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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 14:02

Une chronique d’Olivier Quelier

 

style-A-IanRankinÇa devait finir par arriver. La retraite... Dans une semaine, l’inspecteur John Rebus ne sera plus en service actif. Il en aura terminé avec Edimbourg, avec ses supérieurs, avec son épuisant combat contre le vice et la vertu, contre le monde des nantis, des arrogants et des renvois d’ascenseur. Oui, dans une semaine, Rebus pourra s’ennuyer à sa guise, entre débuts de soirées alcoolisées au pub et fins de soirées solitaires dans son salon.

 

Mais il lui reste une dernière affaire à régler. Qui lui tient d’autant plus à cœur qu’elle remet sur son chemin Big Ger Cafferty, un caïd d’Edimbourg qu’il n’a jamais réussi à coincer. Et Rebus compte bien s’arrêter sur un succès, dût-il, une fois encore, agir seul, affronter collègues et hiérarchie. « Il se battait contre ce salaud depuis des années et, maintenant, la technologie et des gratte-papier à lunettes allaient peut-être finir le travail. Pas de dégâts, pas de bruit, pas de sang (…).

Il fallait qu’il y ait des dégâts.

Il fallait qu’il y ait du bruit.

Il fallait qu’il y ait du sang… »

 

Sale temps pour les héros de romans policiers. Henning Mankell installe Wallander et son chien à la campagne. Et Ian Rankin, l’un des auteurs britanniques les plus lus dans le monde, traduit en vingt-deux langues, fait d’ « Exit Music » (Le Masque) la 17e et dernière enquête de l’inspecteur Rebus.

 

Tout commence par la découverte du corps d’Alexander Todorov, un poète russe dissident victime d’une banale agression… A première vue. La version officielle comble tout le monde. Sauf Rebus. Car très vite son enquête met au jour des liens entre un homme d’affaires russe, Andropov, un député nationaliste et une puissante banque. Sans oublier Cafferty. Le malfrat est agressé, laissé pour mort. Rebus soupçonné. Mis à pied, à quelques jours de son départ. Mais il ne lâche pas sa proie.

 

Ian Rankin signe un superbe adagio joué au crépuscule d’une vie pleine de doutes et d’échecs, toujours assoiffée de liberté et de revanche. Dans son travail, Rebus l’avait constaté à de nombreuses reprises : « Tout, à Edimbourg, semblait lié (…). Tout et tout le monde. Todorov et Andropov, Andropov et Cafferty, le monde de l’establishment et celui des bas-fonds. Ils changeaient de partenaire comme dans un de ces concours de danse d’endurance. Comment s’appelait ce film ? Quelque chose comme achever les chevaux. Danser, danser encore parce que c’est tout ce qui compte ».

 

« Exit Music » de Ian Rankin, éditions du Masque, 446p. 22€.

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Published by Olivier Quelier - dans Critique littéraire
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