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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 14:43

image.gif1846. C’est la ruée vers l’Ouest, la terre promise... La famille Graves est intégrée au convoi des Donner, qui tente un raccourci à travers le Grand Lac salé. Les bêtes deviennent folles de soif. Des migrants perdent leurs chariots, et avec eux tous leurs biens.


Lorsqu’ils atteignent la Sierra Nevada, la neige tombe avec un mois d’avance. Il n’y a pas de gibier. Ils mangent les bœufs, font bouillir le cuir des attelages. Ils mangent les livres, les chiens, les souris qui s’aventurent près du campement. À bout de forces, les pionniers meurent les uns après les autres.

 

Franklin Graves décide d’aller chercher du secours en Californie. Quinze personnes parmi les plus valides, dont ses deux filles, Sarah et Mary Ann, l’accompagnent. Le groupe est appelé Forlorn Hope, la patrouille sacrifiée. Le jour de Noël, un terrible blizzard les enveloppe.


Franklin Graves se sent mourir. Il fait venir ses filles auprès de lui et leur demande l’impensable :  « Mangez-moi… » Il faut braver le plus inviolable des tabous, vivre pour chercher du secours en Californie et sauver ceux qui sont restés près du lac !

 

France Bequette est franco-américaine. Devenue journaliste, elle collabore à plusieurs magazines (Ça m’intéresse, Culture et Communication, Le Courrier de l’Unesco et Géo), pour lesquels elle parcourt le monde. En rencontrant sa famille américaine, elle apprend qu’une de ses aïeules, son arrière-grand-mère Mary Ann Graves, s’est illustrée dans cet épisode célèbre de la conquête de l’Ouest qu’est le convoi Donner (Donner Party). Les membres, pour survivre, ont dû transgresser le tabou du cannibalisme.


France Bequette a consacré plusieurs années à l’écriture de ce témoignage sur l’aventure de la famille Graves.

 

« Ma grand-mère cannibale » de France Bequette, éditions Prisma. 192 pages. 16, 50€. 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 20:49

entre_tes_mains_01.jpgLa vie de Raoul Tubiana, c'est l'essor de la chirurgie de la main à laquelle il a tant contribué. Les désordres du siècle ont transformé une profession en destin, pour le petit garçon né en Algérie, tôt frappé par la disparition d'un frère et d'une mère, qui le rendront encore plus apte à comprendre la douleur physique et morale d'autrui.


A l'école des grands patrons s’est ajoutée celle de la guerre, durant laquelle Raoul Tubiana a rencontré deux fois le général de Gaulle, en Algérie et en Corse.

 

Pendant quinze ans, nuit et jour, il a été au service des grands brûlés.


A Paris, comme à travers le monde, où consultations et conférences l’ont conduit en Amérique et au Mexique notamment, peu sont en mesure de se rappeler qu'au sortir d'une salle d'opération, ce médecin féru d'art et de littérature, avait rendez-vous avec des créateurs tels qu'Audiberti, René Char, Alberto et Diego Giacometti, Zao Wou-ki, ou Tamayo. De singuliers patients...


Peu ont été aussi étroitement liés que Tubiana à Marie Bonaparte, à Coco Chanel, à Dina Vierny, à Louise de Vilmorin et à la découverte de Saint Tropez.


Ce célèbre chirurgien a quitté ses gants pour se consacrer aux mains des musiciens. C’est peut-être à ces derniers qu'il emprunte le phrasé de ses souvenirs, qui sont autant de variations sur le siècle.

 

Entre tes mains - Un chirurgien traverse le siècle, de Raoul Tubiana. Editions France-Empire. 22 €. 296 pages.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 18:20

le_faiseur_d_etoile_01.jpgLe livre

Compagnon du créateur Yves Saint Laurent, Pierre Bergé reste une personnalité nimbée de mystère. Il se veut gardien du temple de François Mitterrand, a lancé la polémique sur le Téléthon, vendu aux enchères une des plus fabuleuses collections d'art du siècle et vient d'accéder à la présidence du conseil de surveillance du Monde.

 

Mais ce fils de militants à la Fédération anarchiste se serait bien vu... écrivain, à l'instar de Jean Giono ou de Jean Cocteau, qu'il admire depuis sa jeunesse et qui deviendront pour lui des amis.

