Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 17:21

Une chronique d'Olivier Quelier

pangee 01

Ma boulangère, qui est une lectrice assidue et passionnée, en rit encore. Depuis qu’elle a découvert « Pangée » (d’Alexandre Grondeau) mes différents prêts, pourtant organisés avec attention en fonction de ses goûts et de ses attentes – il faut dire que l’enjeu est d’importance : une forme de troc mis en place depuis plusieurs années me vaut en retour diverses viennoiseries qui égaient mes petits déjeuners du week-end et quelques pâtisseries classiques dont la confection artisanale comble mes papilles gourmandes – en particulier le Paris-Brest et la tarte aux fraises dont elle (la boulangère) craint (à tort) que je ne me lasse un jour (hypothèse fort peu probable comme semblent pouvoir en attester mes déjà nombreuses années de dégustation au moins hebdomadaire) – goûts qui se portent en priorité sur le mystère et l’histoire, sans empêcher un certain éclectisme qui ne tolère cependant pas les romans policiers et moins encore les thrillers et toute littérature gorgée de sang et de meurtres – depuis « Pangée », donc, les comparaisons de ma boulangère se font à l’aune de ce bouquin qui n’avait pas aiguisé, à première vue, mon appétit littéraire mais lui a offert des crises de rire et une bonne humeur dont je profite à chaque visite dans son commerce, sis dans la rue du même nom, à quelques centaines de mètres de chez moi.

 

J’ai donc lu, en confiance. Et j’ai ri. Il faut toujours faire confiance à sa boulangère…


Pangée, 30 ans, n'aime pas la religion. Il moque les croyants, leur foi, leurs rituels et déteste plus que tout les Églises et leurs clergés. Il décède et se retrouve, à sa grande surprise, admis au Paradis, où il débute une série d'incroyables découvertes.

 

Imaginez plutôt un jardin d'Eden que l'on a oublié d'entretenir depuis des millénaires, des anges qui s'enivrent pour oublier leur asexualité, une absence totale d'autres élus avec qui partager l'éternité, l'incroyable réalité de l'enfer et un Créateur qui ne veut plus s'occuper de l'humanité.

 

Pangée refuse son sort quand il apprend qu'il est le premier à être admis depuis plus de deux mille ans et qu'il n'y a Ici-Haut ni femmes, ni compagnons, personne à qui confier ses espoirs de vie éternelle. Allant de surprise en surprise, il entame une longue quête et réalise qu'il ne pourra compter que sur lui-même, que Dieu existe ou non.

 

Dieu, sans ménagement

 

Selon l’éditeur, « les romans sur Dieu sont rares, surtout quand ils l'évoquent avec humour, férocité et subtilité. A l'heure où la liberté d'expression française fait face aux menaces grandissantes d'intégrismes religieux de tous bords, Pangée s'attaque à la question de Dieu sans ménagement ».

 

Maître de Conférences, géographe à l'Université Aix-Marseille, globe-trotter, Alexandre Grondeau écrit depuis son plus jeune âge. Inspiré par Georges Orwell, Louis-Ferdinand Céline, José Saramago, Isaac Asimov ou encore Jim Harrison, il est passionné par les mouvements underground et par la contre-culture. Depuis plus de 10 ans, il est par ailleurs critique musical, spécialiste des musiques jamaïcaines et DJ.

 

« Pangée » d’Alexandre Grondeau. La Lune sur le Toit Editions. 18 €. 352 p.

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier Quelier - dans Critique littéraire
commenter cet article

commentaires