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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 14:35

Frais arrivé du Vieux port, voici le nouvel épisode des Mystères de Marseille, signé par Jean Contrucci.

 

Une chronique de Frédérique Bréhaut

 

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Photo René Barone 

 

Jean Contrucci bat le pavé marseillais  du  XXe siècle naissant avec un entrain qui séduit jusqu’au plus nordiste de ses lecteurs. Depuis « L’énigme de la Blancarde », premier volet des aventures de Raoul Signoret le fringant reporter du « Petit Provençal », ce feuilleton mijoté à l’ancienne se dévore avec plaisir infini.

 

La plume trempée dans l’encrier des Gaston Leroux et autres Paul Féval, Jean Contrucci manipule avec dextérité les  ficelles  de  la  littérature populaire d’antan. Et les mystères de Marseille valent bien ceux de Paris lorsqu’il s’agit d’élucider des assassinats ou de déjouer des complots. Raoul Signoret, c’est Rouletabille qui arpente le Panier, Rocambole délaissant les chais de Bercy pour les demeures cossues du Prado.

 

Justement, ce nouvel épisode mène l’intrépide chroniqueur dans les milieux d’affaires liés au commerce maritime. Dix ans après la mort de son père avocat tué accidentellement par un ami maladroit, Guillaume Natanson, jeune homme « gothique » avant l’heure, demande à Raoul de recommencer l’enquête. L’héritier fragile est persuadé qu’un crime et non un accident a envoyé Louis Natanson ad patres. L’aide de  l’oncle Eugène Baruteau, brave chef de la police marseillaise, ne sera pas superflue dans cette affaire. En pleine organisation des Brigades du Tigre, le patron des pandores trouve le temps d’orienter son neveu fureteur dans les bonnes directions.

 

« L’inconnu du Grand Hôtel »,  c’est « Cold case » au temps de Clemenceau, la  IIIe République  réveillée par une intrigue machiavélique digne de se prolonger en épisode d’une série télévisée. Enfin, qu’elles  traînent parmi les ouvriers d’une savonnerie, flirtent avec les milieux anarchistes ou s’invitent chez les bourgeois, les aventures de Raoul Signoret revendiquent  leur attachement à la chronique sociale.


Dans  une  bibliothèque, Jean Contrucci trouve sa place naturelle entre Eugène Sue et Gérard Mordillat avec lesquels il partage cette fraternité des écrivains populaires.

 

« L’inconnu du Grand Hôtel » de Jean Contrucci, éditions Lattès, 16,50 €.

 

Le site de Jean Contrucci est ICI.

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Published by Frédérique Bréhaut - dans Critique littéraire
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