 

Faire exister les autres

 

Personnalité hors du commun, il s'est lancé dans d'innombrables aventures. Rédacteur en chef d'un journal politique à 18 ans, courtier en livres puis en tableaux, directeur de théâtres parisiens, président controversé de l'Opéra Bastille, mécène et artisan de coups financiers, rien ne paraît rassasier ce milliardaire « rebelle » si bien installé dans la République.

 

Il fut aussi l'obstiné chef d'orchestre du succès et de la gloire de Bernard Buffet, puis d'Yves Saint Laurent. Faiseur d'étoiles, il n'aura jamais cessé, pour exister lui-même, de faire exister les autres.

 

Le nouveau copropriétaire du Monde n'a pas signé le livre du siècle comme il l'aurait rêvé, mais il a fait de sa vie un roman qu'il espère bien laisser à la postérité.

 

L'auteur

Chef du service économie du Point jusqu'en 2009, Béatrice Peyrani a été grand reporter au Nouvel Économiste, à L'Expansion, puis au JDD. En 2004, elle a publié « L'Enfer des riches » avec Corinne Tissier aux éditions Albin Michel.

 

« Le Faiseur d’étoiles » de Béatrice Peyrani, éditions Pygmalion. 22 € - 384 pages.

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 19:38

9782268071732-copie-1.gifIls ont été nombreux à écrire sur le rugby – ou simplement à en parler. Françoise Sagan, Francis Cabrel, Jacques Fouroux, Jean-Pierre Rives... Claude Nougaro et Daniel Herrero, Pierre Albaladejo et Serge Blanco. Autant de hérauts de bons mots à coiffer sur le fil les somptueux chroniqueurs de ce sport que sont Antoine Blondin et Denis Lalanne.


Dans son « Petit bêtisier du rugby », le journaliste Alain Gex (cinq Coupes du monde et une trentaine de tournois à son actif, tout de même) ouvre grand les vannes des petites plaisanteries et des belles loufoqueries sorties de cerveaux qui ne tournent pas toujours bien ovale…


Auteur de nombreux ouvrages sur le rugby, Gex connaît le pouvoir facétieux et poétique des mots lorsqu’on en joue avec passion. Ses équipiers jouent des coudes pour marquer les esprits. Et les lecteurs prennent goût à cette galéjade servie sur un plateau. Qu’ils savourent comme il se doit : entre poteaux.

 

« Le Petit Bêtisier du rugby » d’Alain Gex, éditions du Rocher. 9,90€.

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 23:48

Jack Lang vient de publier aux editions du Félin une Lettre au président de la République pleine de panache et de ferveur. L’ancien ministre de l’Education nationale y dénonce le « vandalisme d’Etat » contre l’école. Un beau coup de gueule, plein de ferveur et riche d'arguments.

 

Ce qu’en dit l’éditeur

 

exe vandalismed'etatChiffres et preuves à l’appui, Jack Lang dévoile, dans cette « Lettre au Président de la République », les méthodes cyniques et les conséquences désastreuses de la politique menée depuis 2007 touchant l’Education nationale : une destruction inexorable et massive des emplois, maquillée à grands coups de réformes dont l’amateurisme le dispute à la malhonnêteté.

 

Il met ainsi au jour ce qu’il faut bien nommer un vandalisme d’État.

 

Si sévères qu’en soient les conclusions, sa critique a d’autant plus de force qu’elle privilégie l’analyse objective, loin des facilités de la polémique partisane.

 

C’est d’ailleurs pourquoi il la prolonge par une réflexion de fond sur les problèmes inédits auxquels l’École doit aujourd’hui faire face et les initiatives nouvelles qui pourraient y ré  pondre.

 

Un extrait

 

La médecine de votre gouvernement a infligé à l’École une thérapie aveugle et brutale. Une machine à détruire s’est inexorablement mise en marche, broyant sur son passage les postes et les crédits, démoralisant les enseignants, sacrifiant les enfants, saccageant sans autre but apparent que la démolition même et refusant d’affronter les vrais enjeux sinon pour les noyer par la ruse sous de faux problèmes.

 

Je n’emploie pas le mot de vandalisme au hasard ni par goût de la polémique. Les meilleurs historiens lui ont donné un sens qui traduit fort bien, hélas, la manière que votre gouvernement a adoptée à l’endroit de l’Éducation nationale. Dans son livre intitulé Des grandes invasions à l’an mille (Plon, Paris, 2007), Marc Ferro cite ainsi la lettre que la mère de Frédégaire, un roi «barbare», écrit à son fils : «Si tu veux accomplir un exploit et te faire un nom, détruis tout ce que les autres auront édifié […], car tu ne peux élever un édifice supérieur à celui construit par tes prédécesseurs.»

