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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 13:15

Dans « La faute d’orthographe est ma langue maternelle » (pièce en un acte à un personnage : l’auteur), Daniel Picouly évoque son rapport à la lecture et à l’écriture. Il consacre un court passage à la réécriture, en une scène fort imagée. Extrait.

web_picouly.jpg

© Albin Michel


« Pourquoi, quand on relit ce qu’on a écrit le soir, on se trouve génial, et le lendemain matin… nul ?

[…]

Que s’est-il passé pendant la nuit ? Où est passé notre génie ?

Il a pris la tangente.

Le soir, quand on lit son texte, c’est de la passion amoureuse.

Ce qu’on a écrit et ce qu’on voulait écrire sont au lit ensemble.

Deux corps mêlés en sueur.

On ne fait plus de différence entre le désir du texte et le texte.

Le lendemain matin, on tend la main et… les draps sont froids.

Il ne reste que le texte nu.

Et maintenant on doit le rhabiller.

Il faut écrire en amant et relire en mari.

 

(extrait de la page 104)

 

« La faute d’orthographe est ma langue maternelle » de Daniel Picouly. Éditions Albin Michel. 120p. 12, 50€.

 


 


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Published by Olivier Quelier
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