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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 12:18

Bernard Pivot est sur scène jusqu’au samedi 16 mars. Il présente au Théâtre du Rond-Point « Souvenirs d’un gratteur de têtes ». Durant plus d’une heure, il lit des extraits de quelques-uns de ses livres. Une balade légère, riche d’humour, empreinte de nostalgie, à travers les mots et les rencontres passées.

 

Par Olivier QUELIER.

 

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J’ai grandi avec (grâce à ?) Bernard Pivot. Chaque vendredi soir, une généreuse dose d’ « Apostrophes » d’abord, de « Bouillon de Culture » plus tard. Je n’étais ni malade ni chétif. Mais il me fallait cette ration hebdomadaire pour fortifier mes neurones, mettre en appétit mes envies littéraires, renforcer mes défenses contre l’ennui et, pis encore, le désintérêt du savoir, de la curiosité. De l’autre.

 

C’est dire que, lorsque j’ai appris que Bernard Pivot était prêt à nous livrer, quatre soirs de suite, au Théâtre du Rond-Point, ses « Souvenirs d’un gratteur de têtes », je me suis shampouiné vite fait et j’ai pris le métro.

 

Du vin, des femmes, des rencontres

 

Sur scène, il est question de vin, de femmes, de rencontres… Passant du pupitre au fauteuil, Bernard Pivot évoque ses souvenirs personnels et professionnels, s’appuyant sur les mots qu’il aime, sauvant les termes ou expressions injustement tombés dans l’oubli, piochant dans ses ouvrages la trame de son récit.

 

220px-Bernard Pivot 20090315 Salon du livre 2C’est léger et inventif, trop plein de saveur et de finesse pour que je le trahisse ici. Si vous voulez savoir pourquoi la libellule forme  la symbiose parfaite entre la langue et la nature ; ou si vous craignez de « vous attarder aux bagatelles de la porte »… courez-y !

 

Un brin de nostalgie

 

« Jeunesse », « vendanges », « vieillir » constituent autant de chapitres d’une vie portée par les mots et la littérature. Bernard Pivot évoque quelques entretiens marquants, livrant de nombreuses anecdotes. Nabokov, Simenon, Vincenot, Duras et d’autres sont invités à la soirée.

 

On parle beaucoup de l’émission « Apostrophes », avec un brin de nostalgie. C’est dans l’authentique fauteuil de l’émission que Bernard Pivot s’installe, le transformant, par la magie du souvenir, en triporteur ou en siège de rédacteur en chef…

 

Blagues, petites surprises, jeux de mots, confidences : Bernard Pivot se dévoile. Et  se révèle bel homme de scène. Cette heure et quart ouverte par Jean-Michel Ribes passe plus vite encore qu’une conversation entre amis.

 

Enchantement

 

Ribes, extraordinaire hôte, explique combien la présence de Bernard Pivot s’intègre au travail mené au Théâtre du Rond-Point. Il rappelle les « enchantements » passés que nous devons à Pivot, et promet les mêmes pour la soirée.


Le propos est une évidence : Bernard Pivot est un conteur hors pair, complice, rieur, impertinent… C’est sans aucun doute cette évidence qui souffle sur nos cheveux et, aujourd’hui encore, gratouille nos têtes.

 

« Souvenirs d’un gratteur de têtes ». Bernard Pivot au Théâtre du Rond-Point jusqu’au 16 mars. Salle Jean Tardieu. Tarifs : 12 € / réduit 9 €.


Post-scriptum

 

Quand Bernard Pivot s’entretint avec Marguerite Yourcenar, face aux réponses lourdes et pleines de la romancière, il comprit, en comparaison, combien il parlait mal. A lire Bernard Pivot (ou à l’écouter se lire), je constate que j’écris moins bien que je ne le voudrais. Tant pis. Il est des plaisirs – et cette soirée en est un – que l’on ne peut pas ne pas partager.

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Published by Olivier Quelier - dans Théâtre
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