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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 17:44

« Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? » L’interrogation de Leibniz nourrit le nouveau livre de Jean d’Ormesson qui s’impose décidément  comme  le  plus  malicieux des sages et le plus  sage  des malicieux.

 

 

Une chronique de Frédérique Bréhaut

 

 

ChoseEtrangeMonde.jpgSous  son  titre d’Ormessonien en diable, « C’est une chose étrange à la fin que le monde » balance entre récit et essai quoique baptisé  roman. Il est vrai que les deux personnages principaux ont de l’étoffe ; l’un est Dieu, rebaptisé « le Vieux » ; l’autre, l’auteur lui-même, point d’interrogation têtu et spirituel posé sur les mystères de l’univers.

 

« Comprendre, c’est remonter aux origines ». Alors, l’agrégé de philosophie suit le « fil du  labyrinthe », retourne vers le Big Bang, puise dansles sciences pour démêler le sens de l’univers et lire l’échelle du temps. Copernic, Darwin, Newton, Einstein croisent Platon, Dante, Mozart. Car que seraient la physique, l’astrophysique ou les neurosciences sans l’éclairage de l’art ?

 

Tant de mouvement, de pensée à travers les millénaires, sans que ni les sciences ni les arts n’aient tranché la question de l’existence de Dieu et de ce qui nous attend après la mort. En d’autres pages, Jean d’Ormesson avait écrit cette jolie formule : « Si Dieu n’existe pas, la mort perd beaucoup de son charme ».

 

Séduit par le pari de Pascal, il avance une réponse de philosophe au moment de « donner ses chances à Dieu dont il est aussi impossible de prouver l’existence que la non-existence ».  À chacun de mener sa propre méditation métaphysique, puisqu’en fait de confirmation, « Dieu seul le sait », glisse l’agnostique fine mouche.

 

Sous le fin lettré, on retrouve au détour de ces courts chapitres l’intelligence pétillante  d’un  incorrigible amoureux de la vie, promeneur curieux, aussi attentif à la plénitude d’un bain en Méditerranée qu’à la lecture de Proust. Jean d’Ormesson qui partage toujours avec une grande élégance ses  admirations,  sa  gaîté, sa gratitude, n’en démord pas.  « Le monde m’amuse. Il est fait de surprises. J’y étais heureux ».

 

« C’est une chose étrange à la fin que le monde » de Jean d’Ormesson, éditions Robert Laffont, 21 €.

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Published by Frédérique Bréhaut - dans Critique littéraire
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