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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 16:35

Le romancier Marco Koskas, qui vient de publier l’excellent polar « Aline, pour qu’elle revienne » chez Baleine, s’est offert un plaisir. Une soirée de lecture, comme au pays, là-bas, en Tunisie, d’un de ses romans publié en 1993, « J’ai pas fermé l’œil de l’été » (Julliard). La salle de la rue Broca n’était pas pleine. Mais les rires fusaient, et les sourires, et les souvenirs. Minga ! On était jeunes, il faisait chaud…

 

C’est une savoureuse galerie de portraits, mais pas seulement.

Dans les mots, dans la bouche de Marco Koskas, les personnages prennent vie, prennent corps dans la Tunisie des années 1960. Tata Dédée qu’avait pas la langue dans sa poche, et pas son pareil pour rédiger les condoléances. Un roi mourait, elle prenait le stylo pour écrire à la reine-veuve. Et puis Bébert et oncle Ernest, Angèle et Charlie Kakou qui jurait devant le tribunal ne pas avoir dit « merde » au policeman puisqu’il le connaissait même pas ce mot, merde.

 

C’est des histoires de familles, mais pas seulement.

« J’ai pas fermé l’œil de l’été », c’était la lecture par le romancier Marco Koskas d’extraits de son livre éponyme, au centre Rachi de la rue Broca. Un rendez-vous qui a son histoire. Le roman est paru en 1996. A l’époque, il n’a pas fait beaucoup de bruit, ce qui reste une souffrance pour l’auteur. Quelques années plus tard, Koskas est invité à lire des extraits de son livre en Tunisie. Là-bas, la lecture se transforme en show.

Ce roman, il fallait le dire. « J’ai pas fermé l’œil de l’été » avait trouvé son public. Et sa voix. L’auteur s’était alors promis de renouveler l’expérience…

 

Minga !

 

C’est un été tunisien raconté par un ado de 12-13 ans. Quelque chose comme un roman d’apprentissage, mais pas seulement.

Il a pas bonne réputation le gamin. Mais quand dans une famille on a la méfiance sur soi, difficile de s’en libérer. Lui, il a des vues sur les filles, évidemment. Sur leurs « soutiens », sur leurs balluchons. Et sur la Pédinelli : « Pour le vice avec elle, j’aurais volé les yeux d’un chien ». C’est le souvenir d’un passage, de l’enfance à l’âge adulte, avec son lot de rêves et d’humiliations, d’espoirs et de frustrations. Adieu duvet, bonjour moustache.

 

Minga ! ça rockait dans les surboums, ça swinguait dans les plumards, c’était Gene Vincent et Paul Anka, « Be bop a lula » et « You are my destiny ».

Mais pas seulement.

 

Parce que, l’air de rien, sous la faconde de Koskas et ses histoires pleines de saveurs et de senteurs se profile l’autre Histoire. Celle des « événements ». Entre Juifs et Arabes. Entre de Gaulle et « Bourguibus ». Crise de Bizerte, 1961. Les Juifs désertent…

Assis à sa table, sans autre mise en scène que ces accents bien imités et la gestuelle de ses mains, Marco Koskas a fait passer aux trop rares lecteurs une belle soirée. De celles qu’il kiffait là-bas, toutes de tendresse et de nostalgie. Ce fut un beau souvenir d’été, ce soir là, rue Broca…

Mais pas seulement.

 

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Published by Olivier Quelier - dans Théâtre
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