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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 18:12

Une fresque historique partagée entre le Portugal et sa turbulente possession.


Une chronique de Frédérique Bréhaut.

 

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D’un roman à l’autre, Jean-Paul Delfino reste fidèle au Brésil dont il connaît les gloires et les parts d’ombres. Son nouveau roman choisit le XVIIIe siècle, période charnière à laquelle la couronne du Portugal s’intéresse enfin à son exotique possession.

 

Splendeur et misères

 

Au mitant du siècle, Rio de Janeiro est loin, si loin de Lisbonne, que la capitale ne lui accorde qu’une attention distraite. A croire que le pays, trop extravagant, en devient presque encombrant. Par ailleurs, Lisbonne a d’autres chats à fouetter depuis qu’en ce jour de Toussaint 1755, un violent tremblement de terre l’a partiellement détruite, laissant 12 000 morts sous les décombres.

 

Sebastiao de Melo, premier ministre réformateur à la manière d’un Richelieu, charge un jeune lisboète ambitieux de reconstruire la ville. Cristiano de Fonseca commence ainsi son ascension sur les décombres.

 

 

Fièvre de l’or

 

Au même moment, de l’autre côté de l’océan, Zumbi quitte Rio de Janeiro. Porté par les premiers signes de la fièvre de l’or, le fils d’esclaves part chercher fortune dans des mines que l’on dit généreuses. Après bien des péripéties, les chemins de Fonseca et de Zumbi finiront par se croiser sur fond de rivalités amoureuses et de stratégies politiques.


Fin connaisseur de l’histoire brésilienne, Jean-Paul Delfino use des clés romanesques pour suivre le fil des relations tourmentées entre le Portugal et le Brésil au moment où de part et d’autre de l’Atlantique, les rêves de liberté enflamment les esprits. Tandis qu’à Lisbonne une aristocratie éclairée découvre les textes des philosophes français, le Brésil mûrit des velléités d’indépendance.

 

A la croisée de ces idéaux, Dom Cristiano de la Fonseca et Zumbi accomplissent chacun leur destin. Aigri et solitaire pour l’un, soumis aux courbes de l’ascension puis de la chute pour l’autre. A l’arrière-plan, entre Rio  de Janeiro et Minas Gerais, le Brésil fourbit son avenir.

 

Au gré de rebondissements rondement menés, Jean-Paul Delfino restitue avec finesse les coulisses du pouvoir et les aspirations d’une nation naissante tandis qu’en Europe, une grande puissance commence son déclin.

 

« Pour tout l’or du Brésil » par Jean-Paul Delfino. Le Passage. 396 pages. 19,50 €.



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Published by Frédérique Bréhaut - dans Critique littéraire
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