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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 12:29

« Personne n’a lu tout Dumas, y compris Dumas lui-même ». La formule vient d’un connaisseur averti de l’œuvre et de l’homme : Alexandre Dumas fils. À la rencontre de l’écrivain de génie, Alain Decaux voyage en territoire familier.

 

Une chronique de Frédérique Bréhaut

 

9782259211055.jpgPrésident pendant un quart de siècle de la Société des amis de Dumas, l’historien, à jamais lecteur enthousiaste d’une œuvre généreuse, partage ses élans et son admiration pour cet ogre des lettres. De A comme « Académie française », dont les portes restèrent closes devant le père de d’Artagnan, à Z comme « Zorro et les trois Mousquetaires » - « un film improbable » -, ce dictionnaire amoureux est une vivante déclaration offerte au bâtisseur d’intrigues hors norme.

 

Phénoménal dans sa vie et dans sa passion du  récit, Alexandre Dumas traverse cet essai comme un boulet qui emporte tout sur son passage. Dans un salon où un invité le chatouille sur ses origines, lui le fils d’un général descendant d’un marquis et d’une esclave de Saint-Domingue, il répond du tac-au-tac à l’imbécile : « Mon père était mulâtre, mon grand-père était nègre et mon arrière-grand-père un singe. Vous voyez que ma famille commence où la vôtre finit ».

 

À « H » comme Hassan II, Alain Decaux révèle un admirateur inattendu en la personne du roi du Maroc qui finança la restauration de la salle mauresque du Château de Monte-Cristo ainsi que l’installation du chauffage dans la demeure historique.

 

D’un chapitre l’autre, l’historien suit le fils de l’intrépide général sur le territoire de ses conquêtes de papier. Et quelles conquêtes ! Pour elles, le maître du roman de cape et d’épée met en marche quelques assistants, dont le plus fameux reste Auguste Maquet. Accusé d’écrire à plusieurs mains, Dumas rétorque qu’il use de collaborateurs comme Napoléon de généraux. Il maltraite parfois la vérité des faits ? La réplique fuse. « L’histoire est un clou auquel j’accroche mes romans ».

 

Excessif en tout, le séducteur compulsif vit des passions furibondes et accumule des dettes en seigneur. Un dictionnaire amoureux comme une invitation à replonger dans des chefs-d’œuvre intemporels.

 

« Dictionnaire amoureux d’Alexandre Dumas » d’Alain Decaux, Plon, 24,90 €.

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Published by Frédérique Bréhaut - dans Critique littéraire
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