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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 08:45

Le sommaire, déjà, résonne comme une chanson : Paris l’histoire, Paris les montagnes, Paris les rues, Paris les jardins, Paris la Seine, les ponts, les canaux, Paris le métro, Paris le vent… C’est un tour de la capitale en quatre-vingts poèmes que propose Jacques Jouet dans cette anthologie « à l’usage des flâneurs » publiée aux éditions Parigramme.

 

« Poèmes de Paris » est un petit ouvrage souple et léger comme un baluchon de rimailleur oublié. Aussi indispensable pour se balader dans la ville et se perdre aux pas des femmes que pour la bailler belle à tous les grise-mine, pisse-froid et autres faces de Carême. Le livre n’est ni triste ni gai, ni ode radieuse ni  sévère diatribe… Il respire l’humeur de Paris, ses rires et ses merdes, ses filles de  peine et ses hommes en joie.

Sur le canal Saint-Martin glisse,

Lisse et peinte comme un joujou

Une péniche en acajou

(Paul-Jean Toulet, 1920)

 

Au hasard des rues et des ruelles, des impasses et des venelles, le lecteur croise Jules Laforgue et Guillaume Apollinaire, Marot, Boileau, Baudelaire, Tardieu, Rimbaud et Pierre-Jean Jouve. Quelques poètes tiennent le haut du pavé, qui plus que d’autres ont droit de cité : Verlaine, Hugo, Tristan Corbière, François Villon.

Prévert est là aussi…

La Seine a de la chance

Elle n’a pas de souci

Elle se la coule douce

Le jour comme la nuit

 

Et Raymond Queneau, et Boris Vian…

Dans l’métro ça y sent mauvais

Et on n’a l’y droit d’y rien faire…

 

Le lecteur est promené par Mont(parnasse) et par Vau(girard), de-ci la Seine de-là l’Ourcq, ses semelles raclant le bitume, jouant à rase-mots dans le Paris de jadis et naguère, Paris rêvé ou Paris honni… Tiens, il flotte sur mon cœur mais la ville ne coule pas… Jouet le dit dans sa courte mais lumineuse préface : les poètes sont chez eux dans la capitale, « qu’ils la détestent ou qu’ils l’aiment. Ce ne sont pas des tièdes ».

 

Dedans Paris, ville jolie,

Un jour passant mélancolie

Je pris alliance nouvelle

À la plus gaie demoiselle

Qui soit d’ici en Italie

(Clément Marot)

 

Jouet l’écrit : « Depuis Baudelaire, la poésie aime la grande ville de façon explicite, elle le clame, elle le revendique ». Elle dispose grâce à Parigramme d’une tribune à son image : humble et éternelle, faite de chair et de sang, de bric et de broc, de mals et de mots. Un ptit truc qu’on trimballe dans la poche. Un ptit truc qui vous fait comme un joli serin dans la tête, tout en rimes, qu’on frime ou qu’on trime. Un truc qui vous transporte et vous emmène… « Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? »

 

 

Poèmes de Paris, une anthologie à l’usage des flâneurs, composée par Jacques Jouet, éditions Parigramme, 9€.

 

Site : www.parigramme.com

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Published by Olivier Quelier - dans Critique littéraire
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commentaires

Arielle 05/11/2009 22:26


Ca m'intéresse beaucoup !
bonne soirée
arielle