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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 20:32

Par chance, les écrivains ne meurent jamais. Patrick Cauvin, disparu en août 2010, laisse quelques tiroirs emplis de manuscrits. Les éditions du Masque publient l’un d’eux, « Frangins », un polar rugueux, nerveux, digne des meilleurs Klotz (le vrai nom de l’auteur).

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C’est l’histoire de deux frères. L’un est flic, l’autre voyou. Un tandem classique du polar. Mais avec Patrick Cauvin, aucun roman n’est aussi classique qu’il y paraît.

 

La preuve avec « Frangins » (éditions Le Masque), diptyque musclé et hargneux qui s’impose comme l’un de ses meilleurs livres, dans la lignée de « Darakan », « Jungle », « Killer Kid », romans noirs signés de son vrai nom, Klotz.

 

L’avantage du texte de quatrième de couverture, c’est qu’il ne dévoile rien des intrigues. « Des » intrigues, car le livre raconte deux histoires, presque indépendantes, la dernière aventure de chacun des frangins.

 

Whisky

 

Le flic a passé l’âge des problèmes de cœur, pas des problèmes de santé. Il noie ses crises trop douloureuses dans les souvenirs frelatés et les rasades de vieux whisky. Chef de la discrète cellule PP (Politique et People), il plonge dans les eaux troubles de tout ce que les planqués, les politisés et les friqués peuvent imaginer comme coups tordus. C’est dire s’il ne chôme pas.

 

Sa dernière affaire aura raison de lui. Par lassitude. Par dégoût. Il quittera son boulot et se retirera dans cette vieille bâtisse qu’il n’a jamais vraiment restaurée, à Bléziers.

 

Vodka

 

Son frère est un voyou à l’ancienne, colosse bourré d’honneur et d’alcool, qui lève le coude par amour de la vodka et soulève de la fonte pour se vider l’esprit – une sale habitude prise en taule. Il       a raccroché mais un vieil ami, Max, vient lui proposer un dernier coup…

 

Les héros de Cauvin sont trop usés pour avoir d’inutiles regrets. Comme l’auteur, qui signe un roman nerveux et tendu, ils vont à l’essentiel, dans un style âpre et rageur.

 

Leur corps les lâche, leur entourage meurt et les galipettes en tout genre sont rangées au rayon Souvenirs. Alors quand vient l’automne, tous deux se retrouvent à Bléziers et s’installent dans la vieille maison, histoire de ne pas finir seul, histoire de partager quelques derniers verres. Et quelques hivers.

 

Olivier QUELIER.

 

« Frangins » de Patrick Cauvin. éditions du Masque. 6,80€.

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Published by Olivier Quelier - dans Klotz-Cauvin
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