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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 20:51

Dieu sait – et pas que Lui : ma femme, qui s’en accommode ; mon ex beau-père qui maintenant s’en fout ; ma boulangère, qui en discute volontiers ; mon libraire, qui s’en réjouit souvent ; mes étudiants qui, chaque année, écrivent à sa manière  – Dieu, donc, sait que j’aime Philippe Delerm. Et depuis longtemps. Il y a quinze ans (au diable la coquetterie) je chroniquais déjà « Mister Mouse ou La métaphysique du terrier », me régalais de ses « Paniers de fruits » et bien sûr j’avais déjà succombé, comme des centaines de milliers de lecteurs, à sa « Première gorgée de bière… ».

 


Depuis, ses différents « fragments », comme il les nomme, font ma joie et l’objet d’ateliers d’écriture toujours passionnants. Bref – et j’ai bien conscience que j’aurais pu le formuler en quatre mots : j’aime Philippe Delerm.


J’aurais aimé aimer


C’est dire que j’attendais avec impatience son nouveau roman, « Elle marchait sur un fil » (Seuil) l’histoire de Marie, une femme dans la cinquantaine qui se retrouve seule pour entamer la deuxième partie de sa vie. J’aurais aimé, vraiment, aimer le livre de Delerm. Il y parle de thèmes qui lui sont chers : la solitude, les petits bonheurs, le théâtre, l’âge qui vient…


Mais j’eus beau m’y reprendre à quatre ou cinq reprises, à chaque fois le livre me tomba des mains. Personnages sans épaisseur (Marie comprise), sentiments et situations convenus que l’absence de grâce dans l’écriture ne peut renouveler. La lenteur revendiquée que l’auteur ne maîtrise plus sombre dans l’ennui, dans la pose affétée et les quelques tentatives d’aphorismes sombrent dans l’inachevé.


Sans charme


L’histoire passe, sans nous, sans ce charme qui opère si souvent, qui rend Delerm attachant et inimitable, patient découvreur des microscopiques chefs-d’œuvre du quotidien.


J’aime Philippe Delerm. Trop pour passer sous silence ma déception face à « Elle marchait sur un fil ». Trop pour ne pas replonger dans des bonheurs tels que « Le Portique » ou « Le Trottoir au soleil ». Trop pour ne pas attendre avec impatience son prochain roman.  


Olivier Quelier.


« Elle marchait sur un fil » de Philippe Delerm. Seuil, 17€.

delerm

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Published by Olivier Quelier - dans Critique littéraire
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