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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 18:08

« Mon copain Antoine » est le premier roman jeunesse d’un auteur lorrain, Emmanuel Parmentier. L’histoire d’Antoine, un adolescent pas comme les autres, et de son copain Manu qui, intrigué par ce petit bonhomme, va tenter de percer son secret. Interview (imaginaire) de Manu, qui nous parle de l’amitié, du mystère, de l’altérité et nous donne son opinion sur ce livre publié chez Edilivre.

 

 

 

Olivier : Dans ce livre, Manu, à la page 87, après avoir salué Antoine et échangé avec lui ce que tu appelles les « fadaises habituelles », tu craques et affirmes pour toi-même : « Le mystère qui t’entoure, Antoine, me grignote de l’intérieur. Je ne dors plus, je n’ai plus faim, je n’ai plus goût à rien. A cause de toi, je deviens un zombie, une ombre parmi les vivants ». Qu’est-ce qui cloche chez ton copain ?

Manu : La vie d’Antoine, c’est le brouillard absolu. C’est mieux gardé qu’un secret d’Etat.

Olivier : D’accord… Mais tu pourrais nous en dire un peu plus, quitte à reprendre au début ?

Manu : Il a vraiment l’air bizarre, Antoine. Il a une tête énorme et toute ronde, comme un ballon de volley. Sinon, il a deux minuscules orifices sur les côtés, qui lui servent d’oreilles, et un petit nez, légèrement retroussé. Mais je crois que le plus étonnant, ce sont ses yeux, d’un bleu profond comme l’océan.

Olivier : De quoi séduire les filles…

Manu : Sauf qu’Antoine, les filles, il n’en a strictement rien à faire. Et c’est réciproque, d’ailleurs. Antoine est, de loin, le plus petit garçon du collège… Ah oui, j’allais oublier un détail important : Antoine a la peau toute blanche. Mais blanche de chez blanche, comme de la neige. Finalement, le seul truc qui ne cloche pas chez Antoine, c’est son prénom.

Olivier : Vous êtes très différents tous les deux. Toi tu sembles plus mature, tu es grand. A 13 ans, tu as tout d’un petit homme. Comment se fait-il que vous soyez amis, Antoine et toi ?

Manu : En fait, je ne le connais pas vraiment, vu qu’il ne cause avec personne. A ce stade-là, je ne sais pas si on peut encore parler de timidité. Antoine vit dans son monde, un monde totalement fermé, un monde dans lequel il ne laisse entrer personne.

Olivier : Comment est-il, en classe ?

Manu : D’après la rumeur, Antoine serait l’élève le plus brillant que le collège ait jamais accueilli. C’est carrément un cerveau ambulant. Fait étrange, ses parents ne viennent jamais aux réunions parents-professeurs. J’ai aussi remarqué un phénomène très curieux. Dès que la belle saison revient, dès que le soleil reprend ses droits dans le ciel, Antoine se couvre des pieds à la tête.

Olivier : Antoine, comme tu le dis, semble être un étrange petit garçon. Mais ça va plus loin que ça, selon toi. Tu n’exagères pas un peu en parlant de dons surnaturels ?

Manu : Si ce ne sont pas des dons surnaturels, alors moi je suis le Pape !

Olivier : Explique-toi…

Manu : Cette histoire me rend dingue : vingt-quatre heures sur vingt-quatre, j’ai les mêmes images dans la tête : Antoine qui remonte tranquillement à la surface de l’eau après une apnée de plusieurs minutes ; Antoine qui m’avertit du vol du pendentif et qui ouvre mon cadenas, juste en posant sa main…
Olivier : Bref, n’y tenant plus, tu as organisé une visite nocturne du collège, pour trouver des renseignements sur Antoine. Qu’as-tu découvert ?

Manu : …

Olivier : Tu ne veux pas nous le dire ? A quoi penses-tu ?

Manu : Je repense à mon copain Antoine, à son terrible secret que j’ai promis de ne pas révéler.*

Olivier : Très bien. Je suis sûr que les lecteurs comprendront et apprécieront le respect de la parole donnée. Parlons un peu de l’auteur du bouquin, Emmanuel Parmentier.

Manu : Oh, je le connais assez peu. Je sais qu’il a une trentaine d’années et vit à Nancy. C’est un type très sympa, un peu ronchon m’a-t-on dit mais ça je n’ai pas pu le vérifier. Et je sais qu’il adore les chaussures de marque Converse… Mais je ne pense pas que ça vous avance beaucoup… Ah oui, aussi, il a déjà publié un recueil de nouvelles. « Solitudes » il s’appelle.

Olivier : C’est exact. Publié aux éditions « Les Nouveaux Auteurs ». Et son livre, au final, qu’en penses-tu ?

Manu : En fait, vous me demandez de faire votre boulot, si je comprends bien. Quand je vais raconter ça à mon copain Gaétan, vous savez, celui de la bande des Angry Boys dont vous n’avez même pas par…

Olivier : Tu sais, on manque souvent de place pour parler des livres.

Manu : Oui, enfin ce bouquin, et c’est pas parce qu’il parle de moi, mais je le trouve réussi, surprenant. Une histoire originale racontée avec des mots simples. Il est à l’image de l’auteur : sensible, délicat, un rien pudique. L’air de ne pas y toucher, il aborde un tas de thème : la différence, l’amour, l’environnement, l’amitié surtout. De quoi parler à tout le monde, aux jeunes comme aux adultes. Aux adultes surtout, je dirais. Prendre le temps de s’intéresser à la personne qui est à côté de vous, c’est un truc qu’ils oublient assez vite, non ?

(Paru initialement sur culturecie.com)

 

(Toutes les citations de Manu, jusqu'à l'astérisque, sont tirées, au mot près, du livre)

 

« Mon copain Antoine » d’Emmanuel Parmentier, éditions Edilivre, 105p., 2008.

 

Le blog d'Emmanuel Parmentier, c'est par ici !

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Published by Olivier Quelier - dans Critique littéraire
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commentaires

Arielle 04/11/2009 20:45


superbe, cette vraie fausse interview ! Manu... Emmanuel ? c'est faussement vrai ou c'est vraiment faux ?? tant de questions qui incitent à lire la suite.... BRAVO
arielle