 

Comme le souligne Marc Ferro, cela revient à dire : « Puisque tu ne pourras jamais égaler l’œuvre de Rome, détruis-la pour triompher par la force du génie qui te manque !»

 

« Pourquoi ce vandalisme d’Etat contre l’école ? » de Jack Lang, éditions du Félin (coll. Les Marches du Temps). 144 p. 14€.

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 21:43

en quete de verite 01Un livre qui fait la lumière, quinze ans après les faits. L'« affaire » des moines de Tibhirine, ses développements récurrents, ses versions contradictoires, la levée du « secret défense », ou les mots du président algérien Bouteflika font que le sujet n'est pas prêt d'être oublié de l'actualité.


Dans un livre remarqué paru en 2001, « Si nous nous taisons : le martyre des moines de Tibhirine », René Guitton s'était intéressé aux circonstances de la mort des moines. Mais son ouvrage était davantage une quête d'ordre spirituelle.


Plusieurs faits ont poussé René Guitton à reprendre son investigation. Motivé par le désir de « savoir » pour rétablir ce qu'il qualifie de « profanation mémorielle », l'auteur a poursuivi ses recherches en France, en Algérie, en Italie, en Suisse, en Belgique et dans le reste de l'Europe et de l'Afrique, auprès d'hommes de l'ombre, de responsables politiques, chef d'État, ministres, services secrets français et algériens, juges, ambassadeurs, de familles des victimes, de responsables du Vatican, des Églises et des communautés religieuses, de généraux, de terroristes repentis ou non repentis.


Grâce à une analyse rigoureuse, documentée, et à la publication d'éléments inédits, le livre s'efforce de faire la lumière sur de très nombreuses zones d'ombre, en apportant une foule de révélations : Pourquoi l'État Français n'a-t-il jamais entrepris d'action judiciaire envers l'État algérien ? Pourquoi a-t-il fallu attendre sept ans (1996-2003) pour qu'une seule famille de moine se constitue partie civile ? Pourquoi a-t-il fallu attendre dix ans (1996-2006) pour qu'un juge français, Jean-Louis Bruguière, diligente une commission rogatoire en Algérie ? Rapport livré ici pour la première fois. Comment les moines sont-ils morts ?

 

L’AUTEUR

René Guitton est éditeur et auteur. Il est membre du réseau d'experts de l'Alliance des Civilisations des Nations Unies. Il est l'auteur notamment de « Lettres à Dieu » (Calmann-Lévy, 2004) ; « Si nous nous taisons : le martyre des moines de Tibhirine » (Calmann-Lévy, 2001, près de 20 000 ventes, Prix Montyon de l'Académie française, Prix Lyautey de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer, Prix Liberté) et de « Ces chrétiens qu'on assassine » (Flammarion, 2009, Prix des Droits de l'homme).

 

« En quête de vérité - Le martyre des moines de Tibhirine » de René Guitton. Editions Calmann-Lévy. 380 pages. 20€.

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 20:29

pizzicato_01.jpgYaël König est écrivain et journaliste littéraire. Premier Prix de Poésie de France à 16 ans, elle se consacre avec passion à la littérature. « Pizzicato », son dixième livre, est son premier polar.

 

L’HISTOIRE

Jean Bertini, célèbre violoniste, est assassiné chez lui, à Nice. Jeune inspecteur, Nathan Godfine participe à l'enquête. Mais l'affaire ne sera jamais résolue. Godfine poursuit sa carrière, profitant de ses deux passions : l'opéra et les femmes. Jusqu'à ce que, quinze ans plus tard, le meurtre du célèbre ténor Isaac Van Jong, une heure avant son entrée en scène, fasse basculer sa vie : certains détails ne sont pas sans rappeler l'affaire Bertini.

 

L'enquête progresse, passant des coulisses feutrées de l'Opéra de Nice aux bas-fonds de la ville, mêlant souteneurs, politiciens, musiciens et prostituées. Jusqu'à ce que de nouveaux meurtres précipitent les choses.

 

Note de l'éditeur

Ce polar emmène son lecteur de Nice à Vérone, et le fait entrer dans les coulisses de l'opéra et les arcanes des luthiers. Il passionnera les amateurs de musique classique.

