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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 14:49

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Serge Joncour  2012 / David Ignaszewski

 

Les lecteurs du Maine Libre ont décerné leur prix à son roman. De bon augure? Toujours est-il que « L'écrivain national » (éditions Flammarion) est en lice pour le prix Renaudot. 

 

Ce roman est-il né de l’envie de parler d’une vie d’écrivain ?

Du moins du rôle de l’écrivain dans la société. À force d’aller dans les librairies, les salons, ou là où on m’invite, je m’aperçois qu’un écrivain devient vite un confident. On a lu ses livres, ce qui donne une idée assez précise de sa structure mentale. Même sans le connaître vraiment, une certaine intimité s’installe. C’est ainsi qu’il devient vite le réceptacle d’histoires qu’on lui raconte.

Votre héros, un écrivain qui s’appelle Serge, a le don d’observer les choses un peu en biais…

Il ne se sent pas complètement à sa place. Je suis pareil. Quand on se retrouve à passer un certain temps dans une ville de 2 000 habitants qu’on ne connaît pas, on n’a pas les repères habituels. On devient visible auprès des habitants et soi-même, on voit tout.

 

Par exemple les affrontements autour d’un projet industriel…

Dès qu’un écrivain arrive quelque part, on attend quelque chose de lui : un texte élogieux sur la commune, une prise de position... Cette situation particulière ne met pas à l’aise. Face aux enjeux locaux, ici la construction d'une usine qui offre le paradoxe de proposer une énergie écologique tout en coupant les arbres de de la forêt, chacun sort du bois. Les jeunes installés en lisière du village, les « néoruraux » suscitent aussi la méfiance. Ces jeunes qui choisissent la campagne parce que la vie y est moins chère ne sont pas toujours bien acceptés.

 

Votre livre aurait pu s’intituler « L’amour et la forêt »…

(Rires). Ma forêt est un monde à la frontière entre le conte pour enfant et un milieu hostile. Les grands bois sont comme la mer. Il faut maîtriser les codes. Je suis fasciné par les forêts profondes, avec leurs zones d’ombre où l’on peut se perdre. Quant à l’amour, Serge vit une histoire insolite. Dora est comme la forêt : très attirante et en même temps on peut s’y perdre.

 

La vie de Serge, écrivain nomade, ressemble-t-elle à la vôtre ?

J’ai besoin de bouger tout le temps. J’adopte la phrase de Colette : « Il suffit qu’une porte soit ouverte pour qu’on me cherche partout ». Quand je suis à Paris, je me sens assigné à résidence. En fait, je n’aime pas la ville. C’est pour ça que je m’y retranche pour écrire.

 

 

Propos recueillis par Frédérique Bréhaut.

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Published by Frédérique Bréhaut - dans Critique littéraire
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