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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 15:20

Du « Charly 9 » du romancier Jean Teulé, adapté en bande dessinée par Richard Guérineau, on pourrait retenir le culot de raconter la vie de ce roi mort très jeune, deux ans après avoir ordonné le massacre de la Saint-Barthélémy : ou la folie débridée que le dessinateur sait rendre avec dynamisme dans ces planches parfois saugrenues, parfois bien léchées ; ou encore le sens de la pédagogie qui nous apprend que l’on doit à Charles IX la tradition du poisson d’avril (en voulant changer la date du début de l’année) ou du muguet du 1er mai – sans oublier toutes les frasques d’un roi pitoyable et fou de culpabilité.

Mais ce qui est intéressant aussi, c’est la vivacité de la langue employée. Langue faite de préciosité bien modernisée et de jurons et insultes plus imagées et inventives les unes que les autres.

On passera ici sous silence les plus vulgaires (« mille pines de tonnerre de Dieu » ou « par la chiasse de la vierge »), pour se consacrer à quelques formules aujourd’hui méconnues ou inusitées.

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Chapon-maubec

Ma préférée, d’abord : « Chapon-maubec » s’adresse à un poltron à langue de vipère. Un « fot-en-cul » désigne un sodomite. « Crotte et bran » peut paraître redondant dans la formulation puisque le bran désigne d’abord la « partie la plus grossière du son », mais aussi, la matière fécale.

Inutile de donner la définition de « gargouilleuse » et « puterelle », les mots parlent d’eux-mêmes. « Hilh de pute » peut se traduire aisément en « fils de… ».

Le « relaps », terme qui n’a rien de vulgaire en soi, désigne celui qui est retombé dans l’hérésie.

Pour les interjections enfin, aux traditionnelles « mort-dieu » ou « jarnidieu », on peut préférer « palsangué, « vertugoy » et « taguienne » !

« Charly 9 » de Richard Guérineau, d’après le roman de Jean Teulé. Editions Delcourt/Mirages. 128 p. 16, 95 €.

 

Olivier Quelier.

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Published by Olivier Quelier - dans Critiques BD
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