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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 18:06

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"A force de se vouloir invisible, il s'était cru à l'abri. Il ne l'était pas". Dans un Sud âpre et violent, un homme arrive. Nul ne le connaît ni ne lui demande son nom. Il est l'Arabe. Ça suffit à le distinguer de la communauté. La nuit, il dort dans une cave mise à sa disposition, le jour, il travaille sur un chantier de terrassement. Lorsqu'un crime est commis, il incarne le coupable idéal.

 

L'Arabe, têtu, traverse en silence cette chronique de la haine ordinaire. A l'instar de la bêtise recuite de Mamine, aïeule obèse et mauvaise, les personnages se tiennent en équilibre instable sur leurs malheurs, accumulation d'ignorances tragiques qui livrent à la fatalité. Au Café du commerce, l'anathème coule de source. C'est celui-là qui s'est arrêté au village, mais un autre aurait tout aussi bien fait l'affaire.

 

Sur un thème convenu, Antoine Audouard contourne les clichés pour manier habilement cette pâte humaine dont on fait les tragédies.

 

« L'Arabe » d’Antoine Audouard. L'Olivier. 260 pages. 19 €.

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Published by Frédérique Bréhaut (ML) - dans Critique littéraire
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