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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 14:26

Le Poulpe est de retour. Grâce à Stéphane Pajot et son « Aztèques freaks », il jette l’encre Passage Pommeraye.

Une chronique de Frédérique Bréhaut

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Baptisé par Jean-Bernard Pouy sur l’autel de « La petite écuyère a cafté », le Poulpe s’est paré depuis bientôt vingt ans des plumes les plus reluisantes du roman noir. Dans le sillage des Raynal, Daeninckx, Pelletier, Mesplède et autres Slocombe, Stéphane Pajot rejoint le club des chroniqueurs de la vie mouvementée de Gabriel Lecouvreur, alias Le Poulpe, en référence à ses longs bras.

Le Poulpe, c’est du San Antonio assagi chez Simenon, du polar un poil canaille mitonné à l’ancienne. Chaque auteur jure fidélité à la personnalité du héros, sorte de vengeur démasqué, anar des enquêtes menées sur les bordures et amateur de jeux de mots tirés par les tentacules.

Avec « Aztèques Freaks », Stéphane Pajot ne déroge pas aux règles de la collection. Notre confrère de Presse-Océan entraîne le Poulpe loin de sa base parisienne, un rade du XIe arrondissement baptisé "Le Pied de porc à la Sainte Scholasse".

Phénomènes de foire

Au bout de la ligne TGV, Nantes, son jardin botanique et son Passage Pommeraye où pendouille un étrange nain emmailloté. Or un Lilliputien mexicain peut en cacher d’autres, surtout lorsque l’Olympic Circus fait escale dans les parages. Spécialisé dans les freaks, phénomènes de foire qui firent jadis la gloire de Barnum, l’Olympic Circus voit sa belle collection de "curiosités" s’amenuiser quand l’avaleur de grenouilles disparaît à son tour.

Entre Wanda la vénéneuse charmeuse de serpents, une femme à barbe, les inévitables siamoises, l’homme élastique et l’Empailleur State Building, Gabriel Lecouvreur apprivoise l’étrangeté au détour des entresorts, ces cabanes où s’exhibent les humaines anomalies.

La Cité des Ducs est pleine de ressources. Presse Océan en témoigne grâce à Trigo, son fait-diversier. « Le localier n’y allait pas avec le dos de la PQR » s’alarme le Poulpe qui n’est pas au bout de ses surprises. Enfin, entre deux cadavres, loin de Cheryl sa rose shampouineuse, il noie sa mélancolie dans des bocks de bières aux origines improbables.

Voilà un Poulpe attendri à souhait pour attaquer l’année.

« Aztèques freaks » de Stéphane Pajot. Baleine. 215 pages. 8 €.

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Published by Frédérique Bréhaut - dans Critique littéraire
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