je n'ai jamais été tué". L'épitaphe magnifique de Doc Holliday, mort de phtisie dans son lit, est l'une des pépites de ce livre épatant, bréviaire des enfances bercées aux exploits de Mandrin, Barbe Noire, Jesse James ou Henri de Monfreid.

 

Une chronique de Frédérique Bréhaut

 

« De toute ma vie, je n'ai jamais été tué ». L'épitaphe magnifique de Doc Holliday, mort de phtisie dans son lit, est l'une des pépites de ce livre épatant, bréviaire des enfances bercées aux exploits de Mandrin, Barbe Noire, Jesse James ou Henri de Monfreid.

 

Utopistes, aventuriers, trafiquants, scélérats, anarchistes, flibustiers, bandits de grands chemins, poètes... Le panthéon des hors-la-loi légendaires selon Laurent Maréchaux est riche de personnalités contrastées. En quarante-cinq portraits, l'écrivain campe des révoltés à jamais happés par les chemins de traverse.

 

Qu'ont-ils de particulier ces hommes (et ces quelques femmes) pour avoir ainsi marqué l'imaginaire collectif? De quelle pâte étaient-ils pétris? Solitaires ou chefs de bande, leurs audaces n'ont d'égal que leurs rêves de gloire et leur soif de liberté. A ces gibiers de potence, les mers, les déserts ou les grandes plaines du Far West ont offert des territoires dignes de leurs aventures... ou de leurs fuites! La geste des forbans a besoin de grands espaces et le mouvement est leur seule patrie.

 

L'imaginaire s'embrase dans la poussière de Dodge City aux côtés de Wyatt Earp ou dans les tavernes de l'île de la Tortue avec Roberts, flibustier flamboyant dont on apprend qu'il était non-fumeur et buveur de thé. Comme quoi, Laurent Maréchaux révère le détail authentique, quitte à écorner la légende.

 

C'est fou ce qu'on découvre à suivre ses héros. Saviez-vous que la Maria Bonita chantée par Lavilliers a épouvanté le Sertao brésilien dans les années trente ou que Gaspard l'idéaliste provençal au cœur d'artichaut tombe, perdu par les femmes ? Les poètes tels Villon ou Rimbaud s'évaporent dans des géographies incertaines quand le gibet ou le plomb finissent par rattraper Mandrin ou le couple Bonnie Parker et Clyde Barrow. Rétifs irréconciables avec la règle commune, ils paient souvent leur liberté au prix fort, touche finale à la stature du héros.

Installez-vous confortablement. « Hors la loi » ne se contente pas d'être un beau livre doté de photographies étonnantes. C'est une formidable galerie traversée par le souffle de la grande aventure, celle qui sent la poudre et la corde.

 

"Hors la loi" par Laurent Maréchaux. Arthaud. 240 pages. 40 €.

 

Le site des éditions Arthaud est ICI.

 

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Published by Frédérique Bréhaut (ML) - dans Beaux-livres
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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 13:03

Capri est considérée comme l’île de tous les plaisirs. Une île authentiquement italienne, avec son digestif local, le limoncello, ses pantalons éponymes, ses bijoux en turquoise et ses sandales parées de bijoux.



Dans un hommage à cette île célébrée par les auteurs classiques comme par les membres de la jet-set, Pamela Fiori évoque, à l’aide de textes pertinents et d’images vibrantes, la légèreté et le charme de cette île mythique. Des Italiens à la peau tannée buvant un café sur une place, des adolescents audacieux explorant les eaux profondes de la grotte Bleue, les célébrités d’hier et d’aujourd’hui se réfugiant dans les clubs et boutiques, d’illustres familles qui ont depuis des générations concouru à l’identité de l’île… La Légende de Capri permet de découvrir de l’intérieur une des destinations touristiques les plus prisées au monde.


Après avoir dirigé pendant quatre années la rédaction de Travel & Leisure (American Express Publishing Corporation), Pamela Fiori a été nommée rédactrice en chef de la revue Town and Country. Elle est l’auteur de Stolen Moments : The Photographs of Ronny Jaques (Glitterati Inc, 2008) et de la préface à Town & Country Toasts for Every Occasion (Hearst Books, 2004).


La Légende de Capri, de Pamela Fiori, éditions Assouline, 100 illustrations, 40€.


(Photo extraite du livre et couverture éd. Assouline)

 

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Published by Olivier Quelier - dans Beaux-livres
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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 07:29

Les fêtes approchent et les livres restent des valeurs sûres pour les idées cadeaux. Les éditions Assouline proposent "Polo, the Nomadic Tribe" ("Polo, la tribu nomade") un superbe album de la photographe Aline Coquelle. Qui, plus qu'un sport, nous fait découvrir un véritable art de vivre.

 

Le polo n’est pas seulement un sport, c’est tout un esprit, un mode de vie, un système de valeurs, une philosophie. Depuis le jour où elle a découvert le polo, la photographe Aline Coquelle a voyagé de par le monde pour rencontrer cette véritable tribu nomade que constituent les joueurs de polo, de l’Angleterre et la France à la Mongolie et au Pakistan, en passant par l’Adriatique, l’Argentine et les États-Unis.

Ses photographies de joueurs, entraîneurs, familles, supporters et chevaux sur et hors les champs de courses révèlent tout un univers, exotique pour les uns et chaleureux pour les autres.

Ce superbe album (écrit en anglais) « Polo, la Tribu nomade » livre le fruit de ses recherches qui célèbrent le courage, la force et la vitesse de ce jeu, l’élégance et l’allure de ses participants, la beauté de ses paysages, et la joie de vivre du monde du polo.


L’AUTEUR

Résidant à Paris, Aline Coquelle a toujours voyagé à travers le monde. Diplômée d’Histoire de l’Art et d’Anthropologie, elle a vécu en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. Durant six ans, elle a réalisé des reportages photographiques sur le polo et a également trouvé le temps d’enquêter sur l’Afrique de l’Est et les ashrams d’Inde. Chez Assouline, elle a déjà publié Le Style Palm Springs et Cartier Polo.

Né en 1975, Adolfo Cambiaso est aujourd’hui considéré comme le meilleur joueur de polo, élu “Meilleur sportif de l’année” en Argentine en 1997 (avec la récompense “Olimpia de Plata”).

 

Polo, la Tribu nomade

Textes et photographies d’Aline Coquelle (préface d’Adolfo Cambiaso) 160 pages, 100 photographies, 100 € (uniquement en langue anglaise). Préface d'Adolfo Cambiaso ; introduction de Patrick Guerrand-Hermès (président de la Fédération internationale du Polo).

 

Le site des éditions Assouline est ICI.

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