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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 18:26

Quand Marianne se fend d’un article (quatre petites pages, quand même) sur « les justiciers de l’orthographe », ce n’est pas pour voir dans cette préoccupation de sauvegarde de la langue une salutaire mission face à une déliquescence qui ne peut ni ne doit nous laisser indifférents.

 

Le maintien d’une langue de bonne tenue (qui n’est pas hermétique aux évolutions, de la vie, de la rue, de la science) ; le refus d’un laxisme croissant dans la presse et l’édition qui, faute de secrétaires de rédaction ou de correcteurs, se satisfont d’une qualité approximative et d’une relecture aléatoire ; l’ambition d’enseigner aux plus jeunes, d’apprendre ou de réapprendre aux moins jeunes les règles, les exigences mais aussi les beautés et les subtilités d’une grammaire et d’une syntaxe porteuses de sens — en un mot l’expression d’un amour du français qui ne se veut ni nationaliste ni passéiste semble prêter à sourire chez les rédacteurs de ce dossier de « société ».

 

Déficience

 

Inutile de revenir sur l’article en lui-même : ceux qui s’intéressent à la question — et ils sont nombreux — n’y apprendront rien et retrouveront comme interlocuteurs les mêmes sempiternelles figures (Pruvost, Pivot, Orsenna, le Projet Voltaire et Bescherelle ta mère)… Mais étudier de plus près le registre de langue employé à propos de ces défenseurs du français qui – tiens donc – « sévissent », est édifiant.

 

On nous « serine », depuis des lustres, que le niveau diminue. Les « justiciers autoproclamés » prennent sur internet le relais de ce maudit « on » et « s’arroge[nt] le droit » de corriger les autres. Pire, quelques « extrémistes de l’orthographe » se sont déchaînés pour ne relever QUE « huit malheureuses fautes » dans le livre de Valérie Trierweiler…

 

Tous constituent une belle galerie de « justiciers agaçants, pinailleurs, caustiques ou pédagos » qualifiés malgré tout d’« indispensables vigies ».

 

On passera sur « le nazi de la grammaire », surnom dont on affublerait le « prétentieux », cet « esthète pinailleur » [les auteurs ne sont pas avares de répétitions…] qui traque les erreurs « avec une délectation perverse ».

 

Défiance

 

Je m’aperçois en rédigeant ces lignes que relever les clichés négatifs et répétés qualifiant les défenseurs de la langue reviendrait à recopier un article qui, sous couvert d’humour, déroule un propos sans imagination ni finesse.

 

Une liste suffira donc à livrer la (non) substantifique moelle de ce papier reposant sur deux registres de langue, le combat et l’hystérique, harmonieusement couplés pour décrire le combat des hystériques pour « sauver » le français : croisade, ricanant, prétentieux, crâneur, bouter, tailler en pièces, traquer, fait d’armes, péremptoire emmerdeur, ayatollah…

 

Espérons que tous ces « justiciers » présentés comme bien belliqueux, feront un jour l’objet d’un article qui leur rendra davantage hommage, mettant en lumière des amoureux d’une langue, parfois puristes, souvent pointilleux mais toujours plus proches du chevalier blanc que de la caricature ringarde et moqueuse dont Marianne les a affublés.

 images-copie-6.jpg

 

Olivier QUELIER.

 

PS : dans son supplément du 24/10, le Monde des Livres a consacré une page aux « toqués » de l'orthographe dansun article plus juste et plus équilibré. Nous voilà rassurés...

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Published by Olivier Quelier - dans Actualités
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