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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 18:45

Pour les petits éditeurs, l’annonce a fait l’effet, en plein été, d’une douche froide. Les tarifs de location dont ils bénéficiaient jusqu’à présent pour un stand de 9m2 seront désormais réservés aux primo-exposants. Conséquence : le prix pour un stand semblable au prochain Salon du livre de Paris subit une hausse de… 115%.

Une situation inacceptable pour ces petits éditeurs dont la passion, l’engagement et la volonté ne suffisent pas à alimenter les caisses… Pas suffisamment, en tout cas, pour se permettre de telles dépenses. Valérie Millet, la directrice des excellentes édtions du Sonneur, a décidé de réagir en invitant ses confrères à envoyer une lettre à Serge Eyrolles, président du SNE, le Syndicat National de l’édition.

Près de 70 éditeurs de toute la France (lire ici) se sont associés à la signature de la lettre dont de larges extraits sont reproduits ci-dessous.

Ce vendredi 30 octobre, Valérie a annoncé que le SNE a répondu au courrier. Une rencontre est prévue la semaine prochaine.

On suivra l’affaire de très près !

 

 

« Monsieur le Président,

Nous tenons, collectivement, à vous alerter sur l’orientation que semble prendre l’édition 2010 du Salon du Livre de Paris.

Depuis des années, le tarif « Trampoline », réservé aux éditeurs réalisant moins de 300 000 euros de chiffre d’affaires, leur permettait de disposer d’un stand de 9 m2 tout équipé pour la somme de 2 000 euros HT (…).

Au milieu du mois d’août, Reed, le concessionnaire du salon, a fait parvenir aux éditeurs sa proposition commerciale pour 2010. Et là, stupeur (mais stupeur étouffée par la chaleur estivale) : le tarif « Trampoline » est désormais exclusivement réservé aux primo exposants. Pour pouvoir bénéficier d’un stand équivalent, un petit éditeur ayant déjà participé au Salon devra dorénavant débourser plus de 4 300 euros HT, si l’on intègre au tarif de base toutes les « options » – obligatoires (assurance, inscription, compteur électrique, etc.).

Lundi 7 septembre 2009 (…) M. Morisset, le commissaire du Salon, nous a expliqué qu’il avait décidé « d’accompagner davantage la petite édition » et que la suppression du tarif « Trampoline » pour les éditeurs ayant déjà exposé visait à simplifier l’offre commerciale.

Pourquoi cette augmentation de 115 % ? Nulle réponse ne nous a été apportée. Pourtant, il apparaît évident qu’en doublant le tarif des « petits » stands (il est à noter que le tarif des autres n’a, lui, pas évolué), le Salon du Livre risque très vite de se délester des petits éditeurs incapables de suivre cette inflation.

Lundi 20 septembre, Reed a mis au point une nouvelle grille tarifaire destinée aux petits éditeurs, en proposant le stand de 9 m2 à 3 519 €, ce qui « limite » la hausse à 1 519 €.

Cette majoration, de 75 % tout de même, nous semble bien éloignée de la volonté annoncée par le commissaire du Salon d’« accompagner davantage la petite édition ».

Inutile de rappeler que le Salon du Livre est pour tous les éditeurs – petits et gros – le moyen de nouer de nouveaux contacts avec lecteurs, libraires, bibliothécaires, journalistes…

Nous souhaiterions connaître votre position sur cette augmentation et savoir qui en est l’initiateur. Est-ce le SNE, propriétaire du Salon, ou bien votre prestataire Reed ?

Depuis quelque temps se murmure que certains aimeraient voir le Salon retrouver le cadre prestigieux du Grand Palais. Hélas, le mètre carré y est plus rare qu’à la Porte de Versailles et tout le monde ne pourra être de la fête, comme vous le confirmiez dans un entretien à Livres Hebdo en février 2009 en affirmant : « Si on retire les stands marginaux, on peut peut-être y tenir. »

Devons-nous en déduire que nous sommes ces « marginaux » qu’il faut commencer à éloigner ? (…)

mardi 6 octobre 2009

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Published by Olivier Quelier - dans Edition
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commentaires

jfred 31/10/2009 19:10


serait ce dû à la crise ou à d'autres manoeuvres moins belles à montrer?