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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 11:21

Elle a des yeux bleus. Des bleus à l’âme et l’âme perdue. Stella décide de s’oublier dans une petite ville de bord de mer, abandonnant tout. Son travail, ses amis, ses amants. Elle trouve sa vie « mal fichue, injuste, montée à l’envers ». Alors pourquoi pas ici plutôt qu’ailleurs ? Les pieds dans le sable de son « désert affectif », ses habitudes aux Embruns, la brasserie du coin. Quelques traductions pour vivre. Un régime d’ascète. Une vie basse calorie. Une vie sans vie.

 

Et puis deux coups de sonnette à la porte de son appartement. Les sens en alerte. Un homme est là, « sur le paillasson ». Fred. Elle garde de lui des souvenirs tranchés. « Tout rouges ou tout noirs ». Eblouissements ou effondrements. Comme au casino. Pas de demi-teinte. Jamais de demi-mesure.

Fred était un compagnon fantasque et imprévisible. Père de deux enfants (de deux femmes différentes) que Stella a élevés comme les siens. Il était drôle, prévenant. Un joueur maladif, aussi. Dangereux même : il a escroqué Stella, a sombré dans la drogue… Elle ne retient de lui que la fraîcheur enfantine, plus que l’infantile malfaisance…

 

Fred lui propose de reprendre leur histoire. Elle dit non. Mais l’histoire reprend. Stella s’effraie, s’enfuit. Il la rattrape, la regagne. Une vie douce s’installe, journées exemplaires. « De véritables publicités pour le mariage ». Plus de jeu, plus de drogue. Peu de sorties. Stella évite les enfants de Fred : elle se sent mal à l’aise en leur présence, un rien coupable…

 

Stella et Fred ne vont plus guère aux Embruns, ils travaillent à la maison, paisiblement. Alors pourquoi ce sentiment de malaise qui sourd parfois d’un silence, d’une posture de Fred ?

 

On peut reprocher à Annie Lemoine quelques faiblesses de style. Certes. Evoquer un roman de plus sur un couple qui se sépare, se retrouve ? Ce serait sous-estimer son sens du romanesque, occulter surtout la finesse de son écriture « blanche », limiter la force des mots qui, si peu nombreux, disent tant de la vie. De ces êtres qui se désirent puis se déchirent. Et qui continuent… peut-être.

 

Que le jour recommence, Annie Lemoine, éditions Flammarion, 135p, 15€.

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Published by Olivier Quelier - dans Critique littéraire
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