 

« Pizzicato », de Yaël König. 298 pages. 19 €.

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 12:05

une vie plus loin 05Éric, un jeune cadre satisfait de sa personne, se complaît dans une existence superficielle. Un soir, alors qu'il rentre d'une soirée trop arrosée, il est victime d'un grave accident de voiture. Lorsqu'il se réveille, il découvre qu'il se trouve dans le couloir de la mort, et qu'il va devoir affronter un tribunal constitué de proches décédés avant de pouvoir se réincarner. C'est l'occasion pour lui de se livrer à une profonde introspection et de revenir sur certains événements clés de sa vie.

 

Par le truchement d'une intrigue bien ficelée, façonnant un univers unique, l'auteur, Gracianne Hastoy, atteint une réelle profondeur romanesque.

 

Au fil des pages de ce roman, le lecteur ne peut s'empêcher d'éprouver de l'empathie pour Eric. Derrière une apparente arrogance, celui-ci se révèle fragile et perfectible, à l'image du genre humain. On suit son évolution psychologique et sa confrontation avec ses proches – qui donne lieu à des moments émouvants – et on a hâte de connaître le sort qui lui sera réservé dans sa prochaine vie.

 

Gracianne Hastoy, passionnée par l'Histoire, l'Espagne et les civilisations précolombiennes, est déjà l’auteur d'une dizaine de livres dont « Le Chêne de Guernica ». Avec « Une vie plus loin », elle nous livre un roman plein d’émotion et de sensibilité, bien plus profond que ne laisse croire son écriture simple et légère.

 

« Une vie plus loin » de Gracianne Hastoy, éditions Cogito, 288p. 18€.

 

Le blog du livre est ICI.

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 13:39

Mékekseksa ??? Bonbek ? Bonbek ! Incroyab’… ça ressemble à rien ce truc. Un croisement osé et incertain entre une revue d’art et un livre pour enfants, entre la revue branchouille et tendance et le magazine de jeux pour après-midi pluvieuses.

 

Une chronique d’Olivier Quelier

 

glagla_01.jpg

Bonbek, tu dis…  C’est, selon ses créateurs, « la revue pour enfants qui rend jaloux les parents ». In english, « the magazine for kids that makes parents jealous ». Because Bonbek est bilingue, french-english.  Ça fait classe. Et ça peut être utile. Et surtout, le Chinois, ce serait trop compliqué.

 

Bonbek est un livre élégant, qui tient davantage du magbook trimestriel façon XXI que de Mickey Magazine. Et pas seulement dans la forme. Bonbek se veut décalé, humoristique, poétique. Surréaliste.

 

Bonbek propose « des moments de partage en famille ». Autour de jeux, de lectures et, surtout, de loisirs créatifs : cuisine, déco, dessin, découpage…

 

Bonbek se revendique « inclassable, haut de gamme et artistique ». On pourrait le confondre, à première lecture, avec un catalogue de mode. Ce serait une erreur : Bonbek est un « magazine-objet créateur de tendances ». Du haut de gamme signé par de grands noms de l’illustration, du graphisme, de la photographie et des lettres.

 

Loin du plan-plan et du gnangnan, Bonbek nous offre pour son deuxième numéro – brrr, glagla – un volume tout plein de glace, d’esquimaux, d’ours et de moon boots. De quoi faire fondre les bambins de 5 à 10 ans qui vont découvrir une alliance novatrice du ludique et du pédagogique.

 

Bonbek, volume 2. Hiver 2011, « GlaGla / Brrr ». 15€.

 

Diffusion en librairies, magasins de mode et de jeux enfants, concept store, musées, Relay des aéroports et des gares, sites de e-commerce et sur www.bonbek.fr.

glagla_05.jpg

L’histoire de Tricotman contre Didier, le flamant rose.

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 17:16

La publication du dernier livre d’Alexandre Jardin, « Des gens très bien », a suscité une vive polémique, marquée par des réactions parfois virulentes. Et des critiques d’une violence rare. Petit florilège… et réponse d’Alexandre Jardin, extraite d’une tribune du « Monde ».

