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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 10:48

Le jury du prix Folire s’est réuni au Centre hospitalier de Thuir (Pyrénées-Orientales). Il a récompensé Gilles Paris pour son roman « Au Pays des kangourous » (Don Quichotte). L’auteur recevra son prix en janvier prochain, des mains du parrain, Bernard Pivot.

 

Gilles Paris 2 - copyright Jean-Philippe Baltel

copyright Jean-Philippe Baltel


Le jury, composé de 58 patients de l’établissement de santé, devait départager les trois finalistes de l’édition 2012 : Gilles Paris l’a emporté avec 36 voix, suivi de Julie de La Patellière, « Notre nuit tombée » (Denoël) et Martin Belskis, « Dans le square » (Buchet Chastel).

 

Le Prix Littéraire Folire, créé en 2011 est le fruit d’un partenariat original entre le Centre hospitalier de Thuir, la Caisse d’Epargne Languedoc-Roussillon et le Centre Méditerranéen de Littérature (CML).


Il a pour objectif de permettre aux personnes souffrant de troubles psychiques de couronner la qualité littéraire d’un récit ou d’un roman d’un auteur francophone.


Peu après la proclamation du prix, André Bonet, président du Centre Méditerranéen de Littérature et Philippe Banyols, directeur du CHS de Thuir, ont dévoilé le nom du parrain. Il s’agit de Bernard Pivot, de l’Académie Goncourt. Ce dernier a accepté d’accompagner le lauréat Gilles Paris en janvier 2013 à Thuir pour lui remettre le prix au nom des différents partenaires.


Gilles Paris est très ému par cette récompense. « Parce que j’ai le Prix ? Bien sûr, comme tout lauréat, heureux d’être reconnu. Mais plus encore. Car depuis huit ans, les dépressions que j’ai vécues et vaincues à trois reprises, ont gardé leurs empreintes et le fait que des patients aient voté pour moi change tout. »


« Une revanche sur ces années noires »


Il poursuit : « C’est une revanche sur ces années noires aujourd’hui enfuies. Je me souviens des patients avec qui je partageais mes journées et qui m’ont aidé à surmonter mes angoisses et mes peurs. Car bien au-delà de la médecine et de mes efforts, je sais que je leur dois en grande partie ma survie. Des anonymes pour la plupart que je n’ai jamais revus, mais qui restent en moi comme les meilleurs antidépresseurs qui soient. »

 

Et Gilles Paris conclut : « Être lu par un homme ou une femme qui aujourd’hui traverse ce long tunnel, et apprécie ce roman où la dépression d’un père est évoquée de manière légère par les yeux et les mots d’un enfant, est la plus belle des récompenses qui m’aura été faite tout au long de la promotion de ce roman. Et bien au-delà, car « ce corps étranger » qui pénètre tout dépressif et fait de lui un être vulnérable et fragile, donne un sens à l’écrivain que je suis. »


Avec « Au pays des kangourous », Gilles Paris a pris le parti de faire parler un enfant de 9 ans, « un âge ou l’enfant ne juge pas. Il essaye de comprendre. Sa vision du monde donne la distance nécessaire pour aborder les choses graves de la vie ». Un roman grave et rempli d’optimisme.

 

 Gilles Paris, « Au pays des kangourous ». Editions Don Quichotte 18.30€, 256 pages.

 



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Published by Olivier Quelier - dans Actualités
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