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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 11:53

Je me suis rendu compte que les images étaient tout ce que je préférais dans la littérature. Finalement, nous ne lisons que pour voir, et l’on a tort d’opposer si souvent le livre et le cinéma. Les romans sont des films, une suite de « choses vues » collées bout à bout. C’est souvent tout ce que je retiens, lorsque je referme un roman. (…)

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Photo : Léa Crespi/Grasset 

 

Qui a dit que comparaison n’est pas raison ? C’est peut-être vrai, mais l’art est déraisonnable, et je n’admire rien plus que ces trouvailles saugrenues qui nous font regarder les êtres autrement. Dans son nouveau livre, intitulé « Je suis très à cheval sur les principes », l’Américain David Sedaris décrit ainsi sa vieille voisine : « Toute l’attention se portait sur ses lunettes rafistolées au sparadrap, et sur sa mâchoire inférieure, légèrement proéminente, comme un tiroir n’ayant pas été complètement refermé. » (…)

 

On voit bien que les visages humains restent le terrain de jeux préféré des écrivains. Un romancier est un portraitiste. Il n’imprime pas seulement des phrases, mais observe les détails qui définissent des gens. Les mots deviennent des photos.

 

Frédéric Beigbeder, chronique « mauvaise foi » intitulée « La métaphore de la sole » in LIRE, mai 2009.

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Published by Olivier Quelier - dans verbatim
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