 

7650515198_des-gens-tres-bien-d-alexandre-jardin.jpg

C’est l’histoire d’un écrivain médiocre, populaire, à sincérités opportunément successives, qui vit de brader ses fantômes familiaux. (…) L’écrivain s’appelle Alexandre Jardin. Il a 44 ans. Il a écrit des best-sellers : Bille en tête, le Zèbre, Fanfan, etc., adaptations narcissiques, à la naïveté enflée, du pays de Peter Pan. Il publie aujourd’hui Des gens très bien (…) règlement de comptes avec pépé, mais aussi avec papa, qui toujours célébra pépé avec talent. (…)

Il faut du temps pour devenir un mauvais fils. Pour écrire n’importe quoi, il suffit d’oublier. Le revirement de Jardin le petit est douteux, mal ficelé (…). Quel malheur de se venger du talent qui vous manque.

Philippe Lançon, in Pourquoi ça marche ? Libération (13 janvier 2011)

 

Au malaise suscité par cette quête obsessionnelle de culpabilité s'ajoute l'agacement à l'égard d'un style qui oscille entre le dolorisme boursouflé et le mauvais goût. Si l'on veut bien passer sur quelques formules à l'emporte-pièce, telle celle définissant La Guerre à neuf ans, de Pascal Jardin, comme "le recueil de souvenirs iconoclastes d'un vichyste junior", on reste sidéré par l'évocation de Lire et faire lire, une association créée par Alexandre Jardin pour venir en aide aux enfants en difficulté scolaire. "Etourdi de Talmud", Alexandre l'a fondée, affirme-t-il, pour réparer les crimes commis par Jean et dans le but d'"enjuiver la France".

Le Monde.fr

 

Des gens très bien est à la littérature sur l'Occupation ce que La Rafle est au cinéma sur l'Occupation : du pathos, car cet appel d'un fils à son père via son grand-père, deux hommes dont l'amour lui a manqué, n'est au fond qu'un livre pathétique sur Alexandre Jardin.

Pierre Assouline

 

Cracher à la table du dîner familial… ça fait du bien. Il y a un côté Festen dans cette affaire, dans la façon dont tu t’y prends. C’est évidemment injuste pour les tiens, inexacte pour les historiens, bref, tu as déconné. C’est peut-être ça qui me rend ces pages émouvantes, maladroites parfois mais cinglantes aussi. Je me souviens, il y a 20 ans, avoir aussi lu Fanfan ou le Zèbre, tes premiers livres. C’était souvent des histoires de jeunes gens qui refusent de voir la réalité en face, notamment la réalité de l’amour qui part en sucette. Tes personnages étaient les plus grands spécialistes du décor de carton-pâte amoureux, de la cécité sentimentale et de l’invention romanesque. L’enjeu c’était surtout pour eux d’échapper au réel et à la fin de l’amour. Visiblement tu en as fini avec Fanfan et le Zèbre et je trouve que passé 45 ans, ouvrir les yeux à en saigner te va beaucoup mieux même si ça fait chier du monde.

David Abiker (davidabiker.fr)

 

Excessif comme à son habitude, l’auteur du Zèbre et de Fanfan en fait beaucoup dans l’acte de contrition familial, use et abuse d’exclamations d’effroi à chaque découverte ou rencontre désagréable (…) Mieux, il revisite toute sa vie au prisme de cette blessure originelle : sa première petite amie juive ne doit rien au hasard, ses pittoresques romans roses de « fax monnayeur polygraphe » lui ont permis de cacher la nuit et le brouillard jardinesques (…).

L’Express (15 janvier 2011)

 

Ainsi voici [Alexandre Jardin] devenu l’égal de ces personnages des romans de Houellebecq, ces humains invertébrés prêts à tout puisque tout désormais se mesure à l’aune de l’argent et de la « télécélébrité ». Alexandre, dans ce dernier livre, joue avec les brûlures des autres. Il touche le fond. Un Pinocchio de notre temps. Avec un long nez. Rouge vif. Dans une chambre d’enfant.

François Hauter, Le Figaro littéraire (6 janvier 2011)

 

Et qu’on me laisse le droit – comme à tout écrivain – de me battre avec ma mémoire. En affirmant haut et fort que l’accès au vrai passe aussi par la littérature et non par le seul chemin de la démarche historique orthodoxe.

Alexandre Jardin, in Le Monde (8 février 2011)

 

Des gens très bien, par Alexandre Jardin, Grasset, 300 p., 18 euros.

 

Alexandre Jardin : « La France n’est pas guérie de son histoire »

Alexandre Jardin : la face noire du « Nain jaune »

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