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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 15:55

Ceux qui tuent les rêves d’enfant sont les pires meurtriers. Aucune pitié pour eux : ils méritent de mourir. Sans doute est-ce là, dans les quelques mots de cette confession – par procuration– que réside la clef du mystère.

 

Une chronique d’Olivier Quelier

 

Calais, 1965. Des années de plomb. « La société de l’époque a engendré des milliers de révoltés ». Certains ont fini à Katmandou, d’autres sur les barricades. D’autres encore sont partis élever des chèvres. Les grands idéaux ont du plomb dans l’aile.

 

« Ch’ot quoi ch’truc de timbré ? » Marcel Lefèvre, alias M. Pigeon, n’aura jamais la réponse à sa question. Il mourra sous les coups de couteau, serrant dans sa main un petit soldat de plomb. L’affaire débute avec le meurtre de ce coqueleux. Sept morts suivront avant que l’affaire ne trouve un épilogue qui ne résoudra rien mais satisfera le plus grand nombre : notables, élus et même les policiers.

 

9782352871347.jpgGallois est un bon flic. Un pied-noir qui « débarquait d’Alger avec l’accent de là-bas ». Il déteste le Nord. Son pays lui manque, l’Algérie est perdue. « Il haïssait les Calaisiens, le carnaval, les moules-frites ».

 

Les notables le traitent en paria. A trois mois de la retraite, rien ne l’empêchera de se venger : un pétage de plombs intégral, histoire de partir en beauté. Gallois ne va pas hésiter à utiliser la presse, dont les caractères de plomb n’auront plus grand poids… A transformer ce dossier en scandale politique. D’autant que la présence à Calais d’un investisseur anglais, pas totalement étranger à l’affaire, représente une aubaine pour lui

 

Romancier prolifique, Philippe Bouin s’est lancé dans le thriller il y a deux ans. Il signe un roman âpre, ancré dans le passé et les secrets de famille. Ancré dans une région, dans une langue à nulles autres pareilles. C’est la fierté de Bouin : « J’ai tenu à ce que mes thrillers ne souffrent d’aucune comparaison. Je les ai assaisonnés d’une recette personnelle : la vérité du conteur et celle du lecteur. Dans mes romans le dénouement est logique. Mais puisque je les truffe de pièges, il est permis d’en douter... »

 

« Comptine en plomb » de Philippe Bouin, éditions Archipoche, 7, 50€.

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Published by Olivier Quelier - dans Critique littéraire
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