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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 15:13

Son maître-mot ? L’amitié. Bien plus qu’un mot d’ailleurs, une raison d’être. Il le dit : « Si j’ai réussi quelque chose dans ma vie, ça doit être ça, l’amitié ». Rien d’étonnant donc à ce que le deuxième roman de Christian Milleret, « Tout ça pour des clous » (éditions du Petit Pavé) raconte une histoire lumineuse et improbable, « l’histoire d’une amitié à prise lente entre deux hommes » que tout sépare.

 

Une chronique d’Olivier Quelier

 

tout-ca-pour-des-clous23 novembre 2006. Une route mouillée, un accident. Enzo Lorenzi est prisonnier de son coupé Mercedes. « Au moins le cercueil est chic » pense-t-il, un brin cynique. Mais il ne va pas mourir. Pas là, pas comme ça. Zouber Lalaoui y veille. Lalaoui ? Un gars de la banlieue, un rien chelou, condamné à six mois de taule pour avoir embarqué, flingue à la main, la caisse d’une boîte de nuit.

 

Ces deux-là ne devaient pas se rencontrer. C’est contre-nature. Contre cultures. L’un est l’héritier d’un riche industriel, résigné à prendre la succession de la prospère entreprise familiale de bâtiment ; l’autre a grandi « dans la cage d’escalier d’une cité d’Argenteuil », dernier d’une famille de huit enfants, un avenir dans la délinquance à défaut de pas d’avenir du tout. Rêver ? C’est « pire que de se piquer les bras ». Survivre, c’est déjà pas si mal.

 

Enzo s’est fait plaquer par Léa ; Zouber tente sa chance avec Meg, une « British hyper sympa ». Leurs vies vont changer, des certitudes et des barricades s’effondrer. Enzo, un passé d’imposteur face à la vie, se trouve « pitoyable mais pardonné ». Zouber, lui, prend son envol…

 

Impossible de résumer le livre de Christian Milleret. Il est trop intense, trop chargé en émotions et en sentiments pour le réduire à quelques mots. Milleret a tout d’un grand : un univers bien à lui, l’art de trousser des portraits en une phrase (« Il portait ses lunettes comme une paire de ciseaux posée à califourchon sur un bec ») et un style mi-gouaille mi-poème qui fait mouche dans les petits riens du quotidien : écoutez ce « râle bronchiteux d’une ambulance », regardez ces rayons de soleil rasant la pelouse, allumant « des cités miniatures ».

 

Christian Milleret prouve que l’on peut écrire de bons livres avec de beaux sentiments. A condition d’être sincère. Et humain. Tant pis pour les grincheux qui trouvent son propos « angélique ». Lui croit en l’homme. Faible et fragile parfois, imparfait toujours, mais prêt à tendre la main. Le pire, « c’est l’ignorance des mondes ».

Milleret.jpg

Photo : © O. Quelier / book.emissaire

« Tout ça pour des clous », de Christian Milleret. Editions du Petit Pavé. 16€. ISBN : 9782847121902

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Published by Olivier Quelier - dans Critique littéraire
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commentaires

Marie Desmaretz 06/02/2011 08:31


Bonjour,

Unis dans la grande aventure du Petit Pavé, laissez-moi vous adresser mes sincères félicitations. L'amitié, c'est un mot qui me parle.
En partage.

Marie Desmaretz