Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 18:59

le-haiku.jpgHaïku : petit poème japonais constitué d’un verset de 17 syllabes… Derrière l’aride définition du Petit Larousse se cachent un univers, un art et une culture qu’Henri Brunel tente de nous faire découvrir dans un élégant petit ouvrage.

 

Soyons franc : ce n’est pas en soixante pages que le lecteur pourra s’approprier cette technique ancestrale. Mais Brunel a le mérite de proposer une initiation simple, illustrant son propos de nombreux exemples. Mais qu’est-ce vraiment qu’un haïku ? Un court poème qui évoque une humble réalité ? Oui, mais pas seulement.

 

Le haïku est un diamant qui recèle une étrange vertu : « Il nous invite à mieux regarder. Il déchire le voile qui nous sépare à l’ordinaire de la réalité nue (…). Il est l’occasion d’une aventure intérieure, d’une nouvelle vision du monde ».

 

Instituteur bienveillant

 

D’une prose modeste mais poétique, Henri Brunel évoque le poème classique japonais et son « adaptation » française. Le haïku gaulois a conservé de son modèle la brièveté, la composition en trois lignes, un mot de saison (le « kigo », le premier vers qui situe l’action), un thème emprunté à la vie quotidienne et, souvent, l’humour. La forme est plus variée, plus souple. Rien de plus normal puisque, par nature, elle doit s’effacer derrière le propos.

 

Henri Brunel est l’instituteur bienveillant de cette « école de lucidité » qu’est le haïku. Il nous ouvre avec simplicité les portes d’un univers complexe, nous invitant à devenir « une conscience éveillée ».

 

Olivier Quelier.

 

Henri Brunel, « Le haïku », éditions du Petit Pavé.

 


« Travail de nudité »

 

« Le haïku est simplicité, légèreté, mise à nu de l’essentiel. […] Un haïku, c’est la chance offerte de tout deviner, de tout comprendre, de tout aimer, en un éclair de trois vers. »

 

« L’auteur de haïku doit renoncer le plus souvent aux adjectifs, et toujours aux métaphores, aux « violons de l’automne », aux flamboiements, à la colère, au romantisme, à la nostalgie complaisante. Travail de nudité. Il doit saisir avec force l’image, rassembler dans sa main le présent tout entier, et laisser place au silence. »

 

Henri Brunel – Les plus beaux contes Zen / L’art des haïkus 

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier Quelier - dans Critique littéraire
commenter cet article

commentaires