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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 11:19

De la difficulté d’être père, revue et illustrée par Pacco, bédéaste inventif et iconoclaste qui signe son premier ouvrage chez Marabulle, nouvelle collection de BD lancée par les éditions Marabout. « Maé saison 1 » est une bande dessinée, aussi drôle que tendre, qui se joue des genres, des clichés et de la bien-pensance de l’époque. Illustration en images… ou presque !

 

 

Elle s’appelle Maé, il s’appelle Pacco. Elle a 4 ans, lui un peu plus. L’âge d’être un papa sérieux, attentif, responsable et… Bon, c’est sûr que le voir comme ça, affalé sur son fauteuil en tee-shirt et chaussettes, jouant à la « DS », le lecteur est en droit de s’interroger.

Pacco est papa, donc, et dessinateur. Un dessinateur bourré d’humour et d’affection qui, dans « Maé saison 1 » (Marabulle) décrit le quotidien de ses relations avec sa « zolie fée ». Non pas un album BD mais un bel ouvrage au format de roman, dans lequel Pacco se joue des formes, casse les cases et explosent les bulles.

En quelques dizaines de planches et trente-deux leçons, Pacco nous livre - ou plus exactement, tente de livrer - « toutes les clés pour une éducation réussie ». Exemple avec la leçon n°19 « Se préparer à de grands moments de solitude » : dans les toilettes, Maé découvre que son papa n’a pas baissé la lunette des WC. Exclamation dépitée de la petite, qui se tape le front : « Ah naaan,  Papa, il a encore pas baissé le truc !!! » Et Pacco, juste derrière, qui lance à sa femme : « Attends Stéééé, c’est pas possible, c’est toi qui lui as dit de dire ça !!! ».

Chaque page est une petite merveille de drôlerie, pleine de petites mesquinerie et de gros câlins, de petites vengeances et de gros bisous, de petites bêtises et de grosses colères. De petits et de gros bonheurs et, surtout, surtout d’un amour sans faille.

 

Cacahuète poilue

 

Pacco, sous ses dehors d’ado attardé qui contraint sa fille à veiller jusqu’à une heure du matin pour lui faire passer l’envie de jouer à la « griffe du tigre » au réveil, résiste difficilement à la tentation de pousser la balançoire un peu trop fort, se dit en l’entendant chanter « Je lis ici que le père de Christina Aguilera l’a abandonnée à 6 ans… moi, je ne tiendrai pas si longtemps !!! » et se venge doucement en voyant sa gamine travestie en poupée par sa mamy – Pacco, donc, est un bloc de pure tendresse.

Ancien publicitaire, bédéaste déjà remarqué pour son « Fucking Karma » déjanté, il signe, grâce à sa « petite peste aux yeux bleus » très en avance pour son âge, un manuel d’éducation à l’usage des pères, pas faux-jeton pour un sou, qui oublie les grands mots et les belles manières pour être tout simplement juste et vrai.

La saison 1 est drôle : « Ze sais dessiner, dit Maé, une cacahuète poilue qui crie et qui pue » (« C’est génétique »). Et souvent hilarante : sous la douche, la petite aperçoit « un gros serpent entre les zambes à papa ». Elle est armée de la brosse à se frotter le dos. La planche suivante est intitulée… cri primal : « Maman ayééé ! il est mort, le vilain serpent !!! »

(article paru initialement sur culturecie.com)

 

Pacco sera en dédicace le 21 novembre à Nantes à la Fnac de 15h à 18h.

Le blog de Pacco, c'est par ICI

 

« Maé saison 1 », éditions Marabulle, 2009, 128p, 9, 90€.

« Maé saison 2 », éditions Marabulle, 2009, 144p, 9,90€.

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Published by Olivier Quelier - dans Critiques BD
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