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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 09:43

Salué par le plus grand prix littéraire canadien, voici un roman éblouissant.

 

Par Frédérique Bréhaut.

 

Joseph_Boyden.jpgEn 2006, « Le Chemin des âmes », fresque magistrale sur deux jeunes indiens du Canada engagés dans la Première Guerre mondiale, désignait Joseph Boyden parmi les voix les plus séduisantes de la nouvelle littérature nord américaine.

 

Après un recueil de nouvelles étincelantes, le Canadien revient vers le roman et la baie James. Et quel roman ! Voilà un écrivain capable de déployer son imaginaire sur grand écran sans négliger les frémissements des combats les plus intimes.

 

A Moosonee, une ville du Grand Nord canadien, "le trou du cul de l’Arctique", Will Bird, plongé dans le coma, convoque ses souvenirs. A son chevet, Annie sa nièce confie à ce corps silencieux les désarrois d’une jeunesse tiraillée entre la culture des Indiens Cree et la tentation de brûler sa vie comme sa sœur Suzanne, engloutie dans la frénésie new-yorkaise.  Tandis que de Toronto à New York la jeune femme se laisse griser par les nuits électriques de la jet-set, Will depuis sa nuit s’applique à renouer les fils distendus de sa culture Cree.

 

Formidable conteur, Joseph Boyden empoigne des destins qui se tiennent à califourchon entre deux mondes, entrecroise les souvenirs de Will rongé par la culpabilité et la quête éperdue d’Annie à la recherche de sa sœur.

 

Si les histoires de Joseph Boyden dégagent une telle force, c’est parce qu’elles sont habitées. Sous la protection d’anges gardiens silencieux, la famille Bird suit son chemin dans l’entrelacs des présences invisibles auxquelles se mêlent de vieux règlements de comptes, traces poignantes des fêlures de la communauté indienne.

 

Tantôt d’une poésie vibrante lors d’échappées dans une nature brutale, tantôt traversé d’une tension digne d’un thriller, « Les Saisons de la solitude » abordent avec une profonde humanité la question des racines identitaires, de la culpabilité et de la perte des repères.

 

 « Les Saisons de la solitude » par Joseph Boyden. Traduit de l’anglais par Michel Lederer. Albin Michel. Terres d’Amérique. 510 pages. 22,90 €.

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Published by Frédérique Bréhaut - dans Critique littéraire
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commentaires

J.D. 16/01/2010 13:36


J'avoue que je ne connaissais pas ce livre... mais je vais me laisser tenter et aller le voir de plus près en librairie. Merci de votre critique!