Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 16:34

Avril 2008. Il y a cinq ans...

 

Je suis prof d’expression écrite dans une école de communication, dans le 9e. Mes étudiants de 2e année sont marrants, familiers, imaginatifs. Ils ont la gentillesse de participer et de s’impliquer. Certes, ils sont plus à l’aise dans l’écriture créative que dans les règles de grammaire. Mais ils lisent, écrivent et y prennent plaisir. Ça me convient.

 

205031 1012380823801 2065 nPour montrer aux étudiants que les auteurs ne sont pas tous morts ou moribonds ; que certains sont abordables, sympathiques, drôles parfois ; qu’ils sont prêts à parler de leurs bouquins, de l’écriture et qu’ils acceptent souvent d’évoquer leurs trucs, leur technique, leurs sources – pour que l’envie grandisse, la passion pourquoi pas, je les ai invités à rencontrer un romancier.

 

Eclectique

 

Patrick Cauvin est un ami. Ancien prof, il est populaire, éclectique, connu et prolifique. De bons points pour lui. Il accepte avec plaisir.

 

La rencontre est une réussite. Cinq des cent dix étudiants qui assistent à la conférence animent les diverses séquences. Le courant passe, le temps défile. Cauvin est ravi, les étudiants sont enchantés.

 

Euphoriques

 

Fin. Un peu égoïstes, nous refusons l’invitation de quelques-uns à boire un verre. Nous remontons en pères peinards vers Montmartre. Arrêt au Wepler. Huîtres et vin blanc, dans une douce euphorie. Il me dit : « Tu t’éclates, avec tes étudiants. Tu es fait pour ça ». J’y crois encore.

 

Avec les étudiants, nous avions beaucoup préparé cette rencontre. J’avais même, pour l’occasion, écrit un court texte, retrouvé il y a peu. Et que je souhaite partager aujourd’hui.

 

Une soirée d’avril 2008. Certains étudiants m’en parlent encore.


----------

« Une page en commun »

 

216851_1014835725172_2813_n.jpgKlotz est un ami. De longue date. De ces amis rares dans la fidélité, le soutien et la présence. Du premier jour, nous sommes devenus plus que cela. N’eût été la différence d’âges, nous aurions été frères.

 

De peurs, de rires, de complexes… De dérision. Il fut – il est – mon père spirituel ; à lui le talent, à moi l’admiration. Nous partageons l’écriture : à succès divers, à passion commune.

 

Alors qui d’autre ? Qui d’autre que lui pour venir, à ma folle demande, à la rencontre de 110 étudiants de 2e année. Histoire d’écrire une page en commun : une page qui explique que l’écriture est vivante. Et légère, et drôle, et passionnante. Que l’inspiration n’est qu’une escroquerie inventée par des écrivaillons besogneux trop fiers de leurs maigres prérogatives emplumées. Que le talent, la créativité, sont partout. Il suffit de savoir écouter, regarder. Être bien présent, juste à la marge du monde. Et prendre le temps de le raconter.

 

Parce qu’il est généreux et bavard, parce qu’il aime la rencontre et l’esbroufe, le partage et la connivence, Klotz s’est livré, pendant près de deux heures.

 

Un intervenant appliqué, un romancier expliqué, des étudiants impliqués… La magie a opéré. Qu’importent la sono déficiente, le temps limité et les questions occultées. Cette soirée fut un beau moment de rencontre entre des étudiants et un auteur populaire. Entre des jeunes et l’écriture, qu’ils ont découvert accessible, ouverte, offerte. Ingrate parfois, toujours exigeante. Mais là, à portée de main. Juste pour soi. Ou pour la partager. Pour s’y réfugier, ou la bousculer.

 

Une rencontre, oui.

 

Avec soi…

 

Olivier QUELIER.

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier Quelier
commenter cet article

commentaires