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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 16:22

Michka Assayas est critique de rock et écrivain (il a obtenu en 2002 le prix des Deux-Magots pour « Exhibition »). Dans « Apprendre en public », un article publié il y a peu dans Libération, il revient sur ses débuts en journalisme. Pas tendre avec les écoles et leurs enseignants, mais révélateur d’une époque révolue.

 

images-copie-4.jpg« Ceux qui ont eu la chance d’écrire alors [dans les années 1980, NdA] dans Libération savent qu’ils ont eu le privilège de faire leur apprentissage en public.

 

En 2014, quel jeune homme de vingt et un ans pourrait débarquer dans la rédaction d’un grand quotidien national et y faire publier, tel quel, son papier ?

 

Il lui faut d’abord envoyer un CV. Puis patienter des semaines, voire des mois.

 

Et s’il n’est pas passé entre les mains d’une armée de Diafoirus enseignant le « journalisme professionnel » (entendez le « formatage »), ce n’est même pas la peine d’essayer.

 

Avant même d’avoir poussé son premier cri, un apprenti journaliste ou critique est censé être un « professionnel ». On ne lui accorde aucune confiance en tant qu’individu. On le juge simplement sur son aptitude à appliquer des codes et des techniques.

 

Si Cavanna, Jean-François Bizot, Philippe Paringaux, Serge July ou Christian Fevret étaient passés par de tels laminoirs, auraient-ils crééCharlie Hebdo, Actuel, Rock & Folk, Libération ou Les Inrockuptibles ?

 

A coup sûr, jamais. »

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Published by Olivier Quelier - dans verbatim
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